1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Gizeh (pyramides)

Kafrat Nassar, Egypt - Polarsteps

Nous nous sommes accordé une minuscule grasse mat’ avant de retrouver Radwa, notre guide d’avant-hier (aujourd’hui accompagnée par « mister » Ahmed), devant l’hôtel où nous venons de terminer le check-out. Notre séjour au Caire touche déjà à sa fin… La circulation est dense, mais la voiture file vers l’ouest. Nous discutons de nos visites des derniers jours, Radwa nous donne quelques recommandations pour le sud de l’Egypte où nous serons bientôt et nous confirme que la saison est très calme (malgré les vacances de Pâques) : les touristes se font un peu attendre. Au fait, saviez-vous que l’Egypte avait un autre nom à l’époque pharaonique ? Elle était désignée comme « Kemet », la terre noire, en référence aux limons fertiles déposés par les crues du Nil. Le chauffeur nous dépose devant la nouvelle entrée, assez imposante (pharaonique ?), du plateau de Gizeh. Une fois les tickets en poche, nous partons découvrir le site. Si les voitures ne sont plus autorisées à pénétrer dans l’enceinte, un système de navettes plutôt pratique (bus hop-on hop-off) permet de rejoindre les principaux points d’intérêts sans transpirer sous la chaleur intense du soleil. La ville du Caire a maintenant rattrapé la ville de Gizeh et la mégalopole commence donc juste au bord du plateau. Le contraste avec le site archéologique situé au début du désert est saisissant. Nous sommes un poil au-delà de la moitié de notre séjour en Égypte et il est grand temps de découvrir la dernière merveille du monde antique encore visible : la grande pyramide de Khufu (Khéops en grec), ainsi que ses voisin·e·s. Nous nous arrêtons d’abord au panorama, qui offre une vue dégagée sur le site. L’occasion pour Radwa de nous refaire un petit point sur l’Ancien Empire. Khufu, le deuxième pharaon de la IVème dynastie, est : * le fils de Snéfrou, le pharaon ayant fait construire les deux pyramides de Dahchour, * le père de Khafre (Khéphren en grec), propriétaire de la deuxième plus grande pyramide du plateau, * le grand-père de Menkaoure (Mykérinos en grec), bâtisseur de la plus petite des 3. À noter que le plateau contient des dizaines d’autres tombes (et même pyramides), parfois contemporaines aux pyramides, parfois beaucoup plus récentes : des notables de toutes époques ayant choisi d’installer leur dernière demeure à côté des grandes figures du royaume. Ces 3 pyramides sont sûrement le meilleur symbole de la démesure et du génie des Egyptiens. Elles sont âgées de plus de 4500 ans, et font donc partie des plus anciens bâtiments construits par l’homme encore debout aujourd’hui : c’est un des sites touristiques les plus ancien de la planète ! Posées, comme trois joyaux au milieu du désert, elles ont été construites par des dizaines d’ouvriers (la plupart du temps des paysans rendus inactifs saisonnièrement par la crue du Nil), comme l’attestent les papyrus listant les rémunérations (le plus souvent en nourriture et vin) et la présence d’un village pour les loger dans de petites maisons individuelles par famille. La présence d’un hôpital sur le site est également possible, suite à la découverte de squelettes aux os présentant des fractures à différents stades de guérison. Les pyramides sont un assemblage d’énormes (2,5 tonnes) blocs de calcaire tendre, empilés les uns sur les autres. On recouvrait ensuite le tout de calcaire fin parfaitement taillé (majoritairement disparu aujourd’hui, sauf tout en haut de la pyramide de Khafre), quelques traces de peinture suggèrent également que l’ensemble était peint. Enfin, au sommet se trouvait un pyramidion, sorte de pyramide miniature de métal brillant (qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous, mais on soupçonne qu’ils étaient ici en or). On ne peut qu’imaginer l’effet saisissant produit par ces 3 pyramides, resplendissantes sous la lumière du soleil au milieu du désert. La position relative des pyramides les unes par rapport aux autres serait déterminée par les étoiles une constellation. Si les archéologues tentent toujours de percer le mystère technique de ces constructions, Radwa mentionne quand même qu’elle est convaincue qu’elles n’ont PAS été construites par des extraterrestres. A leur mort, le corps des pharaons traversait le Nil en barque funéraire. Avant de rejoindre leur dernière demeure, ils étaient embaumés dans le temple de la Vallée associé à la pyramide. Un processus qui durait 40 à 70 jours, le temps que le sel absorbe les liquides corporels. Le corps momifié rejoignait alors, grâce à une chaussée pavée et couverte, le temple funéraire, adjacent à la pyramide, pour y recevoir les derniers rites. Enfin, il rejoint naît la chambre funéraire de la pyramide, interface entre la terre et le ciel, permettant à son âme de rejoindre les