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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Parque Nacional Pan de Azúcar
Chañaral, Chile - Polarsteps
Le bus de nuit remonte la Panaméricaine Nord sur presque 800km, mais la nuit sombre n’est pas propice à l’observation du paysage. Les sièges sont confortables, les autres voyageurs sont calmes, malheureusement le sommeil peine à venir. Il est à peine 7h quand nous arrivons à Copiapó, mal réveillés.
Nous patientons dans la gare routière, où une dame chasse les chiens errants un peu insistants à coup de brumisateur, jusqu’à l’ouverture de la location de voiture à 9h.
Une fois le bolide récupéré (la caution sur la carte de crédit a fonctionné… à la 4ème tentative !), nous filons acheter des provisions pour les prochains jours, avant de reprendre la route vers 10h30.
Dès la sortie de Copiapó, nous réalisons que nous sommes vraiment au milieu du désert, mais la niebla (= le brouillard) inopinée du jour rend le paysage diffus et mystérieux. Les panneaux semblent indiquer que c’est plutôt fréquent. Les 200km qui nous séparent du Parque Nacional Pan de Azúcar sont avalés en 2h30 : c’est quand il s’agit de doubler les nombreux camions qu’on se rend compte que la route n’est finalement pas si rectiligne et qu’il y a du trafic dans l’autre sens aussi ! A mi-parcours, nous commençons à longer la mer et découvrons de nombreux petits villages de bois et de taule, avec des réservoirs d’eau en hauteur, installés dans les caletas (= criques). La route passe finalement assez vite.
Ce road trip de 3 jours rappelle notre excursion dans les déserts argentins de la fin du mois de mai : les paysages sont un peu similaires, la route aussi. Deux différences majeures cependant : ici il y a l’océan Pacifique tout proche (et c’est magnifique), mais il n’y a pas Juliette et Paul 😢
Pan de Azúcar présente des paysages magnifiques, assez inédits pour nous : hautes falaises, immenses plages claires, nombreux oiseaux (marins mais aussi de nombreux vautours qui survolent le parc), une petite baie où flottent quelques barques de pêcheurs et des collines plantées de cactus. Nous sommes ici à l’extrémité sud du désert d’Atacama, le plus aride du monde.
Au milieu du parc, la fameuse Isla Pan de Azúcar, refuge de milliers de manchots de Humboldt et donc une des raisons de notre venue. Depuis la plage juste en face, on ne voit personne… et nous ne pourrons pas faire la navigation car les pêcheurs, fort peu sympathiques, demandent un minimum de 10 personnes pour partir… Ce ne sera encore pas pour cette fois que nous verrons les manchots !
Le bivouac est interdit dans le parc, mais il existe quelques petits campings à l’emplacement privilégié mais au confort sommaire. Nous plantons notre tente chez l’attentionné Marcelo, aux Yecos (du nom d’un des canards du coin 🦆), sur la plage à quelques mètres des rouleaux du Pacifique qui s’écrasent. Le cadre est magnifique et l’endroit super agréable. Nous n’avons franchement pas l’habitude de camper par des températures clémentes, ce qui ajoute au charme du lieu ! La douche froide est quand même sacrément revigorante. Malheureusement, le ciel chargé en début et fin de journée nous prive de coucher de soleil mais nous passons deux excellentes nuits, bercés par le bruit des vagues.
Le retour dans la nature est l’occasion de se remettre à marcher un peu ! Mais l’organisation du parc est compliquée. Peu d’information disponible sur internet, pas de carte (y compris sur place), beaucoup d’endroits fermés et des sentiers à moitié balisés. Le guardaparque, au demeurant fort sympathique, nous donne quelques explications sur une maquette en 3D peu lisible.
Nous attaquons finalement le sentier du Mirador Chico (boucle de 15km), malgré une météo un peu nuageuse. Nous traversons de grandes étendues couvertes de copiapoas, petits cactus endémiques. Le sentier est de plus en plus intéressant (plus étroit, plus vallonné) et débouche sur un point de vue magnifique sur le parc. Le soleil nous fait même l’honneur de quelques apparitions. Nous sommes un peu juste en temps et nous finissons la rando en courant… Nous rentrons au camping alors que l’obscurité s’installe.
Pour notre 2ème jour, nous partons sur le sentier Las Lomitas (aller/retour de 21km) sous un soleil éclatant. Le trajet peut se résumer en deux parties : la remontée d’une quebrada, puis un long plateau, c’est très joli mais un peu monotone car le sentier est large et droit, le paysage évolue peu. 2km avant le point de vue, le vent se lève et nous voyons les nuages arriver de la mer, le ciel se couvre… À l’arrivée, rien que du brouillard et aucune ouverture sur l’océan que nous entendons quelques centaines de mètres plus bas. Nous déjeunons dans une cahute à l’abri du vent avant de rentrer, un peu déçus quand même !
Enfin, avant de quitter le parc, nous attaquons le sentier Quebrada Castillo (aller/retour de 9km). Au milieu des cactus et de la végétation du désert costal, nous remontons par le fond la quebrada qui se ressert et devient de plus en plus sinueuse, jusqu’à devenir une gorge étroite. La lumière est très jolie et nous croisons 4 guanacos qui se prêtent gentiment à un petit shooting photo !
Il est déjà temps de remonter en voiture : elle ne va pas se rendre toute seule ! (+ on a prévu quelques petites étapes sur la route…)
Country Guides:
Chile