1. Franck et Muriel dans leur Cargol -
  2. Tanzanie ouest - Burundi
  3. La piste qui accélère le destin

Mageuzi Milling Machine, Tanzania - Polarsteps

👉 Meilleure mise en page et plus de photos : https://www.magicargol.fr/carnet/tanzanieno/t/1767405 👉 Summary in English below ____________________________________ Zabeth déposée, ne pas réfléchir, on trace direct... pas vraiment en confiance, se demandant ce qui allait bien pouvoir nous arriver encore. Longer le lac Tanganyika au plus près, soit 300 km de pistes d'incertitude, 300 façons de douter, dont une partie réputée "technique" pour les gros véhicules, comprendre suicidaire si tu n'as pas de prières de rechange. Mais bon, on a vérifié la météo, cela semble bénit. Ça n’empêche pas la peur, mais au moins, on sait que ça va chauffer. Pour se remettre en confiance, faut aller dans le dur, sinon ben tu restes dans tes doutes 😂. Les deux premiers jours, sur une 100 aine de km, la piste joue la gentille, en mode profite mon p'tit gars ! Un ferry barge grinçant, des petits villages très agricoles et pêcheurs, pas vraiment de cases à commerces, cases en terre et torchis local... bien paisible tous ces coins, c'est l'Afrique qui respire par les pores de la Terre, l'Afrique comme nous l'aimons. Cargol ronronne comme une bête qui aurait trouvé son filon de diesel pur jus Les accès bivouacs bord du lac sont pas très nombreux dans les parages mais l'on en trouvera 2, non sans avoir demandé la permission au chef du village. En fait, c'est surtout pour se présenter, ne pas leur faire peur, leur dire nos intentions. Le blanc, le touriste est plutôt très rare dans ce coin là. Occasion d'avoir une 100aine de personnes autour de Cargol, enfants hilares, adultes intrigués, tout le village en mode "cinéma plein air avec camion de blancs". Bain d'Afrique, sans chlore mais avec une bonne dose d’humanité ! Et puis, la piste décide que nous nous sommes assez amusés. Elle se rétrécit, se cabre, s’énerve. Le Tanganyika disparaît derrière les collines, remplacé par des pentes de terre et de cailloux où même les chèvres hésitent. 1ère courte à 5-6km/h, la foi dans le différentiel... Et puis viennent ces deux ponts (si l’on peut appeler ça des ponts) rondins branlants, du caillou en option, zéro rambarde, échafaudage de prières. Chaque planche craque comme une promesse qu’on n’aurait pas dû faire. Visiblement pas prévu pour les lourds 😂. On passe. Ou plutôt : on grince, on craque, on glisse… et on passe. Même la peur a besoin d’un moteur. Evidemment dans ces moments là, l'appareil photo se cache. Ne pas se retourner et prier pour que ce soit le dernier. Une fois sur le plateau, la piste reprend son rythme de tôle ondulée. Les paysages s’ouvrent, les nerfs se détendent. On trouve refuge dans un pré, accueillis par un fermier aussi tranquille qu’une vache au soleil. Côté mécanique, nous sommes rassurés. Cargol assure grave même si les freins semblent un peu mou et que les deux pneus avant boulochent. Nous espérons trouver une solution 300 km plus loin pour eux, tenez bon les gars ! Par contre dans la cellule, c’est un autre concert : les portes ont valsé, les placards penchent comme des ministres après l'apéro 😳. Bref, la déco a pris du relief. Ce soir, on dort. Demain, on remettra tout d’équerre, ou pas... _______________________________________________ 👉 Better layout and more photos : https://www.magicargol.fr/carnet/tanzanieno/t/1767405 Zabeth dropped off, no time to think, just drive, hoping luck’s in gear. We follow Lake Tanganyika, 300 km of dust, doubt and divine roulette, half marked “technical”, meaning "pray first". Weather looks fine, fear’s along, but courage is just fear on caffeine. The first stretch feels easy, ferry crossing, tiny fishing villages, smiles wide as the sky. Africa breathes slow here, through mud walls and diesel hum. Nights by the lake, asking chiefs for permission, a crowd of kids giggling, open-air cinema starring two pale aliens and one proud van. Then the track turns wild, steep climbs, angry stones, bridges made of regret and branches. Wood cracks, hearts too, but we pass. Up on the plateau, the world exhales. Calm farmer, quiet dusk. Cargol holds on, brakes soft, tires bald, cupboards dancing inside like drunks after happy hour. We’ll fix it tomorrow... or not. Tonight, we just breathe, tilted, but alive.

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Tanzania