1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Salta (1ère partie)

Salta Por Siempre, Argentina - Polarsteps

Une fois basculés en Argentine, la route semble encore plus scénique. Nous passons de déserts rocailleux et poussiéreux à des salars étincelants, avant d’attaquer une belle route en lacets offrants d’incroyables panoramas sur la vallée et ses canyons découpés par l’érosion. Ça et là, quelques cactus dressés bien droits, de petits troupeaux de lamas, des vigognes isolées et de petites cultures irriguées, tâches vertes dans cet environnement grisâtre. Nous perdons de l’altitude et, plus nous descendons, plus le paysage s’urbanise. D’abord de petits villages, puis de petites villes, nous passons San Salvador de Jujuy, dernier arrêt du bus avant Salta. De là, nous parcourons la dernière 100aine de km sur de longues routes droites entourées d’une végétation verte que nous n’avions pas vue depuis un moment : on est repassés sous les 1500m d’altitude ! Juste avant d’arriver, la dernière descente nous dévoile la ville, bien plus grande que ce qu’on avait imaginé mais plutôt tentante sous le soleil de fin de journée. Nous rejoignons le centre en traversant le parc San Martin, à l’animation sympathique en cette fin de journée. Les affaires déposées, nous partons découvrir la ville à la tombée du soleil, avant de se mettre en quête d’un restaurant acceptant la carte bancaire (car nous n’avons pas encore eu le temps de récupérer des pesos). Nous en trouvons un, à la copieuse “parillada” pour deux qui ne nous laissera pas de place pour un dessert. Épuisés par la journée, un problème technique sur le réseau de carte bancaire nous fera cependant attendre une heure pour pouvoir payer l’addition 🥱 en sortant finalement du restaurant, nous tombons sur Clémence et Jocelin en train de manger une pizza en terrasse (on ne se quitte plus !!). Après une légère grasse mat’ pour se remettre de notre manque de sommeil des derniers jours, nous partons retirer de l’argent au Western Union (un des taux de change les plus avantageux). Nous sommes en ville, juste avant un “fin de semana largo” (= week-end prolongé), et une longue file s’étend devant chaque bureau. Nous jetons notre dévolu sur l’un d’entre-eux et, une heure et demi plus tard, nous voilà millionnaires ! Le cours du peso argentin a encore beaucoup perdu depuis notre dernier passage dans ce pays, aujourd’hui un euro vaut presque 1000 pesos (au cours “blue”, non-officiel) contre 350 quand nous sommes arrivés pour la première fois dans le pays (en mars). Après un petit-déjeuner dans un café, un peu de logistique, une épilation, une balade en ville (où les nuages sont arrivés) et une dégustation de bière locale accompagnée des non moins locales empanadas, nous rejoignons le MAAM (“Museo de Arqueología de Alta Montaña”) pour la visite guidée. Celle-ci, menée par deux étudiantes et complétée par leur professeur-encadrante (bien plus intéressante…), nous présente les découvertes issues d’une expédition qui, en 1999, permit d’exhumer 3 momies d’enfants au sommet du volcan Llullaillaco. Perché à 6 739 m, ce site archéologique est considéré comme le plus élevé au monde. Nous apprenons sur le rituel “Capacocha” (du quechua “qhapaq hucha”, « devoir royal »), dont les momies sont le témoignage : des enfants, choisis pour leur beauté dans différentes provinces de l’empire, étaient envoyés à Cusco, pour y suivre une série de rituels préparatoires à leur sacrifice. Le rituel est un événement exceptionnel en réponse à une circonstance exceptionnelle (météo, politique, etc). Un pèlerinage de plusieurs centaines de kilomètres jusqu’au sommet de la montagne où, drogués, ils mourraient de froid et d’épuisement. Les incas ne voient pas ici la mort, mais le début d’un voyage mystique. Le musée présente de magnifique objets issus des tombes des enfants, comme d’incroyables statuettes anthropomorphes habillées de tissus et les habituels céramiques cérémoniales de taille réduite, finalement tout le monde inca en miniature ! Enfin, les momies, une jeune fille de 15 ans (“la Doncella”), une autre de 6 ans (“la Niña del Rayo”, celle que nous avons pu observer) et un garçonnet de 7 ans (“El Niño”), retrouvés en position assise, sont exposées par roulement. Le processus de momification est ici naturel, les corps ont congelé. Il s’agit des corps de 600 ans (on estime que la cérémonie a eu lieu entre 1470 et 1530) les mieux conservés du monde. Alors que nous sortons du musée, l’animation sur la place est à son comble : nous venons de louper le meeting de campagne d’une candidate à la présidentielle (dont le premier tour aura lieu le dimanche 22), apparemment venue électriser ses soutiens… avec une mascotte canard ! 🦆 Nous retrouvons avec plaisir Clémence et Jocelin, nos copains rencontrés pour l’excursion à Uyuni, pour partager un repas typique et un gin tonic en centre-ville, avant de regagner nos pénates : demain, on loue une voiture !

Country Guides:

Argentina