1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Palcoyo

Palcoyo, Peru - Polarsteps

Nous repartons explorer les environs de Cusco, grâce à une semaine d’aventure avec l’agence Escapate, cadeau offert par nos parents et sœurs pour notre PACS de l’année dernière ! Mais pour partir à l’aventure, il faut se lever tôt… il n’est pas encore 4h30 alors qu’un van blanc nous emporte vers notre première découverte. Heureusement, nous terminons doucement notre nuit dans le bus. Nous retrouvons Dominique (notre guide du Huchuy Qosqo, la randonnée de 3 jours avec les Christophes) et rencontrons les 6 autres français qui nous accompagnent autour d’un petit-déjeuner sur la place principale de Checacupe, dernier petit village de la route principale avant d’attaquer la piste. Nous goûtons à la “chuta”, grand pain rond et spécialité de la petite ville d’Oropesa (autoproclamée “capital nacional del pan”, par laquelle nous sommes passés en quittant Cusco), accompagnée de confiture, c’est délicieux ! Nous repartons sur une étroite piste, le van nous monte jusqu’à presque 5000m d’altitude. Son moteur peine, lui aussi manque d’oxygène ! En chemin, nous croisons un petit marché animé et plusieurs troupeaux de lamas et d’alpagas. Nous atteignons notre destination : Palcoyo, aussi connue sous le nom de montagne de couleurs. Quelques marches (à cette altitude, ce n’est pas rien !) nous permettent d’accéder au premier mirador : sur la montagne en face de nous, mais aussi un peu partout autour, du rouge (oxyde de fer), du jaune et du blanc (soufre) ou encore du vert (oxyde de cuivre) ! L’endroit où nous nous trouvons actuellement était (il y a bien longtemps) plein de volcans, qui ont ensuite été recouverts par l’inlandsis (son descendant subsiste aujourd’hui dans la région, “Quelccaya” est le plus grand champ de glace subtropical du monde, c’est un immense glacier de 20km de long et qui culmine à 5600m). Les frottements des mouvements de la glace ont poli les volcans pour mettre à nu les roches. Ce n’est que durant les dernières décennies, « grâce » à la fonte des neiges éternelles (réchauffement climatique…) que ces couleurs ont été découvertes. L’endroit est peut-être encore plus incroyable pour le panorama qu’il offre sur la cordillère Vilcanota, dominée par l’imposant Ausangate (6372m, on reparlera de lui un peu plus tard !). Il fait beau aujourd’hui mais il y a neigé la nuit dernière : ses blancs reliefs sont magnifiques à contempler. Plus proches de nous, nous observons des tours de silice créées par l’érosion des glaciers, des pluies et du vent. Nous continuons la balade en descendant vers le canyon d’Ananiso. Le sentier est facile et agréable, donc propice à la discussion. Nous discutons notamment avec Nicolas et Anaïs, eux aussi en long voyage… nous découvrons qu’Anaïs est originaire de Trégueux, la ville voisine de celle du grand-père d’Héloïse, et qu’ils ont le même boucher ! Devant nous, un petit groupe de vigognes traverse. C’est la première fois que nous les voyons aussi bien : elles sont vraiment petites, de la même couleur que leur environnement, mais surtout très gracieuses. Ce camélidé ne vit pas en dessous de 4800m d’altitude. Désormais protégé par le Pérou, ses prédateurs sont le puma, le renard ou l’aigle. Contrairement à son cousin domestiqué l’alpaga, elle ne possède pas de laine, mais un poil : une fibre creuse, hydrophobe et très chaude, c’est la fibre animale la plus chère du monde. Nous croisons également de beaux troupeaux d’alpagas, accompagnés de leurs bergers (l’alpaga ne paît jamais seul, il y a toujours un berger pour le protéger des prédateurs). Après sa première tonte (la plus recherchée) entre 5 et 9 mois, un alpaga est tondu une fois tous les 2 ans. En moyenne, les femelles ont un bébé tous les 1.5 ans, après une gestation de 10 mois. Elles ne produisent que peu de lait, il est donc laissé au bébé, on n’en fait pas de fromage. Il existe deux races d’alpaga : le “huacaya”, laineux comme un mouton, et le “suri”, aux longs poils tombant comme la coiffure d’un rasta. L’élevage d’alpagas est l’activité économique principale des habitants de ce bout de monde si reculé, où même la culture de la terre est très difficile. Nous voilà arrivés dans la communauté d’Ananiso, quelques maisons éparpillées autour d’un début de canyon, où nous retrouvons notre véhicule. Il nous arrête quelques kilomètres plus loin pour que nous puissions admirer le canyon, maintenant profond de plus de 300m ! Il est déjà temps de prendre la route. Seuls Anaïs et Nicolas nous accompagnent pour la soirée et la journée du lendemain, et nous quittons le reste du groupe.

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