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François Ehrhardt
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9 meses en Sudamérica
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Waqra Pukara
Pomacanchi, Peru - Polarsteps
Note de service :
Mesdames, Messieurs, Estimés Abonnés,
La rédaction vous prie de l’excuser pour le retard impardonnable accumulé ces dernières semaines. Elle vous assure que tout est mis en œuvre pour le rattraper et qu’elle ne laissera pas une situation si dommageable se reproduire à nouveau.
Bien cordialement.
La journée commence avec un nouveau réveil matinal et un copieux petit-déjeuner d’excellentes “torrejas de choclo” (sorte de pancake de maïs). Alors que nous quittons la communauté de Raqchi, Maximiliana nous offre des pendentifs en forme de croix des Andes (ou “chakana” en quechua) en guise de porte-bonheur. Nous reprenons la voiture et traversons la large vallée agricole du Vilcanota. Il fait très beau, mais bien froid : les petites étendues d’eau sont gelées. Nous traversons de nombreuses communautés rurales et isolées et longeons la grande laguna Pomacanchis, où nous apercevons de nombreux flamants du Chili (bien blancs), ayant migré pour l’hiver.
Nous prenons maintenant de l’altitude. L’étroite route de gravier serpente, la pente est parfois raide et la manœuvre de la camionnette paraît difficile : alors que nous sommes au bord du ravin, le chauffeur doit effectuer les virages en plusieurs fois !
Alors que la route se termine, nous descendons de la voiture au bord d’une petite lagune, d’où nous commençons à marcher. La balade est plutôt facile et nous discutons joyeusement avec Anaïs et Nicolas. Nous observons à nouveaux (et à plusieurs reprises !) quelques vigognes et nous sommes survolés par plusieurs condors. Les paysages sont bien différents de ceux d’hier, mais tout aussi impressionnants. Au détour d’un virage, l’apparition de Waqrapukara (= forteresse en forme de corne en quechua) coïncide avec l’heure du déjeuner et nous profitons d’un superbe mirador sur le site et le paysage andin pour casser la croûte.
Située sur un à-pic à la forme étrange, comme deux cornes pointées vers le ciel, au milieu du canyon de l’Apurimac, cette petite construction est un site archéologique des peuples qanchis et inca, à la vocation originale inconnue aujourd’hui. Les principales hypothèses parlent d’un lieu administratif ou religieux.
De là, nous dominons également le fleuve Apurimac, fleuve majeur du Pérou qui naît dans le canyon de Colca de la neige du volcan Mismi, avant de traverser tout le Pérou (il a pour affluent le Fleuve Sacrée), de devenir l’Ucayali, d’être rejoint par le Marañón, et de bifurquer vers le Brésil : nous parlons bien ici de la plus lointaine source de l’Amazone (le plus long fleuve du monde).
Le site est finalement plus intéressant pour sa situation exceptionnelle que pour ses ruines, peu nombreuses et dont on sait peu de choses. Après une rapide visite, nous continuons le chemin qui serpente sur des balcons : qu’est-ce que c’est beau !
Nous retrouvons notre chauffeur pour rentrer à Cusco. La route est assez longue mais nous avons un objectif : nous avons prévu d’aller manger une raclette avec Anaïs et Nicolas ! Et bientôt, dans un petit local ouvert par un français qui affine le “queso andino” (= fromage andin) lui-même, nous nous régalons de fromage fondu, de charcuterie (miam miam le chorizo artisanal) et de “papas nativas” (= pommes de terre de haute altitude originaires du Pérou), le tout arrosé d’un rouge local 👌
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