1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. La Paz (2ème partie)

La Paz, Bolivia - Polarsteps

À notre arrivée, nous découvrons La Paz recouverte d’un épais brouillard. Le trajet retour de Sajama aura quand même été bien plus efficace que l’aller : 5h porte à porte (au lieu des 12h30 dans l’autre sens !) avec deux “colectivos” et deux “telefericos”. Notre précédent hébergement étant un peu bruyant, nous en testons un nouveau. Nous sommes bien contents de retrouver une chambre où la température du soir est agréable ! Le retour en ville est une nouvelle fois l’occasion pour nous de fêter nos récents exploits en goûtant une cuisine bolivienne revisitée. La Bolivie est aujourd’hui connue pour ses restaurants aux menus abordables proposant une relecture des classiques boliviens dans un style « gastronomique ». Nous dégustons donc un chouette repas en trois services chez “Popular Cocina Boliviana” : “crema de verduras” et “queso de chancho” en entrée, “chancho a la cruz” et “asado a la olla” en plat, et “melón” et “té con té” en dessert. Le service est sympathique et tout est délicieux et gourmand à souhait : on se régale ! C’est également l’endroit où nous goûtons nos premiers vins boliviens, deux rouges bien réussis, un cabernet sauvignon de Samaipata et un blend de Tarija. Nous sommes sollicités par deux collégiens pendant notre balade dans le quartier touristique qui, pour un projet d’anglais, doivent poser des questions aux touristes et enregistrer les réponses en vidéo ! Sympa… sauf quand les questions sont « est-on plus libre dans un monde sans règle ? » et « peut-on prendre soin de soi dans un monde sans règle ? » 🤔 Ayant fait le plein d’énergie, nous partons en mission vers la “calle” Eloy Salmon… en quête d’un nouvel appareil photo ! Ce quartier “paceño” nous a été recommandé comme la caverne d’Ali Baba locale pour l’électroménager et l’électronique. C’est effectivement un joli enchevêtrement de petits magasins, chacun avec sa spécialité : nous arrivons par le secteur des fours, avant de traverser les réfrigérateurs, etc… Nous terminons la rue avec un nombre incalculable de boutiques dédiées aux téléphones portables, mais pas d’appareil photo en vue. Sollicités par les vendeurs (“que estan buscando?”), nous leur faisons part de notre recherche et nous voilà redirigés vers quelques galeries spécifiques. Nous finissons par trouver deux magasins possédant des compacts avec un bon zoom. Étant importés via les Etats-Unis, les prix sont élevés et, après avoir attendu longtemps le retour de pause midi d’un des vendeurs et beaucoup de tergiversations, nous prenons le retrait facile et sans commission dans le seul distributeur de la rue comme un signe : nous voilà propriétaires d’un magnifique Nikon Coolpix B600 à l’impressionnant zoom x60, preparez-vous à d’incroyables photos dans les prochaines étapes 😉 Nous retrouvons Mathilde et Thomas en fin d’après-midi, nos copains rencontrés sur le trek du Choquequirao et avec qui nous allons partager nos prochaines aventures boliviennes et le repas du soir ! On est super contents de se retrouver et de partager ce qui nous est arrivé depuis notre dernière rencontre. De bon matin, nous retournons dans la coloniale “calle” Jaen pour découvrir le “Museo de Instrumentos Musicales” de la ville. Nous avons une chance incroyable, alors qu’il n’est pas visitable tous les samedis, une dame sympathique l’ouvre juste devant nous ! Le musée contient une riche collection éclectique, assemblée par Ernesto Cavour (une des stars locales du “charengo”), de plus de 3000 instruments exposés dans une jolie “casona” coloniale. La muséographie est un peu vieillissante mais réussit à tracer un chouette chemin retraçant l’histoire de la musique du pays, depuis les instruments précolombiens (flûtes de pan en pierre volcanique -“sicus”-, en céramique, ou encore en canne à sucre -“cañahueca”-, cordophones, sifflets à oiseaux, flûtes en os ou en pierre, ocarinas -en pierre, métal, ou noix de coco !-, tambours cérémoniels - inattendu “tambor de tortuga”, aerophones, trompette faite avec une courge ou en feuilles de palmier, grelots, cloches…) jusqu’aux étranges innovations boliviennes contemporaines (flûte de pan en pvc, guitare XXL ou en papier, crécelle qui fait de la lumière, saxophone andin, guitare “a doble brazo” ou recto verso, charanguita…) en passant par des salles dédiées aux guitares (petites, grandes, jusqu’à 12 cordes, en aluminium, tortue ou tatou, décorées de marqueterie fine, d’incrustations de pierres, de sculptures de dragons, ou de dessins d’oiseaux et aussi les fameux “charangos”), aux instruments rythmiques (tambours, grelots en coquillages, et autres “matracas”, crécelles en tatou, en bouteille de bière, ou en bois avec des formes de tonneau, d’église, d’oiseau, de biberon, de voiture…) ou aux instruments à vents (trompettes de corne, “quenas”, flûtes de pan jusqu’à 4 étages et de plus d’un mètre de long, certaines finement gravées de motifs géométriques et floraux, “bajones”, …). En plus des explications intéressantes, la vraie force du musée c’est que l’on peut essayer certains instruments et on s’en donne à cœur joie, avec le “k’aratiña” (“contrabajo boliviano”), le “celestino”, l’“armonio”, le “bongoreta” ou encore un petit cor de chasse. Après avoir récupéré un pique-nique pour le repas du soir dans un boui-boui tenu par une sympathique israélienne, nous goûtons aux fameux “relleños de Doña Emi” rendus célèbres par le documentaire “Street Food” de Netflix. C’est effectivement très bon : il s’agit d’une boulette de purée de pomme de terre ou de riz frite, farcie de légumes et de viande hachée. L’originalité tient au fait qu’il est possible de l’assaisonner soi-même grâce aux sauces et crudités mises à disposition. Moins gastronomique qu’hier, mais bien gourmand quand même ! Nous prenons maintenant la direction du terminal de bus de Villa Fatima (un quartier de la ville) en téléphérique. Nous avons à peine le temps de regarder rapidement l’état du bus d’une première compagnie que le chauffeur nous annonce qu’il part dans la minute… nous décidons de partir avec lui : de toutes façons, tous les bus assurant cette liaison ont un aspect douteux 🤷 (notons qu’aussi vieux qu’il ait l’air, il est quand même équipé de chargeurs USB fonctionnels !) Maintenant, advienne que pourra !

Country Guides:

Bolivia