1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Assouan (musée de la Nubie)

Aswan, Egypt - Polarsteps

Après un copieux petit-déjeuner bien à l’ombre sur la terrasse de l’hôtel, nous retraversons le Nil vers Assouan et descendons la corniche vers le Sud. Il n’est pas encore 11h mais il fait déjà très (très) chaud. Nous avançons à une vitesse d’escargot pour rejoindre le musée de la Nubie. Le musée, construit après la mise en service du grand barrage d’Assouan, recueille les vestiges d’une civilisation dont les terres ont été englouties par le lac Nasser. Il ambitionne d’être le plus important centre d’études de la civilisation nubienne, de l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne. Il est composé d’un espace intérieur (qui contient la plupart des collections) mais aussi d’un extérieur où un canal artificiel (sans eau lors de notre visite) a été aménagé pour l’agrément et l’irrigation du jardin. Nous visitons d’abord une exposition consacrée aux découvertes d’une université espagnole dans le site de Qubbet el-Hawa (= la maison des vents), colline rocheuse de la rive ouest et nécropole des gouverneurs d’Éléphantine. Le site contient de nombreuses sépultures datant de l’Ancien Empire, du Moyen et du Nouvel Empire jusqu’à la période gréco-romaine. Nous y admirons de belles stèles, mais surtout des momies très bien conservées et notamment une momie de bélier ! Nous traversons ensuite une exposition de photos en noir et blanc des années 60 qui témoignent du travail réalisé sur les sites nubiens, avant leur ensevelissement par le lac. A noter qu’on ne parle pas que de sites antiques, de nombreuses églises coptes ou bâtiments des XII-XIVème siècles ont également été concernés. Tous les sites n’ont pas été déplacés, pour certains on a juste retiré les portions les mieux conservées ou les plus intéressantes (dont une partie est donc exposée plus tard dans le musée). Les photos d’Abu Simbel et de Philae, avant leur déménagement, résonnent particulièrement suite à nos visites des derniers jours. Nous entamons maintenant la collection principale du musée, présentée de façon chronologique dans un impressionnant survol de quatre millénaires d’histoire : * Avant −3000, la Nubie était déjà habitée, comme en témoignent des reliefs gravés représentant des animaux et des céramiques démontrant d’un artisanat déjà avancé. L’exposition présente un squelette humain fossilisé du paléolithique tardif. * Au début de l’ère pharaonique, les Nubiens pratiquent culture et élevage. Leur poterie s’affine et leurs bijoux sont déjà superbes. Sous l’Ancien Empire, les hiéroglyphes sont utilisés partout. Une statue en diorite (pierre nubienne plus dure que le granite) à l’effigie de Khafre (celui de Gizeh), marque cette période. Les échanges commerciaux entre Egypte et Nubie s’intensifient. * Lors des Moyen et Nouvel Empires, c’est l’époque de la grande rivalité et des échanges entre l’Égypte et la Nubie, en fait appelée pays de Kouch par les Egyptiens. Les Nubiens réussiront à conquérir l’Égypte : ce sont les fameux pharaons noirs de la XXVème dynastie. * Après la domination de la XXVème dynastie, le centre de pouvoir nubien se déplace vers le sud, à Méroé (dans l’actuel Soudan). C’est une civilisation autonome, avec sa propre écriture (le méroïtique, encore partiellement indéchiffré aujourd’hui), ses propres pyramides (flancs très pentus), et un panthéon qui mêle dieux égyptiens et divinités locales. * Si les rites égyptiens continuent relativement longtemps en Nubie, elle est ensuite christianisée (IV-XIVème siècles) avant d’être islamisée (à partir du VIIème siècle). La reconstitution d’un village nubien conclut le parcours, témoignant de la Nubie moderne et pas seulement antique. 40000 nubiens ont été déplacés suite à la construction du barrage. A l’extérieur, il fait toujours aussi chaud (c’est même probablement encore pire). Le vent est brûlant et nous ne parvenons pas à décider si nous préférons avec ou sans. Nous faisons un tour rapide des quelques (morceaux d’) obélisques exposés, longeons la tombe des 77 gardiens et la maison nubienne, traversons le cimetière fatimide et cherchons de l’ombre entre les palmiers. On se liquéfie. Nous trouvons un peu de fraîcheur (relative) dans la grotte artificielle qui expose de jolis fragments d’art rupestre (et, elle aussi, habitée par des chauve-souris). Il fait trop chaud, on rentre à l’hôtel.

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