1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Edfou (temple)

Edfu, Egypt - Polarsteps

A peine reparti·e·s, petit stop du chauffeur dans une épicerie… pour nous acheter de l’eau fraîche ! Nous traversons la ville de Kôm Ombo, à l’activité matinale intense. À la sortie, des champs de canne à sucre et surtout les transports nécessaires au déplacement de la récolte : wagons et tracteurs fraîchement chargés se mettent en route. Nous traversons beaucoup de villages de maisons ocres, posés au bord de la route. Ils sont animés et vivants, avec de nombreux petits commerces. Ici aussi, les constructions semblent toujours prêtes à accueillir un étage supplémentaire. A l’entrée de Al Allaqi, nous apercevons un marché rural qui bat son plein. La plupart des étaux est posée à même le sol; sur le côté, on vend des animaux vivants (principalement des chèvres et des volailles). Parfois sableuse ou fort cabossée, la route reste majoritairement une bande macadamisée en bon état mais sans démarcation centrale et ponctuée de nombreux ralentisseurs. Notre chauffeur zigzague entre les voitures, et évite les piétons, les mototaxis et les charrettes tirées par des ânes. Le paysage est vert, agricole. Le temple d’Edfou (deuxième plus grand temple d’Égypte après Karnak) est situé au cœur de la ville, presqu’au milieu de son agitation, sur la rive gauche du Nil. Exception à la règle (les temples sont généralement à droite, rive du levant et de la vie), il a été construit alors qu’une ville était déjà installée sur un terrain surélevé à l’abri des crues du Nil. Ici, la logistique l’a donc emporté sur la symbolique ! Consacré à Horus, le dieu-faucon, il fut construit sous les Ptolémées entre 237 et 57 avant JC, soit sur près de 180 ans. C’est donc une œuvre de l’époque gréco-égyptienne (« récente »), mais délibérément conçue dans le style pharaonique traditionnel : les Ptolémées cherchent encore à légitimer leur pouvoir aux yeux des Égyptiens. Enseveli sous les sables et les habitations du village jusqu’au XIXème siècle, c’est l’un des temples les mieux conservés d’Égypte et c’est vrai qu’il est impressionnant ! Dès l’arrivée sur le site, le temple s’impose, resplendissant. Nous commençons la visite par un petit temple annexe, le « mammisi » (= maison de naissance, nom inventé par Champollion). Comme à Philae, c’est une chapelle annexe, caractéristique de l’époque ptolémaïque et romaine, consacrée à la naissance divine du dieu enfant : ici Harsomtous, le fils d’Horus et d’Hathor. A l’arrière, un bas-relief montre une scène d’allaitement. Nous avançons vers l’imposant pylône d’entrée (36m de haut), couvert de reliefs montrant le pharaon massacrant ses ennemis (classique, il est trop fort) devant Horus. Juste avant de passer dessous, nous sommes accueilli·e·s par deux statues de faucons en granite. Nous traversons la cour, encadrée de colonnes à chapiteaux floraux, pour entrer dans la première salle hypostyle. Le temple a gardé son toit et nous le découvrons dans une semi-pénombre du plus bel effet. Les colonnes, compressées sous le plafond, semblent immenses. Les murs sont entièrement couverts de bas-reliefs et de hiéroglyphes; sur les plafonds, des voûtes étoilées et quelques restes de couleurs. Nous arrivons au sanctuaire, richement décoré et délicatement éclairé, qui contient encore le monolithe de granite rose qui accueillait la statue du dieu, ainsi que la barque processionnaire utilisée pour sortir la statue. Chaque espace est plus petit, plus sombre et plus sacré que le précédent, symbolisant l’approche du divin.​​​​​​​​​​​​​​​​ Nous sommes presque seul·e·s dans le temple. Un couloir extérieur, le déambulatoire, fait le tour complet du sanctuaire. De superbes bas-reliefs racontent la victoire d’Horus sur Seth (cf. mythe d’Osiris dans le step du temple de Philae) : le combat prend la forme d’Horus tuant un (tout petit) hippopotame symbolisant Seth. (L’hippopotame est un animal ambivalent dans la mythologie égyptienne, puissant mais chaotique.) La visite du temple est agréablement ponctuée de chants d’oiseaux en tous genre, ces derniers ayant trouvé refuge entre les blocs de grès. Quand on y pense, des millénaires de travail pour des joints parfaitement ajustés, et les oiseaux trouvent quand même le moindre interstice !​​​​​​​​​​​​​​​​

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