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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Arica
Arica, Chile - Polarsteps
Nous somnolons dans le bus qui nous emporte vers notre dernière étape chilienne. Nous traversons un désert qui s’étend à perte de vue, parfois plat, parfois avec du relief : le bus prend puis perd de l’altitude au fur et à mesure du trajet. Lorsque nous descendons à Arica et alors que nous pensions rejoindre notre hostel à pieds, on nous interpelle pour nous dire de faire attention dans la ville la nuit, surtout visibles comme nous sommes avec les sacs à dos. On prend le conseil au mot et on commande un Uber.
Une excellente idée finalement puisque Juan Carlos est un chauffeur très sympathique, qui a parcouru le Chili : nous avons donc plein de sujets de conversation ! Il nous indique les principaux musées de la ville (nous savons malheureusement pertinemment que nous n’aurons pas le temps…), une excursion vers le lago Chungará à 4600m d’altitude dans le Parque Nacional Lauca (idem) et nous donne quelques conseils de sécurité. Il nous explique également que demain c’est le 21 de mayo (et donc… pas la fête de la musique) mais Machaq Mara, le nouvel an indigène fêté le jour du solstice d’hiver, et que la journée est donc fériée avec un défilé de danses folkloriques le soir ! Quelle veine !
La douche chaude avec un super-débit de notre hostel est salvatrice et nous redonne un peu d’énergie pour aller manger un bon burger bien gras et une crêpe au Nutella dans un food court extérieur un peu dépeuplé qui diffuse le match amical Chili-Bolivie (qui se terminera en 0-0 sans beaucoup d’action). Clairement, on avait faim (c’est le premier repas de la journée) et besoin de réconfort ! Nous nous effondrons dans nos lits alors que les discothèques du coin commencent à s’animer bruyamment (veille de jour férié oblige !), mais leurs basses latinos ne parviendrons par à nous empêcher de dormir 😴
Arica est une ville sans charme débordant et un peu morne que nous découvrons sous un ciel gris un jour férié, clairement ça n’aide pas ! Nous longeons la front de mer plutôt portuaire et sale, avant de déambuler dans un petit enchevêtrement de rues commerçantes piétonnes peu animées. La ville ne dispose que de quelques bâtiments historiques : la Catedral San Marcos et l’ex-Aduana (a priori fabriquées dans les ateliers Gustave Eiffel en France puis transportées en kit jusqu’ici, malheureusement fermées toutes les deux), ainsi que l’ancienne gare de la ligne de train Arica-La Paz (encore fermée) et la casa Bolognesi (qui ne se visite pas puisque c’est maintenant la branche culturelle du consulat du Pérou).
Notre hostel se trouve à l’écart de la ville, à côté de la playa Chinchorro, qu’une terrasse au dessus du bâtiment nous permet d’admirer. Le thème plage/ surf est palpable avec ses douches extérieures, mais l’ambiance actuelle est plutôt calme. Nous y prenons quelques repas et y passons un après-midi tranquille : on avait bien besoin de ça ! Nous y rencontrons Julie, une chinoise de Suzhou qui voyage en Amérique du Sud pour quelques mois, et il s’avère qu’elle a la même prochaine étape que nous et qu’elle y va de la même façon !
L’après-midi touche à sa fin alors que nous commençons l’escalade du morro d’Arica, une grosse colline qui borne la partie sud de la ville. De là, nous nous rendons compte de l’étalement urbain et profitons du coucher de soleil sur l’océan : c’est très beau. On entend en contrebas la musique folklorique : le défilé a commencé !
Nous trouvons une petite place devant la cathédrale où chaque groupe s’arrête pour une petite chorégraphie. Et on voit de tout ! La musique traditionnelle andine, mais aussi des choses beaucoup plus modernes (mais toujours jouées par una banda en vivo), accompagnent des danseurs aux styles tout aussi éclectiques : des petites danses du bout des pieds à des chorégraphies d’inspiration kung-fu. Les costumes ne sont pas en reste et suivent le même grand écart, des longues jupes à fleurs de couleur pâle accompagnées de leur petit chapeau noir, jusqu’au tenues pailletées, d’inspiration cow-boy ou bien courtes et moulantes ! C’est festif et bonne ambiance, nous prenons beaucoup de plaisir à les écouter et regarder, nous esquissons également quelques mouvements pour se tenir chaud ! Comme à son habitude, le public chilien n’est pas très expressif et l’ambiance vient vraiment des danseurs et musiciens. Enfin, qui dit rassemblement populaire ici dit nourriture ! Nous déambulons parmi les nombreuses guérîtes et finissons par commander les typiques churrasco (sandwich de viande de bœuf fine grillée) et salchipapas (frites avec quelques morceaux de saucisse)… que nous n’avions en fait pas encore goûtés ! Juste à temps 😅
Contre toute attente (bon ok, on avait quand même planifié pour !), nous quittons Arica en… train ! C’est le premier du voyage et on est surexcités, malgré l’heure matinale à laquelle nous quittons l’hostel avec Julie. Le train est un petit autorail rouge et jaune tout mignon d’une capacité de 50 personnes. Après avoir passé les formalités de sortie du Chili, nous nous installons sur ses sièges de skaï marron, sous son plafond couvert de fleurs : le train n’est pas de première jeunesse mais ça fait son charme !
Deux coups de klaxon signalent le départ et nous voilà partis, cahin-caha et à une vitesse très relative (ce qui n’est probablement pas plus mal vu l’état de la voie ferrée !), vers Tacna. Cela faisait presque 3 semaines que nous étions revenus au Chili et elles sont passées bien vite ! Nous avons parcouru un sacré nombre de kilomètres pour rejoindre le Pérou « rapidement », et ces dernières étapes ont finalement été bien différentes du Chili que nous commençons à connaître un peu. (Et puis, vous commencez à nous connaître… un petit retour y est déjà prévu pour le mois d’octobre !) Dans le train, peu de mochileros, mais beaucoup de touristes chiliens et péruviens. Contre toute à attente en ce lendemain de jour férié, il est plein ! 🚂
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Chile