1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Bab el-Dunya & Abu Alda (rando itinérante, jour 3)

Saint Cathrine, Egypt - Polarsteps

Nouvelle journée et nouveau réveil matinal, d’abord par la lumière du jour (qui se lève vers 5h30), puis par nos italiens de voisins qui ne sont pas les champions du monde du chuchotement. Héloïse se rendort, je vais chercher du réconfort dans quelques tasses de « kawa » (= café). Aujourd’hui il y a moins de nuages et donc plus de soleil… mais aussi plus de vent : une météo agréable pour randonner mais surtout parfaite pour prendre des coups de soleil ! Nous quittons Farsh El-Romana en montant à travers un éboulis géant (Naqb Bahrya), un chemin un peu technique mais très drôle à escalader (faudrait-il se mettre au bloc en rentrant ?). Nous apprenons que les bédouins nomades y construisaient des abris pour attendre les bouquetins et les chasser. En arrivant en haut, Ahmed, d’humeur joueuse, nous annonce que nous ne pourrons continuer la randonnée que si nous parvenons à lancer une pierre à l’intérieur d’un trou naturel en haut d’une roche. Clairement, personne dans notre groupe n’a fait beaucoup de basket dans sa vie et peu de pierres atteignent leur cible ! Finalement magnanime, notre guide nous permet de continuer… Nous apercevons au loin des ânes sauvages, ils ne nous quittent pas des yeux, curieux. Ils sont assez nombreux dans le massif. En période sèche, ils se nourrissent et s’hydratent en mangeant les racines des buissons épineux que l’on trouve un peu partout. Ahmed nous montre un tas de buissons déracinés et sans racine : la pluie des derniers jours a dû être salvatrice pour les ânes aussi ! Nous arrivons bientôt à Ain Naghila (littéralement, la source des herbes) où deux (petites) sources jaillissent toute l’année. C’est un joli endroit, aux roches claires et au doux bruit de l’eau. Nous reprenons des forces au soleil, pendant qu’Ahmed nous présente la suite de l’itinéraire sur sa carte. Un chien, sauvage lui aussi, se rapproche de l’agitation, à la recherche d’une caresse ou d’un petit quelque chose à manger ! Nous entamons l’ascension vers le premier sommet du jour. Bab el-Dunya (2090m) se détache au loin, masse imposante et déchiquetée au bord du plateau. Pour atteindre le haut, un chemin s’élève de façon progressive : d’abord presque plat, les derniers mètres sont quasi-verticaux. D’en haut et à l’ouest, nous devrions voir le golfe de Suez et ses bateaux, mais la brume persistante ne nous le permettra pas. A la place, les montagnes semblent se perdre, les unes derrières les autres, dans un dégradé de couleurs pales et sentiment d’infini. A l’est, pas de nuages et une vue panoramique sur le chemin par lequel nous sommes monté·e·s, les sources et toutes les pierres des environs. Nous nous éloignons un peu du groupe pour profiter du silence. Nous croisons pas mal de monde sur les sentiers aujourd’hui, presque exclusivement des israélien·ne·s. Nous croyons comprendre qu’il·elle·s sont en vacances cette semaine (pour Pâques j’imagine ?). On nous explique que, compte tenu de la guerre, les vols sont annulés : le Sinaï est une solution de repli, à la fois important pour eux·elles et facile d’accès en voiture. Ahmed et Khaled bifurquent pour commencer à préparer le repas du midi, pendant que nous prenons la direction de Abu Alda (2154m), le deuxième sommet de la journée. D’en haut, toujours cette brume persistante, mais une vue pastel du mont Sainte Catherine et des sommets environnants. Chaque sommet du jour est le théâtre d’une scène inattendue : les points les plus hauts sont les plus susceptibles de recevoir du réseau. Les guides en profitent pour donner des nouvelles à leur famille et assurer la logistique de leurs prochaines sorties. Nos ami·e·s italien·ne·s l’ont bien compris et demandent un partage de connexion pour pouvoir appeler leurs proches. (Désolé·e·s, nous on a préféré profiter de la vue !) Il faut bien avouer que la sérénité du lieu est quelque peu perturbée par les sonneries des notifications… mais en s’éloignant un peu, on s’y fait ! Nous déjeunons à l’ombre, protégé·e·s par d’impressionnantes pierres, avant de reprendre la route en traversant la bassine (zone plate entourée de sommets) des lapins (une ancienne zone de chasse, ils y sont toujours nombreux). Nous atteignons le dernier sommet de la journée, le panorama est toujours aussi époustouflant. Sur le retour, Ahmed nous propose de l’attendre pendant qu’il fait sa prière et de laisser avancer le groupe. Ce qui nous permet de profiter de moments seul·e·s, calmes et méditatifs. Nous descendons tranquillement, à travers une vallée très rouge, aux rochers nous faisant étrangement penser à Ploumanac'h (sans la mer). Plus bas, alors que nous bifurquons pour suivre la rivière, nous croisons Nasser, le grand-oncle d’Ahmed, guide lui-aussi. Ahmed nous parle de sa famille, nous discutons des croyances et du monde. Nous découvrons le jardin du soir au dernier : caché derrière un haut mur de pierres, il porte bien son nom de jardin secret. La nuit tombe rapidement et le ciel, encore plus dégagé qu’hier, est époustouflant. Après le repas, Ahmed nous propose une boisson (« sah’lape » ?) à base de lait, de poudre de coco, de vanille, de sésame, de cacahuètes… c’est excellent, même si nous n’avions plus faim du tout ! Alors que nous nous installons dans la tente, nous entendons des cris étranges, semblables à de courts cris de bébé (ou des éternuements furtifs) : ce sont des fennecs (petit renard à grandes oreilles du désert, difficile à observer car nocturnes).

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Egypt