1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Le Caire (arrivée)

Cairo, Egypt - Polarsteps

Nous revoilà en mode autonome, Ahmed n’est plus là pour nous faciliter la vie, et on ne comprend toujours pas l’égyptien. Nous sommes les seul·e·s touristes du minibus. Le chauffeur ne parle pas anglais, mais une passagère, qui tient une agence de voyage nature en Égypte, nous sert bénévolement d’interprète pour les moments critiques (paiement, destination exacte au Caire), ouf ! Nous quittons Sainte Catherine par une très grande route (double triple voie), déserte. Autour de nous, les montagnes puis quelques check-points successifs. Le chauffeur conserve nos passeports pour faciliter les contrôles. Nous perdons beaucoup d’altitude et bientôt nous apercevons la mer. C’est quelque chose la conduite égyptienne. Tous les chauffeurs que nous avons eu jusqu’à présent utilisent intensément leur téléphone au volant, malgré les nombreux panneaux de signalisation suggérant le contraire. Le véhicule se trouve souvent en plein milieu, là où la route est la moins abîmée, parfois même sur les voies à contresens pour éviter un dos d’âne ou autre nid de poule, et il y en a beaucoup ! Enfin, ici on double par la gauche ou par la droite, en se signalant d’un appel de phares ou d’un coup de klaxon… et en priant très fort pour qu’il soit pris en compte. La route longe maintenant le golfe de Suez. A travers la vitre, nous apercevons de nombreux bateaux de toutes tailles. C’est vraiment très joli à regarder dans la lumière rasante de la fin d’après-midi, oscillant entre teintes orangées et bleutées. La mer est d’un magnifique bleu profond; il y a de nombreux sites industriels posés sur le rivage. Héloïse est scotchée à la vitre, plein ouest. De l’autre côté, les montagnes s’aplatissent peu à peu, jusqu’à devenir un désert plat et sableux. Le minibus s’arrête toutes les 1h30, sortant ses passagers de leur torpeur. L’occasion d’aller aux toilettes, bien sûr, mais aussi, pour nous, de découvrir les stations-services. Nous trouvons des tas de sucreries plus ou moins tentantes, comme des tablettes de chocolat « made in Egypt » avec une esthétique pharaonique, ou encore des Haribo à la gélatine de bœuf. À côté des pompes à essence et du magasin, il y a toujours une mosquée. Le fameux canal de Suez n’est jamais vraiment visible, masqué par de hauts murs. Nous le longeons un moment, avant de le traverser par le tunnel Ahmed Handy, après un magnifique demi-tour sur l’autoroute permettant d’atteindre la bretelle. L’accès au tunnel est précédé d’un imposant dispositif de sécurité. Le minibus s’arrête et tout le monde descend avec ses bagages, qui sont soumis à un rigoureux contrôle aux rayons X. On rejoint ensuite le minibus (lui aussi passé à travers un portillon de sécurité), où nos identités sont contrôlées. Cela a l’air de se passer dans une relative bonne ambiance pour les égyptien·ne·s, mais le bus semble reprendre la route alors que l’officier tient encore dans ses mains nos passeports bordeaux. Il s’arrête en fait un peu plus loin. Le chauffeur récupère nos passeports et semble errer quelques minutes, incertain de la direction à prendre. Il revient rapidement, nous fait passer les passeports, et nous voilà reparti·e·s. Nous plongeons dans le tunnel, face au soleil, énorme boule orangée juste au-dessus de l’horizon. Nous quittons le Sinaï. Le reste de la route se passe de nuit et sans encombre. Il faut bien avouer que c’est un peu moins drôle, la route de nuit. Les abords de l’autoroute sont ponctués de stations-services à intervalles réguliers, puis par d’immenses magasins scintillants. Aux péages, des enfants vendent nourriture et babioles. Nous plongeons dans un demi-sommeil. Bientôt, nous sentons que nous approchons de la capitale à la circulation qui se densifie : nous sommes à moins de 50km du centre. Nous longeons bientôt Le Nouveau Caire, cité administrative en train de sortir de terre pour désengorger la capitale. A 15km de l’arrivée, nous sommes dans des bouchons assez impressionnants (et un concert de klaxons); nous mettrons longtemps pour parcourir ces derniers kilomètres. Le chauffeur dépose des passagers·e·s. Nous récupérons de nouveaux compagnons de voyage. Les faubourgs du Caire défilent à travers les vitres. Toujours bien vivants et très éclairés; parfois populaires, parfois ultramodernes. Les rues sont toujours bien remplies de voitures… plutôt cabossées. Héloïse parvient à s’endormir. Le minibus s’arrête enfin à proximité de la fameuse place El Tahrir, celle de la révolution de 2011 qui destitua Hosni Moubarak qui dirigea l’Égypte pendant 30 ans d’une main de fer. Nous avions prévu de rejoindre notre hôtel à pied, mais le bazar de la circulation nous effraie et nous commandons un Uber. Nous arrivons à l’hôtel quelques minutes plus tard. La chambre est super, la douche est absolument incroyable et le quartier a l’air plutôt calme. Nous suivons le conseil de Mohamed, le réceptionniste, et commandons de la nourriture en livraison : on est trop fatigué·e·s pour repartir en excursion (et de toutes façons, tout ferme à 21h à cause des dernières réglementations sur les économies d’énergie si on a bien compris). Nous nous rendons maintenant compte que toutes nos affaires sentent le feu de bois.

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