dieux. Nous nous approchons d’abord de la pyramide de Menkaure qui, si les deux autres n’étaient pas juste à côté, serait déjà très impressionnante avec 108m de côté et 66m de haut. Sa construction intervient dans le contexte de la décadence de l’Ancien Empire, le pharaon, affaibli, manque de ressources pour bâtir une pyramide aussi haute que ses aïeux. Il souhaite cependant de recouvrir la pyramide de granite rose d’Assouan, mais seule la base sera effectivement ornée (et encore, sans être polie !). Une énorme brèche au milieu d’une de ses faces témoigne des premières tentatives d’ouverture du tombeau. Juste à côté d’elle, trois pyramides miniatures servent de tombeaux à la famille royale. Le bus nous dépose maintenant entre la grande pyramide de Khufu et la pyramide de Khafre. La seconde est moins haute que la première (par respect pour les anciens, Khufu a d’ailleurs changé de lieu de sépulture pour pouvoir construire une pyramide plus haute que celle de son père Snéfrou), mais elle est construite sur un promontoire naturel et paraît donc plus grande. Elle mesurait 210m de côté pour 143m de haut. Elle a conservé des ruines du temple funéraire qui lui était accolé, de même que de la chaussée le reliant à son temple de la vallée et au sphinx. Enfin, nous contournons la grande pyramide de Khufu pour en rejoindre l’entrée. Nous prenons conscience de ses proportions (230m de côté et 146m de hauteur) et admirons, impressionné·e·s, la quantité et la grandeur des blocs de pierre qui la composent. Il aurait fallu 20 ans et plusieurs millions de blocs de calcaire pour la construire : quel travail pharaonique ! Elle restera le plus haut bâtiment du Caire jusqu’à la construction de la Tour du Caire, sur l’île de Gezira au début des années 60. La chaleur à l’intérieur est tout de suite accablante, chaude et humide. Nous progressons, courbé·e·s en 2, à travers de longs boyaux. Si c’est physiquement plus facile et globalement moins glauque que dans les pyramides de Dahchour, il y a beaucoup de touristes et nous sommes donc plus lent·e·s. Nous arrivons finalement dans une superbe pièce rectangulaire et très haute de plafond où se trouve un sarcophage en pierre (vu sa taille, je pense qu’on a construit la pyramide autour). Il fait une chaleur étouffante et nous n’y resterons que quelques minutes. A noter que les murs intérieurs sont bruts, sans décor ni hiéroglyphes. Les pyramides ont toutes les 3 été retrouvée vides, probablement pillées dès l’Antiquité. C’est définitivement un facteur dans la décision des pharaons suivants de ne plus construire de pyramides aussi hautes (en plus évidement du coût et du pouvoir nécessaire) mais plutôt de les creuser dans la roche (notamment dans la Vallée des Rois). Nous terminons la visite devant le Sphinx monumental, protecteur du plateau (qui n’a donc pas super bien fait son job…). Long de 73m et haut de 20m, il est taillé dans un seul rocher calcaire avec de jolis détails, comme sa très longue queue. Son corps de lion est massif, avec de très longues papattes avant; sa tête est à l’effigie de Khafre, qui a commandité sa construction. Son nez a disparu et plusieurs théories s’affrontent : un tir militaire (antérieur à Napoleon) ou simplement l’érosion ? Il n’a en tous cas jamais été retrouvé. Sa barbe est toujours au British Museum à Londres, malgré les demandes répétées des Egyptiens pour la récupérer. Devant son corps, une stèle commémore le rêve de celui qui n’était pas encore le pharaon Touthmôsis IV (de la XVIIIème dynastie) : s’il désensablait le sphinx (alors pris jusqu’au cou), il accéderait au trône d’Egypte… ce qu’il fit et tout se déroula comme prévu ! La sœur d’Héloïse et sa petite famille est arrivée au Caire hier soir. Si nous savons qu’ils visitent Saqqarah et Gizeh aujourd’hui, nous ne connaissons pas bien leurs horaires… Le destin fera bien les choses puisqu’ils arrivent sur le site, alors que nous terminons la visite ! Nous nous retrouvons donc pour une sacrée photo souvenir ! La visite est théoriquement terminée, mais nous avons encore une dernière étape… Pour mon anniversaire (avec un peu de retard, certes), Héloïse m’offre le déjeuner chez Khufu’s, un restaurant de cuisine égyptienne avec vue panoramique sur les pyramides, connu pour être l’un des meilleurs du Caire. Le déjeuner est effectivement délicieux : nous trinquons avec des mocktails à base d’hibiscus et de coco, nous goûtons à une petite dizaine de mezzes (« babaghanough », foies de volaille, « qatayef » de bœuf frits, salades, etc.) très parfumés, puis à un poisson local (« singari ») et à un tajine de caille absolument excellents, avant de terminer par une sorte de riz au lait aux fruits frais au goût réconfortant de vanille accompagné d’un café turc. Quel régal, et quelle vue : merci Hélo ❤️

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