1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Dahchour

El-Badrashein, Egypt - Polarsteps

Une petite trentaine de minutes de route nous sépare de notre prochaine étape. La (mauvaise) route, puis la piste de sable pleine de nids de poule, nous laissent voir des champs (notamment de blé, abrités par les palmiers) mais aussi des fermes et des zones d’habitations. Les palmiers d’ici ne produisent pas de noix de coco, mais des dattes ! Ce n’est malheureusement pas la saison : en ce moment, on est plutôt sur les fraises, les oranges ou encore les aubergines. Nous longeons un bras de rivière très calme, principal canal d’irrigation du coin. Après le désert dans lequel nous avons évolué pendant 3h, cela nous apparaît comme une magnifique débauche de nuances de vert. Un check-point signale notre arrivée au site archéologique. Nous arrivons à Dahchour, qui pourrait être considéré comme l’atelier de perfectionnement entre Saqqarah et le fameux plateau de Gizeh. C’est ici que Snéfrou (-2600), le père de Khufu (Khéops) a fait construire ses deux pyramides. La première, d’abord, est connue sous le nom de pyramide rhomboïdale. Elle est caractéristique par la rupture de sa pente à mi-hauteur : les constructeurs se sont rendu compte que l’inclinaison était trop raide et que la structure allait s’effondrer, ils ont alors changé d’angle en cours de route ! A l’arrière de la pyramide, Radwa nous montre une pierre plate entourée de deux stèles sans hiéroglyphes, probablement le reste du temple mortuaire associé à la pyramide. Autour, de nombreux « ostracon » (petits éclats de calcaire sur lequel on écrit ou on dessine, sorte de papier brouillon) ont été retrouvés. Ici, il est possible de pénétrer dans les pyramides, mais Radwa nous met en garde : ̶c̶e̶ ̶t̶o̶m̶b̶e̶a̶u̶ ̶s̶e̶r̶a̶ ̶v̶o̶t̶r̶e̶ ̶t̶o̶m̶b̶e̶a̶u̶ l’espace intérieur est particulièrement exiguë et pourrait contenir quelques habitants (souris, blattes, …). Qu’à cela ne tienne, nous voilà courbé·e·s en deux, en train d’entamer la descente dans les entrailles de la pyramide en suivant un étroit boyau vraiment bas de plafond. Si les Egyptiens concevaient effectivement des couloirs d’accès labyrinthiques pour essayer d’empêcher les voleurs d’accéder à la chambre funéraire, nous suivons nous un itinéraire bien indiqué (et nous ne remarquons pas de bifurcation). Après une longue descente, un raide escalier de pierre nous fait remonter dans une première salle, à belle hauteur sous plafond. Au fond, un escalier en bois (plutôt impressionnant pour Héloïse) nous permet d’accéder à un nouveau couloir montant où nous progressons à quatre pattes. Nous bifurquons à gauche et nous nous relevons bientôt, un peu désorienté·e·s : nous voilà dans la chambre funéraire. La pièce n’est pas énorme, nous surplombons une cavité où aurait dû se trouver le cercueil. Il fait chaud et humide, la lumière est faible. Nos yeux s’habituent et nous réalisons que le plafond est recouvert de chauve-souris : on se tient calmes et discret·e·s. Il est temps de rebrousser chemin, pour retrouver un peu d’air et la lumière du jour. À côté, la pyramide rouge est la première vraie pyramide à faces lisses de l’histoire, un accomplissement majeur. Elle atteint une taille de 105m de haut et on peut aussi pénétrer à l’intérieur : nous voilà reparti·e·s pour un tour ! Le cheminement est similaire dans l’idée, mais ici il fait encore plus chaud et humide. Nous traversons deux belles chambres au plafond formé de longues pierres plates formant un faux plafond haut et pointu, avant d’arriver dans la chambre funéraire, vide elle aussi, mais a priori sans chauve-souris. D’autres tombes existent sur le site, souvent discrètes, enterrées autour des pyramides principales. Ici aussi, les sépultures ont été retrouvées vides, pillées au cours de leur longue existence (parfois dès la génération suivant leur création). Nous reprenons la route pour Le Caire et nous en profitons pour regarder l’agitation autour de nous (on était trop concentré·e·s sur l’histoire pharaonique à l’aller !). Nous croisons beaucoup de mototaxis, empruntées par les locaux; nous croisons aussi de nombreux ânes, montés par leur propriétaire ou tirant une charrette, souvent couverte d’importantes cargaisons.

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