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Franck et Muriel dans leur Cargol -
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Tanzanie ouest - Burundi
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Frontière offline et chèvre online
Burundi, Burundi - Polarsteps
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Côté frontière, ambiance petit matin fébrile : le système informatique refuse de se réveiller, sans doute encore au café. Le réseau, lui, a pris un RTT. On attend. Et on attend encore. Première fois qu’ils gèrent des étrangers ici, tout le monde regarde nos passeports comme s’ils contenaient le secret des pyramides.
Après 1h30 et trois redémarrages à coups d’incantations, verdict : on fera tout à la main. Bienvenue à l’âge du papier carbone ! Tentative d’arnaque à 72 € le TIP (Taxe d'importation temporaire), ça sent le piège à naïf, mais non, désolé mon ami, je connais le tarif officiel : 15 $. Merci chef, on garde le reçu pour le musée des curiosités administratives.
Tampon et papier en poche, Cargol s’élance sur une piste en mode machine à laver possédée... 40 km de chaos entre monts et collines, 3 heures à rebondir façon popcorn dans une boîte à gants. Un panneau dos d’âne bricolé sur du carton, sans doute pour la blague, car ici, tout est dos d’âne, un camion croisé au mm, pas de voitures, quelques vélos, et la pauvreté du pays qui s’étale, pudique et courageuse. Hameaux de terre, la vie semble en autarcie, visages fatigués mais sourires toujours présents, une pauvreté d’une dignité bouleversante.
Puis la vallée s’ouvre. Fertile, verte, vivante. Des hommes et des femmes bêchent à la main, stoïques, précis, comme des artisans du sol. Première petite ville, attroupement immédiat : les enfants rigolent, les anciens commentent Cargol, les curieux touchent la carrosserie pour "voir si c’est vrai".
Obtenir la monnaie locale. Un distributeur ? non surtout pas ! Le marché noir est 2 fois plus intéressant que les banques, à condition d'avoir des dollars. Nous étions prévenus. Une minuscule boutique tenue par un indien, ambiance Casino Royale version brousse, nous distribue des liasses avec la précision d'un chirurgien.
Puis, mission carteSIM : La gentille employée se débat avec le système informatique qui ne veut rien savoir car elle ne reconnaît pas les visages d'un blanc (analyse foireuse de la correspondance entre photo immédiate et photo passeport). Finalement, elle nous déniche 3 cartes sim non périmées qui feront l'affaire... à priori car l’une expirera plus vite qu’un yaourt oublié au soleil, n'est-ce pas Zabeth ! 😳.
Direction le parc Ruvubu. Gratuit, mais totalement fantomatique. Nous arrivons à peine à savoir la présence d'un "camp" après la rivière. 3 passages de ponts un peu limite, chemin étroit à travers la forêt, une clairière... le camp ! Quelques plateformes en bois couvertes de chaume percé, deux ou trois tentes posés sur ces plateaux, ambiance aventuriers oubliés de la coloniale.
Accueil royal d’Ali, Burundais d’origine omanaise, sourire généreux, accent doux, qui vient ici se ressourcer loin des tracas du pays. Feu de camp, discussion, pain grillé et promesse d’un mécano providentiel nommé Youssouf qui comme par hasard arrive ce soir. On trinque à Sainte Ferraille pendant que notre croisillon de l'arbre de transmission gît toujours dans notre soute. Le feu crépite dans cette clairière, pas de bruits d'animaux, ici ils sont sans doute trop braconnés...
Au matin, je pars saluer la petite chèvre croisée la veille. Hélas, la rencontre sera… anatomique. La pauvre est suspendue, déjà transformée en menu du jour. RIP biquette, c’est la vie, brutale mais franche.
Bon d'accord, obligé donc de rester le matin. Faut quand même pas traîner, visa d’un jour restant, deux jours de route à faire. Pas le temps de s'attarder, ni de s’attacher trop fort à ce pays qui, déjà, nous prend un bout de cœur. Ici, rien ne marche comme prévu, et c’est peut-être pour ça que tout fonctionne, au fond.
ℹ️ Camp de Ruvubu : -2.98291 30.45259
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Early border vibes: the computers are still asleep, the Wi-Fi’s on holiday, and our passports are treated like alien artefacts. Ninety minutes later, after a few ritual reboots, they give up and go full vintage — carbon paper mode. One attempted scam later (nice try, 72 € import fee), we leave triumphantly with the right stamp and a receipt worthy of a museum.
Cargol dives into Burundi: forty kilometres of chaos, hills, potholes, and dignity. Villages of earth, faces of quiet resilience, smiles that weigh more than gold. In the first town, we become the attraction — kids giggle, elders comment, someone checks if Cargol’s metal is real. A backroom money exchange, a stubborn SIM card saga, and we’re back on the road.
Ruvubu Park: beautiful, deserted, almost mythical. We find a forgotten camp in a clearing, welcomed by Ali — kind eyes, easy laugh, and a promise of a mechanic named Youssouf. A campfire, grilled bread, stories, and the ghost of our broken driveshaft. In the morning, a goat from yesterday has become lunch. Life here doesn’t hide its truths — it simply moves on.
One day left on the visa, two days to reach the capital. Nothing works as planned… which, somehow, means everything works out just fine.
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Burundi