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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Oficina Salitrera Santiago Humberstone
Pozo Almonte, Chile - Polarsteps
Comme prévu, la nuit n’est pas extrêmement reposante. Alors que le soleil se lève doucement, le bus longe la côte, alternant entre plages et falaises. Nous entrons dans Iquique par sa partie moderne, où toutes les grandes chaînes d’hôtels américaines sont représentées. Nous apercevons les longues plages qui bordent le centre ville, quelques surfeurs profitent des rouleaux, quelques joggueurs remontent la digue.
Le bus nous dépose finalement dans une gare des bus miteuse. Contrairement au plan initial de laisser nos bagages en consigne, nous décidons de les prendre avec nous directement et d’économiser un aller-retour à Iquique. Nous traversons des rues sans charme mais très animées avant de trouver notre nouveau (mini-)bus, qui nous dépose une heure plus tard, en plein désert, au bord de la autopista.
Après un petit quart d’heure à pieds, avec les gros sacs à dos et sous un soleil de plomb, nous arrivons à la ville fantôme d’Humberstone.
La ville a été créée au milieu du désert autour d’un gisement de salpêtre au début de la deuxième moitié du 19ème siècle. Au plus fort de son activité, l’exploitation produisait 142 tonnes de salpêtre par jour et comptait 5000 habitants. Puis l’Allemagne invente le salpêtre de synthèse et déclenche une crise qui signe le déclin de la mine, qui ferme définitivement dans les années 1960 et scelle le destin de la ville qui est abandonnée. De façon inattendue, le climat aride du désert a tout gardé en l’état (mis à part beaucoup de rouille) et à la fin des années 1990 et sous l’égide de l’UNESCO, une association locale se lance dans une restauration du site pour pouvoir le faire visiter.
<< Une petite explication sur le salpêtre sera bientôt insérée ici ! Revenez vite 😘 >>
Aujourd’hui, Héloïse et moi déambulons dans des rues désertes (il n’y a pas beaucoup d’autres visiteurs !) parmi les différents quartiers de la ville : les zones résidentielles (certaines maisons sont transformées en mini-musées pour présenter l’habitat de l’époque) des ouvriers puis des dirigeants, la partie administrative, les salles des machines (certaines contiennent toujours des turbines), les entrepôts (vide ou avec quelques outils), les ateliers (et leur impressionnante cheminée)… Nous arrivons bientôt à la place principale sur laquelle donne une église adorable et intacte, un magnifique théâtre au parquet luisant et aux fauteuils en bois d’une capacité de 350 personnes, mais aussi une bibliothèque, l’immense et très bien achalandée pulperia (ancêtre du supermarché), un sympathique hôtel à la façade art-déco et quelques échoppes (astucieusement reconverties aujourd’hui en magasins de souvenirs). Légèrement en retrait, voilà l’improbable piscine en plaques de tôle rivetées avec ses gradins et son plongeoir et, de l’autre côté, l’école municipale où nous nous installons derrière les petits pupitres.
Ici tout est vide, le vent siffle et fait grincer les morceaux de tôle branlante. Et pourtant, chaque recoin dégage une spectaculaire impression de vie : comme si, malgré l’apparence générale rouillée, l’activité locale venait d’être suspendue et pouvait reprendre à tout moment. On imagine la chaleur dégagée par les machines (il fait déjà extrêmement chaud alors que nous approchons de l’hiver), on s’installe dans les fauteuils du théâtre, on passe le porche d’une maison ou de l’hôtel… on s’y croirait !
Malheureusement notre temps ici est compté car nous voulons reprendre un bus pour continuer vers Arica… et il n’y en a qu’un seul dans l’après-midi : mieux vaudrait ne pas le louper celui-là 😉 nous quittons le site enchantés par cette visite surnaturelle, un peu frustrés de ne pas pouvoir y passer plus de temps, mais en même temps assez contents de pouvoir (presque) s’allonger dans un bus confortable et de récupérer un peu !
Nous voilà de retour au bord de l’autopista à attendre le bus alors que les camions défilent devant nous. C’est toujours sportif de savoir quel bus arrêter par de grands signes depuis la garita. Après un bus de la mauvaise compagnie (ok, on n’avait pas fait gaffe) et un bus de la bonne compagnie qui ne s’est pas arrêté (l’angoisse), le « bon » bus s’arrête au bord de la route. La fenêtre s’ouvre et nous sommes accueillis par un « monsieur François ? » (en français dans le texte) sonore : on a bien fait de réserver 😂
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