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François Ehrhardt
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إبريل في مصر
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Assouan (île Éléphantine)
Koti, Egypt - Polarsteps
Nous sommes un peu fatigué·e·s lorsque le train nous dépose en gare d’Assouan, avec moins de 30min de retard. Ici, il fait nettement plus chaud. Le petit-déjeuner nous a été servi vers 7h, puis nous avons gentiment comaté en regardant le Nil et ses paysages agricoles défiler autour de nous. Au loin, le paysage est désertique, mais autour de nous, des hommes travaillent dans de verdoyantes plantations de palme, de canne à sucre, mais aussi de blé.
Nous remontons la corniche, comme prolongée par d’imposants bateaux de croisières (jusqu’à 3 en profondeur, pas ouf pour la vue de la chambre !), jusqu’à l’embarcadère indiqué par notre hôtel. Nous prenons un bateau qui, au terme d’une jolie balade nous permettant d’admirer la ville à gauche et l’île Éléphantine à droite ainsi que de nombreux oiseaux, nous dépose : notre hôtel est une jolie barge bleu-ciel, amarrée de l’autre côté de l’île. Nous ne ferons pas de croisière sur le Nil et avons donc choisi cet hébergement pour flotter un peu et quand même profiter des rives du fleuve !
Après une bonne douche et un petit temps calme, nous partons tranquillement à la découverte de l’île, encore très agricole. L’origine de son nom est incertaine, peut-être due à des éléments géographiques suggérant une forme de pachyderme, plus sûrement suite à son rôle de porte d’entrée de l’Égypte et place commerciale pour les richesses arrivant du sud de l’Afrique (et notamment l’ivoire). C’est le premier lieu de peuplement de la région (autour du IVème millénaire avant JC) et elle est aujourd’hui peuplée de 3000 nubien·ne·s, pour la plupart originaires de l’extrême sud de l’Egypte et du Nord du Soudan, réparti·e·s en deux petits villages. Ici, pas de voiture (c’est trop petit !) mais de nombreux ferries (comprendre des petits bateaux à moteurs) assurant la liaison avec Assouan.
Nous visitons le touchant musée Animalia, avec une rapide visite guidée en français, qui présente la société nubienne en mettant l’accent sur ses piliers historiques : les femmes (qui font absolument tout pendant que les hommes partent travailler bien plus nord), les palmiers (dont ils utilisent toutes les ressources, pour manger mais aussi pour fabriquer les maisons et les plats) et enfin le Nil (source de vie). Le musée présente également les poissons et les animaux locaux, les roches caractéristiques, ainsi qu’une pièce de vie nubienne, très colorée.
Alors que nous reprenons notre route, nous sommes alpagué·e·s par un vendeur de plantes et d’épices qui nous offre une infusion de feuilles de manguier. L’intérieur est arrangé comme un salon où quelques hommes boivent un café sur fond de National Geographic à la télé. L’infusion est délicieuse et nous repartons avec quelques feuilles.
Nous traversons le village et rejoignons le musée d’Eléphantine et sa zone archéologique attenante. Nous sommes toujours un peu fatigué·e·s et pensions déambuler tranquillement, mais c’était sans compter les gardiens des lieux qui s’imposent pour nous faire une visite guidée. Leur anglais est très approximatif, souvent difficile à comprendre, rendant les échanges compliqués. Dans le musée, nous observons des poteries et des statues, ainsi que quelques écrits (contrats de mariage, transactions commerciales) et des boomerangs utilisés pour la chasse. La zone archéologique (sous le soleil de plomb de milieu d’après-midi) est un sacré millefeuille avec des ruines d’époques très variées. Nous découvrons le temple de Khnoum (dieu potier à tête de bélier vénéré sur Éléphantine) ainsi que celui de Satet (sa femme). Nous descendons au nilomètre, instrument permettant de mesurer l’impôt dû par les populations locales, en fonction de la crue du Nil. En haut, nous restons un peu (à l’ombre) pour observer le panorama sur Assouan et les environs : les paysages sont vraiment très différents de tout ce qu’on a vu avant en Égypte ! Vous avez bien compris qu’on n’a pas forcément retenu grand-chose de cette visite.
Nous continuons notre promenade autour de l’île, sur ses chemins sableux. Les murs sont décorés de fresques à l’inspiration afro-jamaïcaine, des auberges s’appellent « King Jamaica » ou « Bob Marley ». Peut-être les Nubien·ne·s, à la culture distincte des Egyptiens et forcé·e·s à l’exil lors de la construction du barrage, y trouvent une connexion ? Nous nous octroyons une nouvelle pause à l’ombre pour boire quelque chose de frais (délicieux jus de melon) au bord de l’eau avant de retourner à notre hôtel flottant. Nous profitons de sa terrasse ombragée pour contempler le coucher de soleil derrière les dunes, ainsi que les nombreuses felouques (barques à voile) voguant sur l’eau. L’heure est au calme et au repos.
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Egypt