1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Ancud

Ancud, Chile - Polarsteps

Note de service : afin d’éviter de vous déprimer avec la météo locale, la direction artistique a décidé d’effectuer un tirage noir et blanc des photos de cette étape. Merci de votre compréhension. Nous commençons à devenir des professionnels des (mini)bus de l’île : maintenant on tente même les correspondances au bord de la route (ici à Mocopulli), et ça marche ! Nous arrivons à Ancud beaucoup plus rapidement qu’espéré… mais toujours sous cette petite pluie fine. Ici, le ton est donné : presque tous les trottoirs sont couverts par des auvents en bois (non rétractables) ! Notre arrivée à Ancud coïncide également avec deux moments relous : la chambre que nous avions réservée est finalement bien plus chère que prévue (dommage, mais tant pis…) et mon téléphone ne veut plus se connecter au réseau. Après quelques heures de recherches, il semblerait qu’il faille enregistrer son téléphone pour qu’il soit autorisé après 30j au Chili. Les démarches sont maintenant faites, mais on attend toujours que ça remarche ! En cette fin d’après-midi, nous prenons nos marques dans la ville et nous arrivons à la fondation des amis des églises de Chiloé. Elle est située dans la chapelle d’un ancien couvent. Nous demandons s’il y a des visites guidées et l’extraordinaire personne de l’entrée nous en improvise une, extrêmement intéressante et interactive ! Elle nous permet de relier les informations glanées au fur et à mesure sur les églises de l’archipel et surtout de nous rendre compte à quel point ces églises sont étroitement liées à la culture et au mode de vie chilote. Certaines églises avaient d’ailleurs des rôles inattendus, mais pragmatiques : situées près du littoral, elles servaient de repère ou de phare pour la navigation des bateaux ou encore de dortoir pour les habitants des petites îles lors de nuits d’étapes. Si les jésuites sont à l’initiative de la construction, ce sont bien les techniques de construction ancestrales locales, ainsi que la connaissance des matériaux, qui ont permis l’édification et surtout la résistance dans le temps de ces chefs d’œuvre. En fait, on ne parle jamais vraiment de religion avec les églises de Chiloé ! Nous nous baladons au marché couvert local où nous trouvons des almejas ( ̶a̶m̶a̶n̶d̶e̶s̶ ̶d̶e̶ ̶m̶e̶r̶, plutôt des palourdes 🐚) incroyables. Nous décidons de les cuisiner « alle vongole », au vin blanc et aji (piment) chiliens. L’idée de la recette venant au fur et à mesure, nous retournons 3 fois au stand de la même vendeuse pour acheter 4 légumes (à chaque fois pour quelques dizaines de centimes) : ça la fait bien rigoler ! Nous sommes vraiment contents de cuisiner et encore plus contents du résultat : nous recommencerons la même recette le lendemain 🤤 Notre dernier jour ici approche et nous n’avons toujours pas fait de vrai tour de la ville (on attendait désespérément l’éclaircie !), on ne peut maintenant plus repousser l’échéance. Les points de vue sont assez peu intéressants avec la visibilité très limitée et les ruines du fort San Antonio plus humides qu’impressionnantes. Nous sommes bien mouillés quand nous arrivons au musée régional ! Ancud a été profondément transformée suite au terrible terremoto (tremblement de terre) et maremoto (tsunami) de 1960. Il a détruit le centre historique, les fortifications du 18ème siècle ainsi que les installations du chemin de fer (qui ne reprendra jamais son service). Le tremblement de terre a également eu raison de l’immense cathédrale d’Ancud, la seule église en pierre de l’île (!), fragilisée et dynamitée dans la foulée par peur des dégâts qu’auraient pu causer des répliques sur ses environs. La ville d’aujourd’hui ne nous a pas vraiment séduits par son architecture, mais sa vie locale est sympathique. Après un dernier déjeuner dans un restaurant chilote roboratif (qui nous avait été recommandé pour ses cuazuelas… mais qui n’en avait pas à la carte !), il est temps pour nous de reprendre le bus et de quitter Chiloé. Après une heure d’attente en gare des bus (c’est ça quand on anticipe pas ses billets 🤦‍♂️), nous montons dans le bus vers Puerto Montt (le voisin d’Héloïse semble très bavard). Le bus embarque sur un dernier ferry pour quitter l’île (un pont est en construction), qui disparaît rapidement dans la brume, et nous voilà bientôt de retour sur le continent. On notera que la pluie commence à nous peser et que nous considérons raccourcir notre programme dans la moitié sud du Chili pour remonter au soleil plus rapidement. A suivre !

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