1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Nazca

Nazca, Peru - Polarsteps

Alors que nous continuons à nous éloigner de la côte, le pampa apparaît de plus en plus aride : désert morne, sableux et caillouteux en même temps. Principalement autour des villages, de petites vallées vertes s’épanouissent grâce à une rivière et/ ou à l’irrigation. Alors que nous approchons de la ville, la Panaméricaine traverse la zone des fameuses lignes de Nazca : depuis l’étage du bus, quelques tracés un peu plus clairs se devinent à proximité, mais nous manquons de hauteur ! Nazca est notre dernière étape express sur l’autoroute touristique de la côte sud-ouest du pays, avant de rejoindre le père d’Héloïse et Christophe à Cusco. Notre hôtel est de l’autre côté de la ville, bien à l’écart du centre : toujours un plaisir de marcher avec les gros sacs ! Mais une fois arrivés, c’est hippie à souhait et on ne regrette rien ☮️ Ce sont donc les fameuses lignes de Nazca qui ont placé sur la carte cette petite ville située dans un des déserts les plus arides du monde. Ici, il ne pleut (quasiment) jamais et c’est d’ailleurs ce qui a permis leur conservation jusqu’à aujourd’hui. « Découvertes » aux environs des années 1930, alors que les premiers vols commerciaux commencent à survoler la région, c’est la mathématicienne allemande María Reiche qui passera le plus de temps à les étudier et qui dédira sa vie à leur préservation. Sur une surface de plus de 500 km2, on dénombre pas moins de 800 figures géométriques : lignes droites, spirales et autres formes géométriques, mais aussi les fameux végétaux et animaux stylisés, comme le singe (110m de long), le colibri (96m), le condor (136m), l’araignée (46m)… Elles franchissent les ravins et escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. La plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais. Elles sont tracées simplement par le déplacement des cailloux qui recouvre le sol, ce qui laisse apparaître la partie inférieure, plus claire. Ce sont des sillons d’une 15aine de centimètres de profondeur et d’une 20aine de centimètres de largeur. Elles sont majoritairement l’œuvre de la civilisation Nasca (les premières lignes sont attribuées à la civilisation Paracas) qui les aurait tracées entre -200 et 600. Aujourd’hui, la raison exacte de ces tracés reste un mystère (qui ne sera probablement jamais résolu de façon certaine), mais plusieurs théories sont avancées. La principale actuelle propose une vision religieuse : les géoglyphes seraient des offrandes faites pour être vues du ciel, par les dieux, pour demander des pluies (principal problème de l’agriculture de la civilisation Nasca…). Les nascas les auraient également utilisés comme lieux ou parcours de cérémonies, théorie étayée par le fait que les figures sont tracées d’une ligne continue avec une « entrée » et une « sortie ». Une autre théorie suggère que les figures représenteraient un calendrier astronomique ou les constellations, en raison d’alignements liés aux solstices. Par contre, ici, on ne nous a pas parlé d’extra-terrestres ! Dès notre arrivée, nous filons au planétarium Maria Reiche, installé dans l’hôtel où elle a séjourné pendant une vingtaine d’années pour étudier les lignes. C’est un vieux monsieur passionné et très touchant qui nous présente le ciel de la région à l’aide de son télescope (on sait maintenant repérer La Croix du Sud -“chacana” en quechua- ainsi qu’Alpha et Beta du Centaure !), puis les géoglyphes et les théories de la mathématicienne allemande. C’est une excellente introduction au vol de demain ! Le petit-déjeuner de l’hostel n’est pas prêt, mais c’est déjà l’heure pour nous de rejoindre l’aérodrome ! Nous rencontrons Renzo, notre jeune et sympathique copilote, qui nous explique plein de choses sur l’avion, le vol et les lignes. C’est un vol privé, rien que pour nous deux, dans un tout petit avion tout mignon. La tour de contrôle n’a pas l’air décidée à nous faire décoller, nous continuons de discuter sur le tarmac. Enfin, nous y voilà : le pilote arrive et c’est parti ! Décollage sans encombre, nous prenons juste un peu de hauteur (mais pas trop) et les voilà : les lignes de Nasca se dévoilent en dessous de nous 🤩 C’est très impressionnant : elles sont bien visibles et les formes sont immenses. Il y a des lignes et des formes géométriques partout… c’est difficile d’imaginer la technique nécessaire pour réaliser les motifs et le sens global que l’ensemble ait pu avoir eu pour la civilisation. Le vol est très confortable (aucun trou d’air) et avant d’avoir eu le temps de réaliser, nous voici de retour sur la terre ferme. En complément d’information sur la culture Nasca, nous visitons le museo Antonini qui présente les résultats des différentes études archéologiques menées sur le site de Cahuachi (un des plus grandes centres cérémoniels en adobe). Situe à une 30aine de km d’ici, il s’agissait du principal centre religieux de la civilisation Nasca pendant 1000 ans, jusqu’au 6ème siècle. On découvre de nombreux objets comme des céramiques peintes (on aime beaucoup le style Nasca !), des vêtements tissés ou peints, de jolis bijoux et des flûtes de pan en céramique. De nombreux panneaux (très denses…) décrivent l’état actuel des connaissances sur cette civilisation (et notamment les rites religieux et funéraires). Notre séjour ici inclut également de nouvelles découvertes culinaires comme le “tacu-tacu”, riz cuit puis frit dans une sauce épicée avec quelques légumes, ou encore la “carapulcra”, sorte de ragoût préparé avec de la pomme de terre séchée et réhydratée dans une soupe, cuite avec de la viande, des piments, de l'ail et d'autres épices. C’est également pour moi l’occasion de revoir un coiffeur 💇‍♂️ pour avoir l’air plus net sur les prochaines photos ! Alors que nous regagnons le terminal de bus, la Plaza de Armas s’anime grâce à un groupe de musique et quelques stands proposant à boire et à manger : samedi soir normal ou célébration décalée de la fête nationale ? Nous ne pourrons malheureusement pas nous éterniser : les sacs sont lourds et le bus n’attend pas ! (C’est d’ailleurs le premier bus du voyage à partir en avance !)

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