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François Ehrhardt
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إبريل في مصر
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Louxor (temple)
Luxor, Egypt - Polarsteps
Organisation habituelle ce matin : petit-déjeuner à 7h et taxi à 8h. Nous embarquons à bord du ferry qui part rapidement. Nous voilà rive est où nous descendons maintenant la corniche vers le sud. À cette heure-ci, peu de rabatteurs, mais pas aucun non plus… Pour accéder au temple de Louxor, situé en plein cœur de la ville, il faut le contourner complètement, ce qui permet de l’admirer de l’extérieur avant d’y rentrer. Nous ne sommes pas si matinaux, mais ça semble suffisant pour aujourd’hui : nous avons le site presque pour nous tou·te·s seul·e·s.
Construit principalement sous Amenhotep III (XVIIIème dynastie, vers 1390 avant JC) et agrandi par Ramsès II (XIXème dynastie) un siècle plus tard, le temple était dédié à la triade thébaine : Amon, Mout et Khonsou. Son nom ancien était « Ipet-resy » (= le sanctuaire du sud), par opposition à Karnak, le sanctuaire du nord. Le temple de Louxor était au cœur de la fête d'Opet, la grande célébration annuelle du Nouvel Empire où la statue d'Amon quittait Karnak en procession pour séjourner dans son « harem du sud ». Ce rituel durait jusqu'à 27 jours et symbolisait le renouvellement du pouvoir royal. Pendant l’époque pharaonique, le temple ne servait qu’à cette occasion !
Alors que nous arrivons sur le site, notre regard est d’abord attiré par la fin de l’avenue des sphinx, que nous avions emprunté (mais pas jusqu’au bout) depuis Karnak, il y a quelques jours. Elle arrive pile poil sur le pylône du temple (24m de haut), ajout de Ramsès II, dont un relief assez érodé (sur le côté gauche) commémore la bataille de Qadesh (plus grande bataille connue de l’Antiquité). Un seul obélisque trône toujours devant le temple : son jumeau se trouve, depuis 1836, sur la place de la Concorde à Paris (offert par le sultan Mohammed Ali à Champollion - pour la petite histoire, les deux avaient été offerts à l’origine… mais le transport du premier ayant été tellement compliqué, on a abandonné le rapatriement du second).
Nous sommes maintenant dans la cour de Ramsès II, entourée de colonnes à chapiteaux papyriformes et de statues colossales. Loïs, armée de sa petite encyclopédie de l’Egypte antique, déchiffre quelques hiéroglyphes. Les murs de la cour sont illustrés de scènes d’offrandes où l’on peut voir 17 fils de Ramsès s’avançant en procession, suivi par de massifs taureaux. Cette joyeuse (mais quand même plutôt formelle) farandole nous emporte jusqu’à la colonnade d'Amenhotep III : 14 colonnes papyriformes de 16 m bordent un couloir de 100 m (surmonté à l'origine d'un plafond). Les parois conservent des reliefs polychromes de la procession des barques pour l'Opet, mais aussi des musicien·ne·s et des danseur·se·s.
De la cour péristyle encadrée de 64 colonnes, nous progressons dans la salle hypostyle à 32 colonnes. L'architecture se resserre, les bruits de la ville semblent diminuer et les oiseaux chantent à tue-tête. Au cœur du temple, l'ancienne chambre de la barque sacrée a été transformée en naos par Alexandre le Grand (~332 avant JC) qui s'y est fait représenter en pharaon offrant à Amon, légitimant son pouvoir sur l’Egypte.
Après l’occupation ptolémaïque, le site a continué d’être utilisé à travers les millénaires : église byzantine au IVème siècle, puis mosquée médiévale d'Abou Haggag (encore en activité aujourd'hui). Cette dernière a été construite alors que le temple était enseveli sous les sédiments, elle semble aujourd’hui comme perchée sur des remblais.
La visite se termine par une pause salvatrice au café du musée, à l’ombre des arbres. Glaces pour les enfants, jus de fruits frais pour les grands : tout ce qu’il faut pour reprendre des forces.
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Egypt