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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Refugio Frey - Nahuel Huapi (trek de 2 jours)
Departamento Bariloche, Argentina - Polarsteps
Notre choix de rando #1 aurait clairement été la travesía Nahuel Huapi (3 ou 4 jours de marche, nuits en refuge), mais les informations des guardaparques nous incitent à être plus prudents : c’est vrai que l’automne avance et que nous sommes en montagne, le risque de neige et de glace dans les hauteurs est important.
En accord avec les prévisions météo, nous décidons donc de partir sur un presque-aller/retour de deux jours, à l’assaut du refugio Frey, posé au bord de la laguna Tonchek (1700m d’altitude), et qui est en fait la première étape de la travesía 😉
Après un copieux petit-déjeuner à l’auberge de jeunesse, nous embarquons dans le bus 50 qui nous dépose à Villa Los Coihues. Une piste de 3km qui longe le lago Gutiérrez nous permet de rejoindre l’entrée du Parque Nacional Nahuel Huapi, au milieu d’une jolie forêt « siempre verde ».
C’est encore une journée ensoleillée qui s’éveille (quelle chance !) et nous sommes en forme, ce qui nous motive à faire de petits détours pour observer la cascada de los Duendes (ni la plus belle, ni la plus impressionnante cascade du monde) et le mirador sur le lac (dont la vue est complètement à contre-jour dans la lumière du matin !).
Après une première moitié assez plate (hors détours !) aux panoramas sur les sommets environnants, nous attaquons la montée, dans une vallée bien plus encaissée, au bord de l’arroyo Van Titter. Il y a moins de vue mais le sentier n’est pas très difficile et nous croisons encore quelques oiseaux. A 1km de l’arrivée, un panneau nous suggère d’aider le refuge en montant avec des bûches de bois (pré-découpées)… ça ne paraît pas, mais ça pèse une bûche ! En plus, le dernier kilomètre est plus pierreux et assez raide, et nous subissons d’intenses rafales de vent.
Tel un mirage à l’entrée d’un imposant cirque rocheux, le refuge apparaît. C’est une jolie maison de pierre et de bois d’architecture de montagne des années 50, comme posée au bord de la lagune.
Nous pique-niquons rapidement et il est encore tôt. Nous décidons de repartir, en laissant nos affaires au refuge, vers le prochain col (qui fait partie de la travesía qui nous faisait envie et dont on doutait de l’accessibilité). Nous longeons tranquillement la lagune, et d’un coup le sentier s’élève rapidement. La pente est rocheuse et très raide : les mains sont nécessaires pour aider à l’ascension ! Un peu de répit avec l’arrivée à la laguna Schmoll, une autre lagune qui est déjà dans l’ombre du relief environnant. La montée reprend de plus belle et débouche sur le col (2030m) : un couloir venteux contre lequel nous lutons pour sortir de l’autre côté… où la vue sur la vallée ensoleillée et jusqu’au différents lacs de la région est à couper le souffle. Quel panorama incroyable; sans aucun doute, notre moment préféré de cette randonnée ! (Et ça passait sans problème…)
Il est déjà temps de faire demi-tour, pour être sûr d’être rentrés avant la nuit, et nous attaquons la re-descente jusqu’au refuge… finalement plus rapide que prévue.
Nous attendons le dîner (c’est chouette de se faire chouchouter !) en suivant l’ambiance impulsée par les autres randonneurs : jeux de société (cartes et dés pour nous) dans la salle commune en grignotant (une tablette de chocolat complète…) et en regardant le soleil diminuer sur les barres rocheuses. Les pâtes à la bolognaise achèvent de nous réchauffer de l’intérieur et, après un petit passage aux sanitaires extérieurs (il fait bien froid, mais le ciel complètement dégagé est incroyable 🌌) nous partons nous coucher dans le dortoir de l’étage supérieur.
Alors que tout le monde est couché dans le dortoir, une occupante se rend compte que la lumière n’est toujours pas éteinte. Courageusement, elle se lève pour l’éteindre mais, après quelques minutes de recherche, ne trouve pas d’interrupteur et se recouche… Un peu plus tard, un autre occupant se lève et va chercher l’interrupteur taquin à l’étage inférieur… chou blanc une nouvelle fois, il se recouche alors que la lumière est toujours allumée ! Personnellement je me suis endormi avant l’extinction des feux, mais une légende raconte qu’un troisième occupant aurait finalement trouvé un interrupteur… ou que la lumière aurait finie par s’éteindre toute seule ! 💡
La nuit est finalement très bonne : nos voisins ne sont pas bruyants et la température dans nos duvets est plus que confortable ! Mais c’est au réveil que nous sommes le plus heureux de notre choix de lit : notre tête à proximité de la fenêtre admire les couleurs du lever de soleil 🌄 si on ajoute le bruit des bourrasques de vent à l’extérieur, on comprend pourquoi on n’a pas envie de sortir du sac de couchage !
Nous entamons la re-descente sous les rafales de vent, mais nous sommes heureusement bien vite abrités par la forêt. A mi-parcours, nous bifurquons pour rentrer par Villa Catedral, la station de ski la plus courue d’Amérique du Sud. Ce sentier est plus haut que celui de la veille, ce qui nous permet d’admirer le lago et les montagnes environnantes sous un autre angle… finalement bien plus sympathique que celui de la veille !
Nous arrivons à Villa Catedral, c’est toujours un peu triste une station de sports d’hiver sans neige : la plupart des commerces sont fermés et l’agitation provient uniquement des touristes qui montent et descendent au Cerro Catedral en télécabine. Nous avons du mal à imaginer que la station doit ouvrir le mois prochain ! Nous ne nous éternisons pas et le bus 55 nous redescend jusque Bariloche, où nous terminons la journée tranquillement.
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Argentina