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François Ehrhardt
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إبريل في مصر
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Gebel Moussa (rando itinérante, jour 7)
Saint Catherine, Egypt - Polarsteps
Le lever de soleil est suivi par un concert de chants d’oiseaux. Si ce sont les roucoulements qui dominent, on entend aussi de multiples gazouillis; on distingue même un pic au loin. Alors que nous sortons de la tente, nous trouvons le chien errant qui nous suit depuis hier après-midi… bien installé sur les vêtements mis à sécher par les Anglais ! Une petite averse arrose nos affaires restées dehors pendant le petit-déjeuner, alors que nous faisons nos adieux à Jibali et Aïd, nos chameliers-cuisiniers : ils déposent nos sacs au point de départ, avant de rentrer chez eux retrouver leurs familles, nous ne les verrons donc plus 😞
D’une façon totalement inexplicable, aujourd’hui est déjà notre dernier jour de randonnée. Tout est passé si vite. Si nous n’osons plus regarder l’état de nos cheveux et que l’envie d’une vraie douche commence à se faire ressentir, nous n’avons pas vraiment envie de quitter ni nos nouveaux·elles copain·ine·s, ni la région.
Le soleil est revenu alors que nous attaquons l’ascension du « gebel » Moussa, ou mont Moïse, ou encore mont Sinaï. D’après la Bible, c’est ici que Moïse aurait reçu les Tables de la Loi (ou Dix Commandements), ce qui lui vaut une sacrée popularité. De nombreux touristes du monde entier viennent l’escalader, notamment des Russes, des Ukrainiens, mais aussi des Espagnols et des Portugais et même des Indonésiens. Ne serait-ce que par la fréquence à laquelle ils l’escaladent (jusqu’à trois fois par jour en haute saison !), ce n’est pas la préférée de notre équipe de guides.
Nous montons progressivement vers la superbe citadelle naturelle de granite qui coiffe la montagne. Le chemin est très bien entretenu/aménagé : pas une pierre ne dépasse et la progression est aisée. Je discute de tout et de rien avec Peter, Héloïse fait de même avec Josephine. Si nos yeux ne quittent pas le paysage, semblant vouloir le graver sur la rétine à jamais, l’esprit pense peut-être déjà un peu à la suite ou au reste du monde. Le chemin est ponctué de nombreuses petites guérites, vendant souvenirs et boissons gazeuses; elles sont quasiment toutes fermées. Nous ne croiserons absolument personne pendant le temps que nous passerons sur le mont Sinaï : les touristes du lever de soleil étant déjà reparti·e·s, ceux du coucher de soleil pas encore arrivé·e·s.
Une fois passé le bassin du prophète Eli, l’ascension se termine par une jolie volée de 750 marches : super pour le cardio ! Mais il en faut plus pour nous impressionner. Je prends un peu d’avance sur le groupe, ce qui me permet de profiter du sommet du mont Sinaï pour moi tout seul. Sur une esplanade construite au-dessus de la grotte de Moïse (où les touristes semblent aujourd’hui jeter leurs détritus), une chapelle et une mosquée cohabitent avec une petite guérite vendant du café : hommage, sans doute, à trois grandes religions actuelles. Le panorama est, sans surprise, magnifique. Le mont Sainte-Catherine se détache, imposant monstre de granite noir, tout proche. Un peu plus loin, nous apercevons les sommets des derniers jours, mais aussi les « wadi » que nous avons traversés. Partout, le paysage n’est que formations rocheuses escarpées, dans un dégradé de couleurs un peu passées du jaune au noir, en passant par toutes les nuages d’ocre et de rouge.
Héloïse et le reste du groupe me rejoignent bientôt. Nous prenons quelques photos, tant symboles que souvenirs de cette ascension et des 7 jours passés ensemble. S’en suivent des adieux assez émouvants : nous prenons le dernier minibus pour Le Caire qui quitte Sainte Catherine à 14h et devons donc redescendre plus rapidement que les autres, qui profiteront encore d’un déjeuner dans les montagnes. Nous sommes sincèrement tristes de quitter cette équipe attachante et bienveillante. Nous entamons la descente avec Ahmed (2), perdu·e·s dans nos pensées (et peut-être déjà un peu dans nos souvenirs), la musique des vidéos que regarde notre guide (qui a retrouvé du réseau) comme fond sonore.
Après un peu plus d’1h30 de descente, au détour d’une grosse pierre, la ville de Sainte-Catherine apparaît devant nous. D’ici aussi, les travaux semblent titanesques. Ahmed (2) semble beaucoup moins optimiste que son homonyme, à propos de ces nouvelles constructions qui devraient être ouvertes au public dans 1 an. Pour lui, les touristes viennent ici pour découvrir la montagne, pas pour rester dans un lodge en centre-ville. Il ne prédit pas un grand succès à cette initiative gouvernementale. Nous croisons un autre groupe et je salue son guide en égyptien (« sabah el kheir »), comme appris avec Ahmed. Une grande émotion s’empare de moi lorsqu’il me répond « sabah en nour » (la réponse attendue) : j’ai été compris ! Nous percevons bientôt le bruit de fond de la ville, qui sonne vraiment étrangement à nos oreilles (après une semaine dans la nature) : nous sommes bientôt de retour.
Contre toute attente, nous sommes maintenant en avance pour le bus et Ahmed (2) nous invite fort gentiment chez lui pour attendre et déjeuner. Il habite une petite maison à l’extérieur de la ville, dans une petite communauté bédouine. Il vit avec sa femme, ses 3 garçons et sa petite fille de 2 ans; mais aussi avec sa sœur (dont le mari est en prison pour consommation de haschisch) et ses 5 enfants. Nous sommes accueillis dans un petit salon bédouin intérieur, chaleureusement décoré; bientôt sa femme installe une nappe sur le sol et nous apporte des plats de riz, de légumes, de poulet grillé et du pain. Nous mangeons tous les 3, pendant que tout le monde semble faire sa vie autour (il·elle·s ont déjà mangé) et c’est délicieux. Nous ne savons pas trop comment nous comporter, et hésitons à trop laisser traîner nos yeux curieux. Personne (à part Ahmed (2)) ne parle anglais et nous observons discrètement la vie suivre son cours autour de nous. La femme d’Ahmed (2) nous sert régulièrement du thé et un délicieux café parfumé.
Après un trajet en voiture assez silencieux, Ahmed (2) nous dépose au check-point qui marque l’entrée de la ville. Nous retrouvons le minibus confortable, réservé pour nous par Ahmed, qui s’élance bientôt vers la capitale égyptienne.
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Egypt