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François Ehrhardt
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إبريل في مصر
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Gebel Abbas Pasha (rando itinérante, jour 4)
Saint Catherine, Egypt - Polarsteps
Couché·e·s un peu plus tard hier soir et profitant de la sérénité du jardin du jour, nous nous accordons une (toute) petite grasse matinée. Ce n’est qu’en arrivant autour du feu que nous nous rendons compte que nous étions attendu·e·s pour la cuisson du pain, oups !
Le pâton est un mélange de farine, d’eau et de sel. Le cuisinier en extrait de petites boules, qu’il plie comme une chaussette (ou une mozzarella). Une fois les flammes diminuées et la braise bien chaude, le feu est recouvert d’une demi-sphère en taule. Les petites boules sont ensuite aplaties à l’aide d’une bouteille en verre, puis étirées dans un mouvement de pizzaiolo. Elles sont cuites une à une sur la demi-sphère, en les retournant régulièrement. Nous goûtons une galette alors qu’elle quitte la tôle : miam ! Le pain est généralement fait par les bédouins une fois par semaine.
En plus du « foul », nous avons ce matin une omelette aux dattes, épaisse et aérée, c’est vraiment très bon. Nous découvrons également un type de pain plus épais, que nous trempons dans une sauce à base d’huile d’olive, de sésame, d’origan, de thym et de « dog’ga » (?, assaisonnement à base de poudre de citron, sésame, sel). L’étape du jour n’est pas très longue, nous profitons du soleil matinal sur le camp, le départ est tardif.
Nous remontons un canyon traversé par un chemin ancien et peu marqué. Au fur et à mesure de notre progression, les guides refont les cairns. Nous croisons quelques veines de quartz, j’en profite pour en récupérer quelques morceaux pour décorer les cairns. Nous basculons bientôt sur une crête balayée par le vent. Le sentier n’est que pierres roulantes (j’en profite pour remercier mon kiné, Adrien : ma cheville n’a pas bougé !), la progression est plus lente. Nous profitons d’un superbe panorama sur le mont Sainte Catherine et bientôt nous apercevons le mont Sinaï pour la première fois. A son sommet, nous distinguons à peine son église, sa mosquée et… son coffee shop.
Dans les sentiers plus techniques, notre guide nous enjoint à y aller « slowly, slowly », ce qui devient, pour nos ami·e·s italien·ne·s, « piano, piano », que nous avons très vite dérivé en « violon, violon ». Ce qui avait commencé comme une petite blague nulle devient rapidement une activité prenante d’un comique de répétition impressionnant : à chaque nouvel avertissement, nous trouvons un nouvel instrument !
Nous montons maintenant sur le Gebel Abbas Pasha, du nom d’un khédive d’Egypte. Au milieu du XIXème siècle, Abbas Pasha veut éloigner son armée du Caire, ravagé par le choléra. Arrivé au monastère, il veut ériger un palais à proximité, ce qui ne plaît guère aux moines. Sachant le khédive tuberculeux, ils lui suggèrent de demander aux médecins de choisir l’emplacement du palais… et ces derniers proposent le haut de cette montagne. Commencent 4 années de travaux titanesques pour construire une route de pierres, puis les fondations du palais. Abbas Pasha décède (de la tuberculose… ou empoisonné ?) et les travaux ne seront jamais terminés. Subsistent aujourd’hui des murs assez photogéniques, superbes promontoires pour observer les alentours et notamment la ville de Sainte Catherine, que nous découvrons pour la première fois vue d’en haut. Nous redescendons déjeuner à l’abri du vent, mais toujours avec une vue sublime sur le mont Sainte Catherine.
Nous redescendons à travers le « wadi » (= vallée) sous la lumière de l’après-midi. Nous rejoignons les premiers jardins rapidement, oasis au milieu de ces terres arides. Ahmed nous propose un détour pour observer de plus près les retenues d’eau installées par les bédouins : l’idée est d’éviter que l’eau ne ruisselle trop vite jusqu’à la mer et de lui laisser le temps de pénétrer dans la terre et donc de remplir les puits. Au bord d’un jardin, nous croisons la première femme bédouine depuis le début de notre périple. Autour de nous, les dromadaires menés par leurs chameliers montent vers les jardins.
Nous arrivons à notre jardin du jour en fin d’après-midi, avec les derniers rayons du soleil dans le Wadi Shaq, il est encore très joli, fleuri et au bord de l’eau. Le soleil persiste juste le temps de nous rafraîchir au bord de la petite cascade, à l’eau plutôt froide. La soirée s’écoule tranquillement. Au moment de refermer la tente, notre œil s’attarde une nouvelle fois vers le haut, nous nous endormons des étoiles plein les yeux.
Country Guides:
Egypt