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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Colonia del Sacramento
Colonia, Uruguay - Polarsteps
Réveil matinal après coucher tardif, nous sommes un peu au radar alors que nous commandons un Uber pour le terminal maritime (après avoir pris un peu de temps pour avaler un café !). On s’offre le taxi pour gagner un peu de temps par rapport aux bus, mais la voiture est prise dans la circulation matinale (on finit quand même par s’en sortir). Le terminal est organisé comme un petit aéroport : checkin, formalités de douane, de migration (les deux côtés ✌️) et enfin embarquement. Notre ferry, l’Atlantic Express est bientôt prêt à larguer les amarres. La météo étant assez venteuse, la traversée tangue pas mal. Nous regardons Buenos Aires et la ligne de ses immeubles rétrécir derrière nous, alors que nous traversons le “río de la Plata”.
À peine 1h30 plus tard, la traversée est terminée et nous posons le pied sur le sol uruguayen et, dès la sortie du terminal (qui lui aussi ressemble à un aéroport), le contraste est incroyable. Les hauts immeubles et l’agitation de Buenos Aires ont laissé place à de petites maisons basses entourant des rues pavées défoncées. Ici et là, des restes de remparts, des fleurs (bougainvilliers dans presque toutes les rues !), des réverbères noirs accrochés aux murs, ou encore des plaques de rues en céramique bleue et blanche donnent à cette petite bourgade coloniale bien conservée un cachet qui nous séduit immédiatement, malgré une météo maussade.
D’après le journal de Pigafetta, avant même la fondation de la ville, Magellan (en route pour la première navigation autour du globe) s’est arrêté dans cette crique avec sa flotte pendant quelques jours. Colonia del Sacramento a été fondée en 1680 siècle par Manuel Lobo (un portugais). Son architecture actuelle témoigne de son passé colonial tourmenté : les éléments d’origine portugaise côtoient ceux d’origine espagnols et c’est pour cet intéressant métissage qu’elle est inscrite à l’UNESCO. Nous apprenons à distinguer une rue portugaise (convexe, avec l’écoulement des eaux au milieu) d’une rue espagnole (concave, avec l’écoulement des eaux sur les bords). La ville est connue régionalement aujourd’hui (entre autre) pour ses fromages.
C’est également l’occasion d’en apprendre un peu sur l’Uruguay, le plus petit pays d’Amérique du Sud. Objet de convoitise entre le Brésil et l’Argentine, c’est finalement grâce à l’intervention anglaise (les anglais ayant besoin d’un partenaire économique dans la région) que le pays reste indépendant. Il est aujourd’hui peuplé de 3,5 millions d’habitants (il y a ici plus de vaches que d’habitants), dont presque la moitié vit à Montevideo, la capitale.
Nous sommes accueillis à l’hôtel que nous avions réservé de façon tout à fait charmante. Ici les chambres sont disposés autour d’un patio fleuri où quelques bicyclettes rétro attendent leurs prochains pilotes. Nous partons à pieds pour quadriller le centre historique (le “casco antiguo”) et découvrir ses petites rues.
La météo n’est vraiment pas coopérative. La ville est balayée par des rafales de vent et de nombreuses averses. Finalement, un temps à discuter en regardant les vagues se fracasser sur la jetée depuis sa voiture… et ces deux mamies l’ont bien compris. Nous profitons d’une accalmie pour enfourcher deux vélos pour explorer la “costanera” jusqu’à deux bâtiments insolites : l’arène (d’un joli style mudéjare, quelques corridas ont été tenues ici -sans mise à mort de taureau- et le lieu vient d’être magnifiquement restauré pour accueillir concerts et manifestations culturelles) et… le fronton (oui, oui pour la pelote !) !
Si la gentillesse des habitants est flagrante, la différence de niveau de vie par rapport à l’Argentine l’est tout autant. Ici les prix sont européens (voire parisiens) et c’est dans les restaurants que ça pique le plus. On n’apprendra d’ailleurs que les “porteños”, qui venaient ici autrefois en nombre, ne sont plus qu’un lointain souvenir. Ne passant que 2 nuits en Uruguay, nous nous ferons quand même plaisir dans un sympathique petit café (où nous nous réconfortons face à l’humidité) et un délicieux restaurant (on ne se refait pas).
La météo nous laissant que peu de choix, nous nous rabattons sur le plan B : visite de musées. Sauf que nous sommes le 2 novembre, férié ici… et donc les musées municipaux sont fermés. Nous dégottons deux endroits ouverts : l’aquarium (sans intérêt) et le musée de l’origami. Nous passons plus de 2h dans ses 3 petites salles qui présentent l’histoire de cet art, ses liens avec les mathématiques et les applications dans d’autres domaines. Enfin, de nombreuses pièces très impressionnantes sont exposées ici… on ne pensait pas y passer un si bon moment !
Nos quelques balades pédestres sont extrêmement humides, l’apogée étant pendant la visite guidée organisée par l’office du tourisme que nous décidons de suivre… la guide était très sympathique, mais la pluie augmentant toujours, nous n’avons pas suivi la fin très assidûment.
C’est trempés jusqu’aux os et congelés que nous rejoignons l’Argentine, toujours à bord de l’Atlantic Express, bien trop climatisé… 🥶 Comatant dans un coin, nous manquons l’anticipation du débarquement et nous retrouvons donc à la fin de la file des migrations pour l’entrée en Argentine. Après une grosse heure d’attente, nous sommes quand même autorisés à y revenir ! Uber n’étant pas disposé à nous proposer un chauffeur, nous rentrons en bus + métro + marche. Un petit curry thaï (miam !) et au dodo : demain devrait être moins humide.
Country Guides:
Uruguay