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François Ehrhardt
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إبريل في مصر
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Kôm Ombo (temple)
Koum Ombo City, Egypt - Polarsteps
C’est déjà notre dernier réveil à Assouan. Nous remercions chaleureusement Mahmoud et Issa pour leur accueil et filons à l’embarcadère retrouver Youssef (le rabatteur du bateau au chauffeur ivre). Il nous a alpagué avec un bon prix pour une voiture avec chauffeur pour rejoindre Louxor, avec arrêts aux temples sur la route. Si la voiture qu’il nous propose finalement n’est pas aussi bien que celle qu’il nous avait promis, c’est largement compensé par la gentillesse du chauffeur (« my brother »), bien qu’il ne parle que quelques mots d’anglais. Nous ne sommes pas extrêmement certains de la légalité de ce que nous sommes en train de faire : d’après le Routard, ce genre de transport est soumis à autorisation préalable (avec photocopies de passeport), ce qui n’a clairement pas été fait ici. Après, peut-être que ça a changé récemment ?
Après un faux-départ (il manquait un papier pour la voiture), nous quittons Assouan vers le nord. La route longe la voie ferrée et nous croisons quelques trains. A peine une petite heure de trajet et le chauffeur nous dépose devant le temple de Kôm Ombo, au milieu des champs et au bord du Nil (rive droite). Plusieurs bateaux de croisière (partis d’Assouan hier) sont déjà là et, effectivement, il y a du monde sur le site ! Le ciel est voilé, un peu grisou; il fait bien moins chaud qu’hier.
Construit sous les Ptolémées (principalement Ptolémée VI, IIème siècle avant JC), le temple est dédié à 2 divinités distinctes et possède donc 2 entrées, 2 hypostyles, 2 sanctuaires parallèles : symétriques autour d’un mur central. Le côté nord est dédié à Haroeris (Horus l’Ancien), dieu-faucon du ciel et de la guerre; le côté sud est dédié à Sobek, le dieu-crocodile, associé au Nil et à la fertilité. C’est une cohabitation inhabituelle : Horus et Sobek sont mythologiquement adversaires (le crocodile représentant Seth, ennemi d’Horus). Le temple est plutôt « récent », même s’il se dresse en fait sur des ruines plus anciennes.
Si le temple a aujourd’hui perdu son toit et que quelques murs sont tombés (il a aussi servi de carrière pour d’autres sites), on observe des reliefs ptolémaïques très bien conservés, notamment des scènes de couronnement et d’offrandes. Quelques zones peintes subsistent. Un calendrier indique les dates de célébrations à ne pas manquer pour s’assurer la clémence des dieux. Tout au fond, des instruments chirurgicaux de l’époque (relativement similaires aux nôtres) sont gravés dans la pierre.
La visite se termine par le petit musée des crocodiles qui expose des momies de crocodiles retrouvées sur le site (des milliers, offertes à Sobek). Le crocodile était à la fois craint et vénéré : incarnation de Sobek, il symbolisait la puissance du Nil, la fertilité et la force pharaonique. Des crocodiles sacrés étaient élevés dans les temples, parés de bijoux, nourris à la main, puis momifiés après leur mort.
Notre quartier libre étant terminé (on s’était mis d’accord sur 1h de visite avec le chauffeur), nous reprenons la route vers le nord.
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Egypt