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François Ehrhardt
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إبريل في مصر
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El-Galt El-Azraq (rando itinérante, jour 2)
Farsh El Rommanah, Egypt - Polarsteps
Ce deuxième jour dans les montagnes commence par un petit-déjeuner gargantuesque : les cuisiniers ont déjà eu le temps de cuire des pains plats, qu’ils nous servent avec de l’omelette, du « foul », des crudités… mais aussi du beurre de cacahuètes, du miel, de la confiture et du Nutella ! (J’ai demandé, le Nutella, c’est pas typique du coin.) Ahmed nous sert le café qu’il a torréfié et moulu hier, préparé à la turque dans une carafe spéciale : c’est un peu épais et très parfumé.
Compte tenu de l’épisode pluvieux des jours précédents, les rivières sont en eau et nous ne pouvons pas traverser par les canyons : nous empruntons donc des chemins alternatifs sur les hauteurs ! Ahmed, qui connaît la région comme sa poche, marque les sentiers pour que les autres guides ne s’engagent pas dans des directions dangereuses. Il s’assure également que les pierres ne se dérobent pas sous nos pieds, la pluie ayant fragilisé leur ancrage, en consolidant les passages un peu branlants. Nous arrivons rapidement sur un joli plateau couvert de cairns. Comme les autres randonneur·se·s avant nous, nous sommes encouragé·e·s à laisser notre trace ici. Nous déambulons entre les créations. Ahmed nous montre un puit : encore vide il y a 2 semaines, il est maintenant plein à ras-bord.
Jusque dans les années 1950s, les 8 tribus nomades bédouines du Sinaï vivaient dans les montagnes, autour de ce plateau, avant de créer et de s’installer dans les villes de la péninsule (développement des infrastructures d’approvisionnement en eau). Seuls les Jibalaya habitent encore la région. Les cairns n’étaient pas utilisés historiquement pour marquer les sentiers par les bédouins, ils les utilisaient pour partager une nouvelle ou une information associée à un lieu. Si le cairn ne pouvait raconter l’histoire, c’était l’occasion pour les gens de passage de poser la question !
Nous entamons une longue descente à travers un pierrier impressionnant. En contre bas, la rivière forme de nombreuses piscines naturelles (une d’entre elles est notre objectif). Ahmed dit qu’il n’a pas vu autant d’eau ici depuis 6 ans. Nous croisons un petit scorpion noir sur le chemin, il est en position de combat, dard levé : pas de danger mordel, mais sa piqûre pourrait nous rendre bien malade. Nous arrivons au bord de l’eau où une petite plage de sable facilite l’accès au bassin. Nous sommes rapidement en maillots de bain… mais elle est beaucoup plus froide qu’hier, cependant l’envie de se sentir un peu plus propre l’emporte ! En sortant, les guides nous distribuent de la tisane… quelle vie !
Un peu plus loin, nouvelle pause pour déjeuner. On se propose pour donner un coup de main pendant la préparation… l’occasion de découvrir quelques secrets de cuisine ! Ahmed prépare un « baba ganoush », avec des aubergines cuites directement dans le feu : c’est encore meilleur ! De manière générale, la touche du chef consiste à ajouter de nombreuses herbes locales, en guise d’assaisonnement. Ahmed nous avoue qu’il aime beaucoup cuisiner mais que sa femme ne le laisse pas souvent faire (ce qui n’est finalement pas si grave puisqu’elle cuisine très bien aussi). Il se rattrape le matin, quand leur petit Tamim (2 ans) a été difficile pendant la nuit et qu’elle dort donc un peu plus longtemps, en préparant le petit-déjeuner.
Après un petit temps calme au bord de l’eau, nous repartons en suivant la rivière. Le sentier est un peu technique et il faut fréquemment utiliser les mains pour escalader le chaos de pierres polies de toutes tailles. Quelques lézards gris se faufilent. Ahmed nous montre un empilement de pierres plates qui s’avère être un piège à léopard ! Les derniers léopards ont disparu du Sinaï au début du XXème siècle, chassés par les bédouins pour sa peau et ses dents (utilisées comme ornement et comme façon de prouver sa force). Nous débouchons sur un plateau où les traces de vies se font plus présentes, notamment à travers de nombreuses petites maisons troglodytes (l’espace sous de grosses roches a été refermé à l’aide de pierres).
Nous passons la fin d’après-midi et la soirée dans le salon bédouin, au bord du feu. Le père de Khaled est là (il guide un autre groupe), il fume la « chicha » et le bruit de la pipe à eau nous berce.
Il fait maintenant nuit noire et les quelques nuages restant se dissipent. Ahmed a vu nos regards se tourner vers le ciel et nous improvise une petite présentation des principales étoiles et constellation, on voit notamment très bien Orion, sa ceinture, ses membres et son épée ! C’est très intéressant car il les utilise pour s’orienter et se repérer. Ce soir, nous mangeons la « chorba » et les « macarona » (= pâtes) aux légumes juste en dessous de Jupiter.
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Egypt