1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Piedras Rojas & autres lagunes

San Pedro de Atacama, Chile - Polarsteps

Il est 6h du matin et nous sommes prêts, l’agence doit venir nous chercher entre 6h et 6h40… Nous avons largement le temps de prendre un Nescafé avant que le guide arrive, vers 6h45. Nous reconnaissons Alan, notre super-guide de l’avant-veille. Et là, surprise : à la place de l’habituel van blanc, c’est un 4x4 rouge qui nous attend… nous sommes les seuls à avoir réservé avec cette agence pour aujourd’hui, nous avons donc droit à un tour privé, quelle chance ! La voiture nous emmène en une grosse demi-heure à Tambillo, une réserve d’arbres plantés dans les années 60 pour endiguer la désertification. Seule une partie a survécu, et ce bosquet d’arbres au milieu du désert a quelque chose d’incongru. Nous y prenons un copieux petit-déjeuner où nous re-goûtons le “pepino”, un fruit à la forme d’une tomate et à la saveur proche de celle du melon. Une chèvre d’un troupeau voisin tente de récupérer de la nourriture sur la table. Nous reprenons la route. À gauche, la steppe d’herbe jaunie qui monte vers les Andes et ses nombreux volcans; à droite, le Salar qui s’étend à perte de vue. Le large cratère du Láscar, volcan le plus actif de la région et dont la dernière (petite) éruption remonte à décembre dernier, fume. Nous faisons un petit arrêt à un endroit où le Tropique du Capricorne croise un chemin inca; un “zorrito” est en train de manger les miettes laissées par un groupe ayant petit-déjeuné là. Nous montons grâce à une jolie route en lacets, autour de laquelle peu de végétation subsiste, jusqu’à un col à 4200m avant de basculer dans une magnifique vallée au fond de laquelle s’étend la grande Laguna Miscanti, d’un bleu clair irréel. Le volcan du même nom se reflète dans les eaux limpides. Quelques vigognes paissent dans les environs et sur les contreforts des reliefs environnants. Sur l’eau, quelques “tagua cornuda” (oiseau noir endémique en voie de disparition) font leurs nids. Nous prenons le sentier qui la longe sur la largeur et nous permet d’atteindre une deuxième lagune, beaucoup plus petite mais tout aussi charmante, la Laguna Miñiques. Nous reprenons la voiture pour rejoindre le “salar de Talar” aussi connu sous le nom de “piedras rojas” ou encore “salar Aguas Calientes III”. Au détour d’un virage, nous commençons à apercevoir ce paysage surprenant, sorte de baie caraïbéenne perdue au milieu des volcans. Un sentier très aménagé nous permet d’approcher les eaux de la lagune d’une blancheur éclatantes (car saturées en sel et en minéraux) qui contrastent avec les pierres rouges qui la bordent (anciennes coulées de laves chargées en oxyde de fer). C’est un spectacle féerique où seules les énormes bourrasques de vent nous ramènent à la réalité sensorielle. Le guide d’un autre groupe nous montre une dent de megalodon retrouvée sur le site et une empreinte de fossible, preuve d’une vie marine antérieure ici. Nous voilà maintenant à Socaire, étrange petit village posé au bord de notre route qui traverse ces paysages infinis, où nous prenons l’“almuerzo” (classique soupe de légumes puis milanaise de poulet). De là, on aperçoit clairement différents gisements exploités sur le salar (lithium) et dans le désert (cuivre, cobalt). La sortie se termine par un crochet dans les 5000m2 (sur 320000 au total) protégés du salar de Atacama (RN Los Flamencos, sector Soncor). Les formations de sel, sortes de petits reliefs en hauteur, nous paraissent bien différentes de ce que nous avons vus à Uyuni : notre guide nous explique que nous sommes ici dans un autre étage géologique. Nous atteignons la Laguna Chaxa, écrasée par le soleil et où règne un silence assourdissant, seulement interrompu par les cris des flamands. Ils sont juste à côté de nous et nous pouvons facilement observer la différence entre le flamand andin, plus grand, plus rose et avec le bout des ailes noir, et le flamand chilien, un peu plus petit, plus blanc et effectuant une étrange danse avec les jambes pour remuer le fond de l’eau et trouver sa nourriture. Le retour au village est assez silencieux, aussi bien nous que notre guide sommes bien fatigués de la journée et la sieste s’impose 🥱

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Chile