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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Rio de Janeiro
Rio de Janeiro, Brazil - Polarsteps
Après 7h45 de bus entre Lençois et Salvador (430km), 30min de correspondance, puis 35h45 entre Salvador et Rio (1700km), nous arrivons à la rodoviária (gare routière) do Rio… complètement stones. Le trajet ressemble à une faille temporelle dans laquelle nous nous serions perdus, il nous est difficile de dire quel jour de la semaine nous sommes ou quelle heure il est.
Qu’à cela ne tienne, nos affaires à peine posées dans notre Airbnb à Copacabana, nous partons grignoter un bout le long de la plage (bon, de nuit, on ne voit pas grand chose !) avant de filer à Lapa, juste à côté des arches (ancien aqueduc reconverti en pont pour tram) où nous passons une partie de la nuit à écouter une roda de samba (musiciens se réunissent autour d'une table pour jouer de la samba) avec un public très enthousiaste ! Ce séjour à Rio, à l’image de ces quelques semaines au Brésil, est définitivement sous le signe de la musique, puisque nous en profitons également, le soir suivant, pour assister à un concert de bossa nova au Little Club dans Beco das Garrafas (l’impasse de Copacabana qui l’a vue naître dans les années 50) : l’endroit, ainsi que son personnel, semblent avoir été figés à cette époque… C’est aussi l’occasion pour nous d’écouter un peu de musique classique avec l’Orquestra Sinfônica Brasileira au Théâtre Municipal de Rio ! Même si la qualité de l’orchestre est inégale, l’énergie des cuivres et des percussions est incroyable.
En habitant à un bloc de la plage de Copacabana, il est difficile d’imaginer commencer notre séjour autrement que par une petite baignade ! C’est finalement une plage brésilienne assez typique, avec ses plages aménagées et ses vendeurs ambulants : nous ne sommes pas dépaysés.
Rio de Janeiro, deuxième ville la plus peuplée du Brésil avec presque 7 millions d’habitants, n’est pas évidente à appréhender. Même si nous ne l’avons jamais ressentie directement, les brésiliens que nous avons rencontré jusque là nous ont toujours parlé de son insécurité et nous sommes donc particulièrement prudents. Nous évitons absolument les déplacements à pieds hors des quartiers touristiques, ce qui n’aide pas à en avoir une impression générale. Paradoxalement, c’est parfois plus facile à Rio : comme c’est plus touristique, c’est plus facile de se fondre dans la masse et nous trouvons beaucoup plus de gens parlant anglais ou espagnol pour nos interactions de tous les jours.
Nous montons en funiculaire (hors de prix, mais très pittoresque !) sur le Corcovado (bossu en portugais) vers 17h pour admirer le fameux Cristo Redentor, et surtout la vue sur la ville, à l’heure dorée. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée, mais cela reste gérable. Les panoramas sont époustouflants : nous découvrons la taille de la ville, les séparations nettes entre les différents quartiers, les nombreuses collines et les favelas (ou communautés) qui y poussent comme des champignons, ainsi que la magnifique baie de Guanabara.
C’est aussi à Rio que nous quittons Nabil, qui rentre à Paris. Notre petit groupe, créé pour le surf et le carnaval à Recife, commence à bien se réduire puisque nous ne sommes plus que 3… et tous en congé sabbatique !
Nous saisissons également l’occasion de visiter une favela, et pas n’importe laquelle : Rocinha, la plus grande du Brésil avec ses 90000 habitants sur 150ha. A l’origine (début XXème) petite communauté agricole d’immigrés italiens, le quartier s’étend toujours plus. Si les JO de 2016 ont vu la police entrer et s’installer dans le quartier, les trafiquants ont aujourd’hui repris le contrôle de la plupart des activités. Le quartier ne bénéficie que très peu des services publics, c’est une organisation communautaire interne qui s’occupe du courrier ou des ordures, par exemple. Nous découvrons finalement une ville très organisée, avec ses commerces, son marché du dimanche, des compteurs d’électricité et ses zones résidentielles. Marcelo, notre guide, nous propose une vision bien différente (très anti-institutionnelle) de ce que nous avions entendu jusqu’ici sur la société brésilienne : c’est assez intéressant d’avoir un autre point de vue.
Ici, et au milieu du mouvement perpétuel de la ville, la fatigue commence également à se faire ressentir et nous décidons de ralentir un peu le rythme initialement prévu pour les visites (et tant pis pour le match Flamengo contre Vasco da Gama au Maracanã par exemple 😞 nous verrons quand même une partie du match dans un bar !).
Nous cherchons le calme et la fraîcheur au Jardim Botanico, absolument magnifique avec ses serres d’orchidées et de broméliacées et très bien ombragé avec ses arbres venus de tout le Brésil et d’ailleurs. Joel, le chauffeur Uber qui nous y dépose, sa bonne humeur et ses quelques mots d’anglais, participent clairement à ce que la journée commence bien ! Nous trouvons également un peu de paix dans le quartier vert et bohème de Santa Teresa, avec son bondinho (tramway) typique, ses ruelles étroites et pentues ainsi que l’escalier Selarón, décoré par l’artiste du même nom de céramiques venues du monde entier. Sur l’insistance d’Héloïse (😉), nous sautons dans un métro (notre premier au Brésil !) pour aller arpenter les rues chics et le bord de plage du quartier d’Ipanema (et oui, on a trouvé le bar « Garota de Ipanema » dans lequel a été composé la chanson du même nom !).
Un réveil (relativement) matinal pour notre dernier jour nous permet d’aller admirer le Pão de Açúcar (Pain de Sucre) de plus près. A la vue du tarif prohibitif du téléphérique, nous décidons de ne pas monter dessus, mais plutôt d’escalader le Morro da Urca qui donne déjà une vue magnifique sur la baie et… le Pain de Sucre. Après une dernière balade le long de la plage de Copacabana, il est déjà temps pour nous de dire au revoir à la Ciudad Maravillosa. A la fois époustouflante et épuisante, nous sommes heureux d’enchaîner avec une prochaine étape… plus calme ! 🥱
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