1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Le Caire (copte)

Cairo, Egypt - Polarsteps

Notre première nuit au Caire n’est pas très reposante. Nous avons un peu de mal à nous réhabituer aux bruits de la ville (notre quartier est pourtant plutôt calme… pour les standards cairotes) et, même si notre coucher d’hier était tardif, notre réveil biologique n’a pas décalé. Fatigué·e·s, nous traînons un peu au lit et à l’hôtel. Après un copieux petit-déjeuner sur la terrasse de l’hôtel, et pour notre premier jour au Caire, nous traversons Garden City, le quartier où nous dormons, pour la première fois de jour et à pied. Créé au début du XXème siècle, ce quartier chic s’étend au sud de la place El Tahrir : ses rues sont sinueuses, en sens unique et plantées d’arbres. Le Caire (« oum el dounia », = la Mère du Monde, pour tous les arabes) est aujourd’hui une ville de plus de 22 millions d’habitant·e·s, la plus grande agglomération d’Afrique et du Monde Arabe. Son nom vient de « El Qahirah », qui signifie la victorieuse. Les romains, au Ier siècle avant JC, sont les premiers à construire à cet endroit, alors dénommé Babylone d’Égypte. Il faudra attendre 640 pour voir d’autres constructions s’y adjoindre. Nous commençons donc notre découverte de la ville chronologiquement et filons dans le quartier copte, le Vieux Caire, construit sur la forteresse romaine. En bon·ne·s explorateur·ice·s ferroviaires, nous décidons évidement de nous y rendre en métro ! Nous empruntons la ligne bleue, inaugurée en 1987 (ce qui fait d’elle la première ligne de métro du continent africain) et qui file plein sud. Les quais sont baignés de musique (on entendra aussi bien de la musique égyptienne que du Chopin) et une sonnerie retentit pour annoncer l’arrivée d’un train. Les trains semblent d’époque : ils dégagent un charme certain avec leurs volets en bois, leurs ventilateurs et leurs vendeurs ambulants. Quelques wagons sont réservés aux femmes. Pendant ces quelques inter-stations, nous serons les seuls touristes. Sans surprise, le style vestimentaire des habitants du Caire est beaucoup moins traditionnel que ce que nous avons vu dans le Sinaï. Les femmes portent le plus souvent un joli foulard sur la tête; certaines portent un pantalon. Les hommes sont en jean, en survêtement ou en costume. Nous sommes en ville. Nous commençons notre découverte du Vieux Caire par une petite balade dans le cimetière grec orthodoxe. L’endroit est paisible, bercé de chants d’oiseaux; les tombes et mausolées sont éclectiques. Nous faisons un petit passage par le circulaire Monastère Saint-Georges où une messe est en cours. C’est le moment de la communion : les fidèles s’avancent dans une atmosphère chargée d’encens. Un homme chante d’une voix grave : l’atmosphère est solennelle. Ce n’est pas la dernière messe que nous verrons aujourd’hui : si Pâques a été célébré le week-end dernier en France, la Pâques copte aura seulement lieu ce dimanche. Nous entrons maintenant dans l’Église El-Moallaqah, plus connue sous le nom « la Suspendue ». Nous sommes accueilli·e·s par une équipe de jeunes scouts qui nous expliquent comment visiter. Ses premières pierres auraient été posées au IVème siècle, par-dessus un temple romain. Ici aussi, la messe est en cours : nous ne pouvons donc circuler librement et observer à notre guise ses nombreuses icônes, sa clôture du chœur ou encore sa chaire qui font sa réputation. Nous pouvons cependant nous fondre dans l’assistance (hommes à droite, femmes à gauche) depuis le fond de l’église, observer et écouter. Le pope a laissé le micro et nous sommes maintenant dans une partie chantée de la célébration. La résonance des voix dans ce superbe bâtiment est assez mystique. L’architecture globale de cette église orthodoxe est pleine de décors et motifs arabes. Nous empruntons maintenant une petite rue, presque souterraine, pour accéder aux autres bâtiments. Les murs de la rue sont recouverts de livres à vendre. Nous nous enfonçons dans un dédale de ruelles étroites. L’église Saint-Serge et l’église Saint-Georges sont en pleine messe également, mais n’acceptent pas les touristes pendant la célébration. Nous pénétrons dans l’église Sainte-Barbara (où la messe est également en cours), pleine comme un œuf. La plupart des femmes ont un foulard sur les cheveux, souvent à l’effigie du Christ : c’est kitch et touchant. Enfin, nous visitons la synagogue Ben Ezra, qui n’est plus utilisée aujourd’hui pour le culte (pas de risque de se faire refuser !). C’est un beau mélange d'architecture chrétienne, d'arabesques islamiques, et d'ornements juifs. Nous déambulons rapidement à travers le souk « El-Fustat », en fait un complexe de boutiques de souvenir, d’art et d’artisanat. On passe des tongs en cuir aux motifs pharaoniques à des animaux en crochet, puis de la céramique aux tapis. Sous le soleil de la mi-journée, nous remontons une avenue fort peu prévue pour être pratiquée à pied jusqu’au « Fustat Traditional Crafts Center », où nous voulons voir des potiers. Nous passons une première fois devant sans le voir, avant de comprendre qu’il se situe dans une zone en travaux. Une fois le bâtiment trouvé, la plupart des ateliers sont fermés et l’endroit est désert. Nous apercevons quand même un homme faire de la marqueterie et un autre travailler le bois. On se demande tellement ce qu’on fait là qu’on décide de repartir rapidement, c’est un échec. Enfin, nous voulions rejoindre le quartier de Manial (sur l’île de Roda) et son nilomètre à pied mais nous ne trouvons pas le pont piéton qui est censé nous permettre de traverser les voies et sommes découragé·e·s d’y aller par un jeune vendeur de rue et un agent de sécurité : on n’a toujours pas bien compris pourquoi, mais on était fatigué·e·s et on n’a pas discuté.

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