1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Palili (Tunquimayo)

Palili Casa de Campo, Peru - Polarsteps

Nous traversons le centre-ville de Quillabamba, la ville du printemps éternel, qui paraît complètement assommée par la chaleur. Heureusement, nous continuons à monter et nous arrivons bientôt au milieu des arbres, dans la vallée de Tunquimayo (= vallée du coq de roche, l’oiseau national du pays, en quechua). Alors que l’après-midi se termine, nous rejoignons notre destination, le Palili, une ancienne “finca” de café, aujourd’hui partiellement transformée en chambre d’hôte par Lionel, un suisse installé au Pérou depuis une dizaine d’années : un endroit propice à la détente ! La pièce à vivre de la grande maison est complètement ouverte sur la nature environnante. Nous sommes accueillis avec des bières, de délicieux “chilcanos” et une bonne soupe de semoule : nous nous endormons sereins. Le lendemain matin, nous nous rendons chez Gino, un voisin de Lionel, qui produit un excellent café. C’est l’occasion de quelques rappels sur les techniques utilisées (c’est ici un tout petit plus moderne, en tous cas plus contrôlé, que chez Julia) : il produit deux types de café, le “lavado” (comme chez Julia) et le “natural” (les grains sont séchés avec la peau pour obtenir un goût différent). Une petite balade entre ses plantations puis en s’enfonçant dans la jungle mène jusqu’à une jolie cascade, la “catarata del duende” (= lutin), où nous nous baignons ! L’eau est froide mais nous avons bien transpiré et c’est super agréable. Le débit est très fort et c’est presque impossible de se mettre en dessous ! Autour de nous, plein d’oiseaux comme le “pusti” (vert et jaune), un couple de colibris qui danse, ou encore des solitaires andins (gris) au cri métallique. Nous croisons des papillons de toutes les couleurs et de toutes les tailles, mais le plus impressionnant est l’immense “ojo de buho” (= œil de hibou), d’un bleu électrique à l’intérieur, mais aux motifs camouflage à l’extérieur. La nature est luxuriante avec ses fougères et ses mousses, ses arbres très verts où ont élu domicile d’innombrables broméliacées et ses racines pendantes en tout genre. Alors que nous redescendons, nous observons des coqs des roches (en fait, une sorte de faisant) femelles, bien plus discrètes que les mâles, avec leurs plumes d’un brun-roux discret qui leur assure un camouflage parfait. Elles nichent dans des falaises, dans un environnement protégé, encaissé et humide. Nos (petits) efforts physiques sont récompensés par un copieux déjeuner cuisiné par la maman de Gino et qui se termine par… une dégustation de café pardi ! Gino réalise une filtration de type V60 (18g de café pour 288ml d’eau) d’un café geisha (variété d’arabica très douce). En résulte une boisson parfumée et très peu amer, un peu comme une infusion finalement ! Nous retournons à la maison pour une petite baignade dans la rivière Chuyapi qui coule en contrebas de la maison de Lionel. C’est bien agréable de se baigner, mais on se fait sacrément dévorer par les moustiques… alors on décide d’abréger ! D’autant qu’on a rendez-vous avec les fameux coqs de roche (“gallito de las rocas” en espagnol ou “tunqui” en quechua), l’oiseau national du Pérou. Nous nous enfonçons dans la vallée et dans la forêt, et nous entendons bientôt ce doux bruit caractéristique entre celui d’un batracien et d’un singe hurleur… le cri du coq de roche ! La jungle est dense et malgré leur couleur flashy, les oiseaux ne sont pour le moment pas facile à voir. Pendant une bonne heure (avant qu’il ne fasse totalement noir), nous observons une quinzaine de mâles virevolter de branche en branche, tâches rouges plus ou moins près de nous. C’est un spectacle magique ! A notre retour, Lionel nous attend pour préparer l’apéro : piscos sours (avec la “japita” de pisco dans le dosage, = la petite lichette en plus !) et guacamole 😍 Dominique nous briefe de façon très exhaustive sur notre prochain trek à venir, avant que l’on déguste de bonnes crêpes maison (poulet curry, puis manjar blanco). Le petit digestif nous envoie directement au dodo 🥱 Après un dernier petit-déjeuner, nous quittons le Palili à contrecœur… qu’est-ce qu’on y était bien !

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