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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Parque Nacional Sajama
Municipio Curahuara de Carangas, Bolivia - Polarsteps
Nous sommes presque arrivés, mais lorsque nous passons devant la bifurcation pour le village de Sajama… le chauffeur ne la prend et continue vers Tambo Quemado et la frontière chilienne ! On ne se serait quand même pas trompé de “colectivo” ?! Heureusement non, après avoir déposé quelques passagers, il repart dans l’autre sens 😮💨 ce crochet nous aura permis d’apercevoir quelques vigognes au bord de la route, d’admirer quelques flamants roses dans une jolie lagune et un magnifique panorama sur le volcan Sajama (le point culminant de Bolivie à 6542m) resplendissant sous la lumière de fin d’après-midi.
Nous attaquons les 10km de piste, dernière portion de route pour rejoindre le village. Ils mettent à rude épreuve les suspensions du combi et les compétences de conduite dans le sable du chauffeur ! Lorsque nous émargeons le registre, nous apprenons que seulement 4 personnes sont entrées dans le parc avant nous aujourd’hui : en terme d’isolement, on devrait être pas mal !
Le Parque Nacional de Sajama est connu pour être la première aire protégée de Bolivie, depuis 1939 ! Il est situé à l’ouest de la Bolivie, à la frontière avec le Chili (du côté chilien se situe un autre parc national : le Lauca que nous voulions initialement visiter lorsque nous remontions le Chili !). Il fait presque nuit lorsque nous arrivons sur la place du village… qui ne déborde pas d’activité ! En même temps, c’était la fête du village il y a quelques jours (apparemment bien alcoolisée d’après les voyageurs y ayant assisté) !
Après une bonne nuit sous 4 couvertures lourdes et épaisses, nous partons en taxi jusqu’à de petits geysers, à 8km du village. C’est le point de départ de notre boucle de la journée, et randonnée d’acclimatation, pour découvrir les “lagunas de altura” (techniquement situées au Chili !). Le sentier (sacrément mal indiqué) s’enfonce dans une vallée et commence à monter, doucement mais sûrement. Nous émergeons pour découvrir une première lagune, d’un bleu profond. Encore un peu de montée nous permet d’atteindre la seconde, en partie gelée ! Nous apercevons quelques vigognes de l’autre côté et croisons de nombreuses viscaches sur le chemin. La dernière ascension de la journée, qui nous emmène dans un paysage rocheux (presque lunaire) et nous fait passer les 5060m, nous dévoile la dernière lagune, où se reflète le majestueux Sajama. Nous profitons de cet endroit incroyable pour pique-niquer !
C’est déjà l’heure de redescendre. Le sentier, d’abord plutôt raide et sinueux, s’élargit en une piste sableuse et carrossable… que nous suivons pendant des kilomètres qui nous paraissent bien longs. Heureusement, le panorama sur le Sajama est imprenable et nous croisons de nombreux lamas (il sont ici bien plus nombreux que les alpagas) se baladant paisiblement. L’objectif de la fin d’après-midi, ce sont les “aguas termales” où nous comptons bien nous détendre après ces 22km de marche ! Le lieu est à la hauteur de nos espérances : une belle piscine d’eau bien chaude avec vue sur le volcan et pas grand monde, le tout tenu par un adorable couple de personnes âgées. Nous y retrouvons par hasard 2 français rencontrés lors du trek du Huemul à El Chalten (Argentine)… il y a 6 mois !
Notre deuxième journée ici est censée ne pas être trop fatigante, pour nous préparer à la troisième (suspense !)… nous partons en direction du mirador sur le village pour nous dégourdir les jambes. En cours de route, nous décidons finalement de bifurquer pour rejoindre un mirador « juste » un peu plus haut, ce qui nous permet de traverser le “bosque de queñuas” (forêt éparse de petits arbres au tronc tordu et à l’écorce qui se détache en fine feuilles) qui ceinture le Sajama. C’est en fait un sacré détour ! Le sentier, un faux plat permanent, progresse doucement jusqu’à une bifurcation; la pente est maintenant très raide et nous patinons dans le sable et la caillasse. Au terme de beaux efforts, nous atteignons le point de vue, qui domine le village, lui-même dominé par le Parinacota et le Pomerape. Le sommet du Huisalla (5053m) n’est plus qu’à 200m de dénivelé positif… et je me laisse tenter, pendant qu’Héloïse commence à redescendre. Le sentier est peu marqué et très raide, l’ascension est un peu douloureuse mais la vue panoramique du sommet (Sajama d’un côté, village et sommets de l’autre) en vaut la peine ! La descente est bien plus rapide que la montée et je rejoins Héloïse juste à temps, sur la mignonne petite place de l’église du village, pour pique-niquer.
Notre hostal, bien que parfois un peu froid (notamment la douche…), possède un charme indéniable avec ses chambres situées dans des petites maisons typiques. Servie dans la salle commune à la décoration un peu particulière de “quirquinchos” (= tatous) empaillés, la “cena” est également propice aux rencontres entre voyageurs et nous n’y mangerons jamais seuls ! Nous y rencontrons les bretons Maëlle et Antoine, en pleine découverte de l’Amérique du Sud après quelques mois passés en Asie du Sud-Est et qui nous partagent leurs bons plans aux alentours à notre arrivée, mais aussi les suisses Aurélia et Jean, archéologues en plein tour du monde et qui parcourent en ce moment l’Amérique du Sud en van, avec qui nous discutons longuement. C’est ici également que nous rencontrons Kristina et Jan, un couple de tchèques expatriés à Santiago avec qui nous partagerons taxis et guide.
Après une dernière journée ici (voir step suivant), il est déjà temps pour nous de quitter ce village isolé. Le seul combi de la journée part avant le lever du soleil et il fait un froid mordant. Toujours aussi attentionné, le chauffeur nous propose un plaid ! Alors que le van s’éloigne, nous apercevons au loin une frontale en train d’escalader la fin de la route normale du Sajama. Avant de le perde définitivement de vue, nous jetons un dernier regard sur ce magnifique volcan alors que le soleil se lève et que son sommet rougeoie.
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