1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Abu Simbel (temples)

Abu Simbel City, Egypt - Polarsteps

Nous visiterons les fameux temples d’Abu Simbel au lever du soleil, mais nous les découvrons ce soir, en avant-première, en assistant au spectacle son et lumière projeté sur le temple. Nous arrivons juste à temps pour découvrir les temples alors que le jour disparaît : ils sont immenses ! Nous prenons place dans le petit amphithéâtre de pierres (chaudes) et attendons le début du spectacle sur fond de musique de Vangelis qui tourne en boucle (c’est épique). En toute honnêteté, nous trouvons que le spectacle ne casse pas trois pattes à un canard. Il raconte le déménagement des temples (suite à la construction du barrage) et la vie de Ramsès II sur fond de projections sur les collines, mais la narration est un peu artificielle et on a un peu de mal à comprendre ce qu’on regarde. Nous ne regrettons cependant rien, car les temples restent illuminés à la fin du spectacle et ils sont parfaitement mis en valeur. On a hâte de les découvrir de jour ! Nous rentrons en taxi en traversant le petit centre-ville, maintenant très animé. On est déjà demain et nous reprenons donc le même chemin, cette fois-ci en compagnie d’un sympathique couple suisso-britannique. Lorsque nous arrivons sur le site, il y a vraiment beaucoup de monde : plusieurs dizaines de bus sont déjà garées sur le parking du site. Nous essayons de faire abstraction de la foule et nous nous concentrons sur les temples et la sublime lumière qui les baigne. Les deux temples du site ont été érigés vers 1260 avant JC, à l’initiative du grand Ramsès II, puissant pharaon de la XIXème dynastie (c’est le Nouvel Empire, nouvel apogée de l’Egypte pharaonique), pour commémorer sa victoire à la bataille de Qadesh. Ils étaient destinés à son propre culte, à celui de dieux égyptiens, et à son épouse Néfertari. Dans les années 60, ils ont été découpés (les temples, pas les dieux) bloc par bloc (1042 blocs de 10 à 20 tonnes) et surélevés de 64m pour échapper a l’enfouissement sous le Lac Nasser. Le chantier titanesque a mobilisé pendant 4ans plus de 3000 spécialistes venus d’une trentaine de pays. Le Grand Temple est dédié à Ramsès II lui-même. Sa façade, connue dans le monde entier, est composée de quatre colosses assis de Ramsès (à quatre statues de sa vie) taillés à même la falaise. Entre les jambes des Ramsès, sa femme, sa mère et ses membres de sa famille. Au-dessus, une rangée de 22 babouins (pour les 22 régions de l’Égypte de l’époque) accueillant le soleil levant. L’intérieur comporte une grande salle, jalonnée de 8 piliers représentant le pharaon, ornée de magnifiques scènes de la bataille de Qadesh contre les Hittites (à la gloire de Ramsès donc), puis un sanctuaire au fond duquel siègent quatre statues divines (dont Ramsès). Sur le côté, dans une petite salle annexe, une scène semble représenter une offrande de Tours Eiffel miniatures (mais bon, je ne suis pas égyptologue). Deux fois par an (le jour de son anniversaire et le jour de son couronnement), les rayons du soleil levant pénètrent dans le temple pour illuminer les statues du sanctuaire (tout au fond du temple donc), excepté l’effigie de Ptah, dieu des ténèbres. Mégalomane le Ramsès ? En tous cas, le temple est vraiment superbe et très impressionnant. Le Petit Temple est dédié à la déesse Hathor et à la reine Néfertari, épouse préférée de Ramsès II. Sur les six statues monumentales de la façade, 2 représentent la reine, tandis que les 4 autres sont à l’effigie de… Ramsès II. Blague à part, c’est l’un des rares exemples de l’Antiquité égyptienne où une reine est représentée à la même échelle que le pharaon, ce qui témoigne d’une affection rare. L’intérieur est coloré, représentant de nombreuses scènes d’offrandes aux dieux. S’il est plus modeste que son voisin, nous en ressortons fort impressionné·e·s également. Nous rentrons petit-déjeuner à l’auberge, toujours en compagnie de nos suisso-britanniques, l’occasion d’échapper à la chaleur (déjà harassante) et d’échanger conseils et anecdotes du voyage. C’est un moment très agréable. Il est déjà temps de repartir et nous attendons le bus sous l’ombre chaude d’un toit en taule; nous transpirons allègrement. Ce n’est pas le même bus qu’hier, celui-ci est plus récent : il y a même encore le plastique sur les sièges. Le thermomètre indique 40 degrés à l’extérieur.

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