1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Arequipa (1ère partie)

Arequipa, Peru - Polarsteps

Le trajet commence à nous sembler long, malgré des paysages déjà différents qui nous permettent de commencer notre découverte du Pérou rural. C’est assez folklorique avec des vendeurs ambulants qui entrent à chaque arrêt proposer leurs spécialités culinaires (nous ne connaissons pas -encore !- la plupart). Nous passons plusieurs cols, dont un dans un brouillard épais (on ne voyait plus à 1m) au bord d’un abrupt précipice (bravo chauffeur !). Il fait déjà nuit lorsque le bus nous dépose au terminal terrestre d’Arequipa. Un chauffeur Uber accepte la course instantanément, et nous dépose devant notre hôtel après un quart d’heure à travers la dense circulation du début de soirée. Nous sommes très contents que cette journée de voyage se termine enfin ! L’hôtel est une bonne surprise : la chambre est petite mais proprette et bien calme, les parties communes sont très sympathiques et le petit-déjeuner, servi sur une belle terrasse, généreux et délicieux (ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas eu droit à un buffet !)… tout ça pour moitié-moins que la moyenne de notre budget nuit au Chili ! Malgré la fatigue, nous ne résistons pas à la tentation d’aller manger un bout à l’extérieur pour fêter notre arrivée au Pérou ! Nous trouvons un resto, cher et touristique certes, mais délicieux, sous les arcades du 1er étage de la Plaza de Armas. Il fait doux, la place est animée : on se sent tout de suite bien ici. Arequipa est la deuxième ville du Pérou (mais 10x moins peuplée que Lima) et bénéficie d’un climat idéal (ni trop chaud ni trop froid toute l’année, avec peu de jours de pluie), il y pousse de nombreuses fleurs colorées. Malgré les fréquents tremblements de terre, elle a conservé un centre historique colonial. Elle est située au pied de trois volcans coiffés d’un peu de neige : le Chachani (6075m), le Picchu Picchu et le très photogénique Misti (5825m). La ville est surnommée “la ville blanche”, en raison de la pierre utilisée par (la plupart de) ses constructions : le sillar, une roche volcanique locale. Dans le centre, l’inspiration andalouse est perceptible… il faut regarder de plus près pour trouver les motifs incas ! La majeure partie de nos quelques jours ici est consacrée à déambuler dans la ville et nous prenons nos repères grâce à un bon walking tour : le centre historique et les quartiers touristiques sont très proches, c’est agréable de tout faire à pieds ! On s’extasie devant les maisons coloniales et leurs cours intérieures, les nombreuses églises mêlant motifs catholiques et traditions incas, on visite le coloré marché San Camilo et la cathédrale avec sa façade très impressionnante qui est en fait le flanc de l’édifice. L’église jésuite de la Compañia, avec sa splendide façade baroque, est en fait beaucoup plus intéressant que cette dernière. A l’intérieur, une représentation de la cène où le plat principal posé devant Jésus est… un cochon d’Inde (très populaire ici), ainsi que l’incroyante chapelle San Ignacio intégralement peinte de végétaux et d’oiseaux de l’Amazonie. Nous visitons également l’immense Monasterio Santa Catalina, “una ciudad dendro de la ciudad” d’après le flyer. Fondé en 1579 par une riche veuve, il a abrité de nombreuses sœurs (et leurs servantes), majoritairement cadettes de riches familles, qui restaient enfermées jusqu’à leur mort mais avaient leurs propres maisons (avec cuisine en extérieur et chambre-salon) et pouvaient se consacrer à leurs activités : poésie, reliure, musique, couture… entre les nombreuses messes ! Une ribambelle de ruelles (avec des noms de villes espagnoles), cloîtres, placettes et fontaines se cachent derrière ses hauts murs : c’est un endroit magnifique. La partie moderne (reconstruite après le tremblement de terre de 1958) est toujours habitée par 15 sœurs, qui peuvent maintenant sortir. Nous découvrons les quartiers de San Lázaro, point de départ de la ville avec ses maisons basses et blanches et ses petites ruelles étroites, ainsi que le résidentiel Yanahuara, connu pour ses picanterias (restos typiques), sa belle place avec palmiers et son mirador sur la ville et les volcans. On est fin heureux de retrouver de la cuisine plus recherchée et on goûte à tout ! Nous découvrons le queso helado (sorte de crème glacée à la canelle et à la vanille, spécialité d’Arequipa et récemment élu 2ème meilleur dessert glacé du monde), la chicha (boisson fermentée des incas), les papitas rellenas (beignet de pomme de terre fourré à la viande), les salteñas (sorte d’empanada), les buñuelos (beignet parfumé à l’anis)… Nous goûtons de l’alpaga (viande rouge faible en cholestérol d’après notre guide !) pour la première fois et Héloïse tombe amoureuse des rocotos rellenos, poivrons piquants farcis de viande, de fromage et de légumes : c’est vrai que c’est délicieux ! Nous n’avons pas encore tenté le cuy (= cochon d’Inde), très apprécié ici. Enfin nos trois soirées ici sont rythmées par la fiesta de la musica (oui oui vous avez bien lu, et ici ça dure 4 jours !), probablement la seule du Pérou et organisée par… l’Alliance Française ! Nous y écoutons une programmation éclectique, du rock des groupes locaux aux reprises de Disney par l’orchestre des étudiants en passant par la cumbia fusion d’un groupe de Lima, de la musique afro-péruvienne ou un big band universitaire; tout cela dans de belles demeures coloniales ou sur la place d’armes. On est encore tombés au bon moment ! Il est déjà temps de sauter dans un bus… heureusement on repasse par Arequipa bientôt ! 😎

Country Guides:

Peru