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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Saltos del Monday
Presidente Franco, Paraguay - Polarsteps
Après 1h30 de feux rouges, d’embouteillages et d’arrêts logistiques (passagers, fret, nourriture), nous sortons de l’agglomération urbaine d’Asunción et rejoignons l’autoroute. Nous goûtons une “chipa”, brioche à l’anis et au fromage toute chaude et en forme de donut : c’est apparemment une recette guaranie et c’est délicieux ! La “ruta 2” qui traverse le pays d’ouest en est est plutôt de bonne qualité : 4 voies larges, droites et macadamisées. Le voyage est confortable. Nous croisons plusieurs stations de pesage : alors que les bus les ignorent habituellement (dans les pays que nous avons traversé jusque là), ici nous serons pesés à chaque fois !
Autour de nous s’étend de la jungle entrecoupée de pelouses. Tout est très vert. Ici et là, on aperçoit quelques troupeaux; nous n’apercevons pas vraiment de champs cultivés avant de s’approcher de Ciudad del Este. L’amélioration de la météo est marginale : quelques rayons de soleil, mais toujours ces gros nuages menaçants. Nos voisines discutent en portugais, ça nous rappelle des souvenirs (même s’il faut bien avouer qu’on ne comprend pas grand chose).
Le bus nous dépose au terminal de Ciudad del Este, bien à l’heure. La ville est connue pour être la « capitale du shopping » du Paraguay et de la région, grâce à une immense zone franche… mais nous n’en sauront rien, nous ne sommes pas là pour ça ! Les chutes du Monday, raison de notre visite, en sont distantes d’une 10aine de kilomètres. Nous trouvons un taxi (pas donné ici). Sur le trajet, le chauffeur essaie de nous vendre un combiné pour voir les autres attractions de la région (barrage d’Itaipú, chutes d’Iguazú…). Nous déclinons et nous lui expliquons notre objectif d’atteindre l’Argentine en fin d’après-midi… par la voie maritime ! Surpris, il se propose néanmoins immédiatement de nous attendre aux chutes pendant notre visite et de nous conduire au port (une nouvelle 10aine de kilomètres plus au sud) pour un prix finalement pas si élevé, compte tenu du confort que représente cet arrangement pour nous. Il doute cependant que les formalités de sortie du Paraguay puissent se faire dans ce petit port de rien du tout… et nous commençons à douter de notre organisation. Après quelques minutes et un échange de messages avec le central via la radio, il nous confirme que ça passe… mais que le dernier bateau est à 16h (1h plus tôt que l’information que nous avions).
Ayant laissés nos gros sacs à dos dans le coffre du taxi (toute méfiance/ précaution s’est maintenant envolée !), nous entrons dans le parc des fameux “Saltos del Monday”, sorte de (toute) petite sœur des chutes d’Iguazú voisines. Une agréable promenade dans la jungle de quelques minutes (sur fond de chants d’oiseaux) nous emmène jusqu’en haut des chutes, qui se dévoilent au détour d’un virage : d’en haut, le “río” semble s’arrêter et se transformer en un nuage de gouttelettes. En s’approchant, on découvre une impressionnante cascade de 40m de haut et de 120m de large, au bruit assourdissant et l’impressionnante production de brume. Autour de nous, les misères et autres pothos règnent en maîtres : ils sont énormes comparés à nos plantes d’intérieur !
La visite se poursuit grâce à un ascenseur qui permet de rejoindre (sans effort) le pied de la cascade. La vue est époustouflante et c’est d’en bas qu’on se rend vraiment compte des milliers de litres d’eau déversés. L’eau s’écrase sur des rochers de basalte noir, projetant des gouttelettes dans toutes les directions et donnant un aspect tumultueux à la rivière. Nous restons captivés par les cette merveille de la nature, sa végétation luxuriante et ses nombreux oiseaux : aigrettes blanches regroupées à l’écart ou innombrables petits oiseaux sombres voletant à proximité des chutes d’eau.
Même s’il est probablement bien moins impressionnant que les chutes d’Iguazú (que nous découvrirons dans les jours à venir), le site est remarquable… et particulièrement agréable à visiter puisque nous avons été presque toujours seuls, ce qui en fait un véritable joyau. Quel paix, quel calme, quel luxe, quel plaisir !!
De retour en haut, nous profitons des quelques minutes qui nous restent et des infrastructures désertes pour commander un “tereré”, sorte de cousin du “maté” argentin mais en version glacée. C’est ici une véritable institution puisque tous les locaux se baladent avec leur tasse et leur thermos en permanence ! On nous apporte une grande carafe d’eau glacée infusée au gingembre et un gobelet en corne rempli de “yerba maté” avec sa “bombilla” (= paille). Comme pour le “maté”, la consommation est très codifiée et nous apercevrons à plusieurs reprises le regard outré de la serveuse (au demeurant très sympathique) alors que nous touchons à la paille ou que nous renversons malencontreusement un glaçon dans le gobelet. Même si nous n’avons pas le temps de le savourer comme il en est normalement coutume, nous sommes plutôt convaincus : c’est une boisson très amère mais très rafraîchissante, aux saveurs plutôt bien équilibrées 👌
Le chauffeur de taxi nous a attendu 😮💨 et nos gros sacs sont toujours dans le coffre 😮💨😮💨 Nous reprenons la route : direction le port !
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Paraguay