-
François Ehrhardt
-
9 meses en Sudamérica
-
Valle de Uco
San Carlos, Argentina - Polarsteps
Le retour à Mendoza a été un peu stressant : il fallait faire le plein, nettoyer et rendre la voiture avant 18h30, heure de départ du dernier bus pour notre prochaine destination. Tout s’est finalement bien combiné et la pression retombe alors que le bus s’éloigne de Mendoza.
Au pied des Andes et au sud-ouest de Mendoza, le Valle de Uco est située le long de la rivière Tunuyán. Elle est considérée comme l'une des meilleures régions viticoles de Mendoza et de toute l'Argentine. Il fait nuit alors que le bus nous dépose à Eugenio Bustos, un petit village que nous avons choisi comme base pour explorer la région.
Nous passons notre première journée sur place dans le village, et l’après-midi avec la famille Derrache-Gómez qui fait vivre la toute petite bodega de la Tierrita. La bodega n’est pas leur activité principale (il est fonctionnaire, elle est professeure) et leur production de vin était initialement destinée à leur consommation personnelle. Elias nous explique leurs méthodes de production artisanale et nous goûtons des vins à différentes étapes de fermentation, avant de déguster une bouteille de Malbec de leur production de 2021. Nous retournons à l’extérieur pour déguster l’asado préparé par leurs soins. La nourriture est délicieuse, ils sont incroyablement sympathiques, le cadre champêtre est superbe : l’après-midi s’écoule paisible et doux, nous apprécions beaucoup cette petite pause.
Ici, c’est alcool zéro au volant, nous avons donc décidé de découvrir, pour notre second jour sur place, les bodegas environnantes en remis (taxi argentin à prix fixé en avance) afin de pouvoir profiter des dégustations 🍷 Notre chauffeur s’appelle Juan, il a 78 ans et conduit un énorme pickup blanc. C’est une personne extrêmement sympathique et nous sommes absolument ravis d’être tombés sur lui. Il conduit (pas très vite mais) très bien, il est aux petits soins et intarissable sur la région, l’endroit où il a toujours vécu. En plus de sa connaissance du vignoble, des familles et des traditions, il nous parle aussi d’aéropostale et de Henri Guillaumet, ce pilote français qui avait du atterrir d’urgence dans la cordillère enneigée en plein hiver, découvert et sauvé quelques jours plus tard par un adolescent du village parti rejoindre son père à la chasse.
Ici, les bodegas sont récentes (fin-1990, début-2000) et ultramodernes, la production est très automatisée. Les bâtiments sont construits dans des style architecturaux distinctifs, comme des œuvres d’art (plus ou moins réussies) au milieu du désert. Les vignes sont plantées sur de très grandes surfaces (clairement, on n’est pas en Bourgogne) au pied des Andes, le paysage est magnifique. Le vignoble reçoit énormément de soleil (normal, on est en plein désert), les vins sont donc bien chargés en alcool ! Au programme : visite et dégustation dans deux bodegas des environs.
Nous visitons d’abord la bodega Monteviejo, du Clos de los Siete (sorte de copropriété de 7 propriétaires français), qui a été créée à la fin des années 1990 par une française, déjà propriétaire de plusieurs vignobles de Pomerol, à proximité de château Petrus. La vue sur les vignes et la cordillère est absolument imprenable et nous traînerons longtemps sur sa terrasse après une rapide visite des bâtiments et une dégustation inégale (Chardonnay et Malbec Grande Réserve incroyables, mais assemblages de Cabernets très peu intéressants).
Notre deuxième visite de la journée a lieu à Alfa Crux, à quelques kilomètres de là. D’extérieur, le bâtiment se place en digne héritier du modernisme de Jacques Tati. Ici la dégustation a lieu en même temps que la visite (ça commence à être difficile de se concentrer sur l’espagnol là !). Construit sur deux sous-sols, il utilise la gravité pour diminuer le nombre d’interventions mécaniques nécessaires pour élaborer le vin. Le deuxième sous-sol, la salle de garde, est une cave immense à l’acoustique très particulière : le son résonne avant d’être absorbé, c’est très perturbant. A mesure que la visite s’enfonce dans les profondeurs du bâtiments, l’influence architecturale semble maintenant être celle d’un repère de méchant de James Bond et nous commençons sacrément à douter de ressortir un jour… (tout se termine finalement très bien à l’agréable terrasse au bord de l’eau du restaurant).
Nous rentrons le soir même à Mendoza en bus. Nous quittons la vallée alors que le soleil commence à descendre au dessus des Andes, toute la route est sublimée par d’intenses couleurs roses et orangées, nous atteignons notre destination alors que les ultimes lueurs achèvent de disparaître.
Country Guides:
Argentina