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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Vuelta al Cerro Huemul (trek de 4 jours)
Puerto Natales, Chile - Polarsteps
(Note de service : ce step est bien en Argentine et non au Chili, comme indiqué par Polarstep. Après c’est vrai qu’on est très proche de la frontière !)
Repéré depuis plusieurs mois, nous avions initialement fait une croix dessus : nous croyions extrêmement improbable d’avoir la fenêtre météo nécessaire pour s’engager sur ses chemins. Mais la Patagonie nous réserve une excellente surprise et nous nous mettons en route gaiement vers la première étape.
Cette première journée est une marche d’approche. Le terrain est sans difficulté particulière (même si ça monte un peu plus que ce que nous avions en tête !) et nous prenons la direction de la lagune Toro où nous passerons la première nuit. Le paysage est vraiment très beau : entre vues ensoleillés sur le Fitz Roy, steppe à perte de vue, glaciers et rivières qui serpente. Les couleurs de l’automne pointent déjà le bout de leur nez : les teintes rouges, oranges et jaunes ajoutent à l’ambiance du moment. L’arrivée au camp se fait sous une légère pluie, qui continue à s’intensifier au fur et à mesure de l’après-midi (c’était prévu !), nous passons donc la fin de journée à l’abri, et au sec, dans la tente.
Nous passons une bonne première nuit : notre tente est bien arrimée et protégée par des amas de bois créés par nos prédécesseurs, elle supporte sans broncher les bourrasques de vent et grosses averses du début de la nuit. Nous sommes réveillés vers 4h par de petits bruits proches de nous… des souris ont décidé de visiter nos sacs 😱 je monte la garde tant bien que mal pendant 1h30 mais c’est complètement vain : elles reviennent toujours, et je finis par tomber de sommeil. Au réveil, il est temps de faire le bilan des dégâts : finalement plus de peur que de mal, un gros trou dans une pochette extérieure de mon sac et deux barres de céréales complètement dévorées de mon côté, des paquets de soupe lyophilisée et de riz légèrement entamés chez Héloïse. Nous avons encore assez pour tenir les 3 prochains jours ! 😮💨
La deuxième journée débute tardivement. Du campement, on voit très bien le « Paso del Viento » que nous devons traverser aujourd’hui et… il est enneigé. Après quelques tergiversations, nous décidons d’y aller : on fera demi-tour et nous reviendrons au camp si ça ne passe pas. Le soleil est au rendez-vous et nous commençons par contourner la lagune Toro, sous des rafales impressionnantes. Nous arrivons à un passage technique du trek : la traversée de la rivière en tyrolienne. En étudiant la rivière et sur les conseils d’un randonneur canadien, nous décidons de plutôt la traverser à gué : elle est peu profonde, peu large et le courant est raisonnable. Elle est par contre absolument glacée et c’est extrêmement vivifiant pour les pieds ! 🥶 nous reprenons le chemin (ça monte toujours) qui passe maintenant sur un glacier : c’est vraiment superbe, même si on ne progresse pas très vite car ça glisse un peu et qu’il y a de nombreuses failles (peu profondes) à éviter. L’accès et la sortie du glacier se font par des pierriers particulièrement peu praticables : tout s’effondre à chaque pas. La montée vers le « Paso del Viento » commence maintenant et nous arrivons assez rapidement dans la neige. Elle est pour le moment peu profonde et surtout très bien tracée par les randonneurs qui nous précèdent : merci à eux. En fin de compte, c’est assez fun de marcher dans la neige ! Le passage du col est finalement faisable et nous découvrons de l’autre côté, le champ de glace de Patagonie du sud à perte de vue. C’est un spectacle indescriptible 🤩 la neige fraîche rend la descente vers le camp plutôt moins pénible car elle amortit nos pas.
Ce deuxième campement dispose d’un petit abri dans lequel nous retrouvons les autres randonneurs pour cuisiner. Nous randonnons seuls, mais comme nous sommes plusieurs groupes à faire le même circuit dans un endroit éloigné du parc, nous croisons régulièrement les mêmes têtes sur le chemin. Nous sympathisons avec un couple de belges (qui visite l’Amerique à vélo depuis 9 mois maintenant) et un couple d’israéliens (partis pour longtemps également !).
La deuxième nuit, entre une lagune et un ruisseau, est calme et reposante. Nous nous endormons avec le clapotis de l’eau et, cette nuit, pas de visite de souris à déplorer !
Le troisième jour est intense. Après une première moitié de chemin sur un terrain plutôt sympathique, avec de nouvelles vues à couper le souffle sur le champ de glace, nous entamons la montée au « Paso Huemul » sous un vent violent… qui ne nous quittera d’ailleurs pas avant d’avoir descendu quelques centaines de mètres de l’autre côté. Nous dominons maintenant la quasi-totalité du lac Viedma (et pourtant il est grand !), vers lequel nous entamons la descente. Et quelle descente ! Elle est extrêmement pendue et très très très longue, c’est un exercice pénible et fastidieux. En bas, c’est la récompense : le camp est juste au bord du lac en face du glacier Viedma, c’est absolument superbe, c’est un merveilleux endroit où prendre les repas (et se brosser les dents !).
Nous nous couchons une nouvelle fois très tôt, épuisés par la descente du jour. Nous appliquons, comme hier soir (et ce soir à raison), la stratégie anti-souris : nourriture la plus importante suspendue à l’intérieur de la tente, le reste très emballé (soit sacs plastiques, soit dans la popote) au fond des sacs.
Pour ce quatrième jour, nous tentons un lever matinal pour assister au lever de soleil sur le lac. Les couleurs sont très belles, et compensent le froid de canard du matin. Nous remballons le camp rapidement : beaucoup de kilomètres nous attendent aujourd’hui. Nous traversons des vallées et des steppes dans lesquels nous croisons beaucoup d’oiseaux, un peu de bétail et quelques lièvres ̶d̶e̶ ̶P̶a̶t̶a̶g̶o̶n̶i̶e̶ (on me dit dans l’oreillette que ce sont en fait des lièvres « normaux » et qu’il faut aller au zoo de Maubeuge pour voir les lièvres de Patagonie, ou maras). Le décor est idyllique et le sentier facile. Nous pressons le pas car nous sommes un peu inquiets : il y a une autre tyrolienne à franchir aujourd’hui ! Nous arrivons juste à temps pour récupérer la poulie des randonneurs précédents (et donc ne pas avoir à aller la chercher au milieu de la corde en faisant un cochon pendu…), la traversée est en fait assez simple (et même carrément fun !!), nous nous remettons de nos émotions avec un bon pique-nique au bord de l’eau. La fin de la journée est majoritairement une liaison pour revenir au village : le paysage est toujours aussi joli mais le chemin est long, très exposé au soleil (qui tape fort aujourd’hui), et, bien que peu technique, pénible. Après deux derniers kilomètres le long de la route principale pour accéder à El Chaltén (heureusement peu fréquentée à cette heure), nous arrivons à destination, sur les rotules, mais profondément heureux 😌
Country Guides:
Chile