1. François Ehrhardt
  2. إبريل في مصر
  3. Louxor (musée)

Luxor, Egypt - Polarsteps

Nous nous remettons en route en fin d’après-midi, sans Maïté, Jérôme et les enfants qui ont déjà visité cette étape avant notre arrivée. Une petite course de taxi nous emporte jusqu’à l’embarcadère du ferry (cette fois-ci, on a vérifié le prix), la traversée est très agréable : on voit très bien le temple de Louxor qui s’approche. Le bateau nous dépose juste devant le musée… qui n’est pas encore ouvert ! Brahim et Georges en profitent pour nous offrir leurs services de chauffeur et de cireur de chaussures. Nous déclinons de façon répétée. Un jeune homme essaie de nous vendre des marque-pages. Situé sur la corniche du Nil, le musée de Louxor est bien plus petit que d’autres musées que nous avons visités précédemment, mais c’est aussi ce qui fait sa force. Un peu datée au premier regard, l’exposition met en fait bien en valeur les objets exposés (qui ne sont donc pas noyés dans la masse) et on arrive à rester concentré·e·s le long de la visite. Il expose majoritairement des artefacts découverts dans la région. Nous sommes happé·e·s dès la première pièce : une statue parfaite en grauwacke (roche sédimentaire sombre) du pharaon Thoutmôsis III (XVIIIème dynastie, Nouvel Empire). Les traits sont fins, il a l’air jeune et serein, divin; les ornements sont sublimes. Nous tombons ensuite nez à mâchoire avec une grande double statue en albâtre de Sobek (le dieu crocodile) et Amenhotep III (XVIIIème dynastie, Nouvel Empire) que Ramsès II (XIXème dynastie, Nouvel Empire) s’est approprié en remplaçant le nom du pharaon dans les cartouches. Sacré Ramsès. Le musée expose 2 momies royales, dont celle d’Ahmôsis Ier (fondateur de la XVIIIème dynastie, Nouvel Empire), trouvée dans une fosse où une 40aine de momies royales avaient été cachées par des prêtes loyaux suite au pillage de leurs tombes. On estime qu’il est mort à 33 ans. C’est notre première momie égyptienne et c’est assez étrange de l’observer : le corps momifié, vieux de plusieurs millénaires est très sombre et rétréci, délicatement drapé dans un linge. On découvre également un ostracon (tesson de poterie ou éclat de calcaire utilisé comme support d’écriture) présentant un projet de plan de la tombe de Ramsès IX (XXème dynastie, Nouvel Empire). C’est bluffant de précision et prouve l’avancée des connaissances en architecture des Egyptiens antiques. (Il se pourrait même qu’on visite ladite tombe dans quelques jours, cf. step de la Vallée des Rois.) La fin du musée présente plusieurs pièces relatives à l’hérétique Akhenaton (XVIIIème dynastie, Nouvel Empire). Marié à l’iconique Néfertiti, il est surtout connu pour avoir imposé un monothéisme radical centré sur Aton, le disque solaire, balayant le panthéon traditionnel et le clergé d’Amon. Il déplaça la capitale de l’Egypte et révolutionna l’art avec un style naturaliste et androgyne sans précédent. À sa mort, ses successeurs (notamment le jeune Toutankhamon, son fils) effacèrent méthodiquement toutes traces de son règne et restaurèrent l’ordre ancien.​​​​​​​​​​​​​​​​ Ses bustes sont en effet bien différents de tous les autres exposés, avec ses joues creusées et son crâne allongé : c’est assez fascinant. Le musée présente également des fragments de talatates (blocs de grès à la taille standardisée), sorte de puzzle en partie reconstitué, issus de la destruction des temples construits par Akhenaton à Karnak par ses successeurs. Les scènes reconstituées montrent le couple royal officiant devant Aton, des processions, des offrandes… et surtout une multitude de détails de la vie quotidienne. Nous sortons du musée alors que le soleil se couche derrière la rive ouest. La lumière est dorée et le Nil scintille, c’est superbe. Nous retrouvons Brahim, le chauffeur de taxi collant de tout à l’heure, avec qui nous négocions tant bien que mal une course de 3km à 3€ (ce n’est pas une affaire) pour rejoindre le reste de la famille.

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