1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Rurrenabaque

Rurrenabaque, Bolivia - Polarsteps

Finalement, on n’aurait peut-être pas dû partir avec le premier bus venu. Nous passons le col depuis lequel nous avons commencé à descendre “el camino de la muerte” à vélo et entamons la descente. C’est étrange : il semble que nous soyons plus lents en bus qu’à vélo (!) et le bus fait maintenant un bruit de vaisseau spatial entrant dans l’hyperespace, particulièrement lorsqu’il lache la pédale de frein… A peine plus de 50km après le départ, nous entendons un net bruit de choc, avant que le bus ne s’arrête une première puis une deuxième fois au milieu de la route… Le bus vibre, nous entendons quelques éclats de voix, des bruits d’outils et celui d’un compresseur : on change la roue avant-droite. Après une bonne heure à l’arrêt, le pneu n’a toujours pas l’air super gonflé… mais on repart ! On n’était déjà pas bien rapides dans les premières descentes, mais on est maintenant extrêmement lents. La descente du col nous prendra plus de 4h… Nouvel arrêt toilettes et petite restauration, qui est en fait aussi un atelier où le chauffeur parvient à regonfler le pneu avant droit (même si le bus semble encore un peu penché !). Pendant ce temps, les bus des autres compagnies partis plus tard nous doublent… Alors que nous repartons, l’accompagnateur passe parmi les passagers pour distribuer des bouteilles de “gaseosa” (= soda) en dédommagement. Après une assez mauvaise nuit due à une très mauvaise piste qui secoue dans tous les sens et de nombreux arrêts, la route s’aplanit alors que nous admirons le ciel orange profond au dessus d’une dense et luxuriante forêt de palmiers et d’arbres bien verts. Nous arrivons à destination vers 7h30, le trajet aura duré plus de 16h (pour 420km). Nous sommes accueillis en ville par Baldemar, le propriétaire de l’agence avec qui nous partons les prochains jours, avec un super petit-déjeuner : ça fait du bien ! Nous voilà à Rurrenabaque (Rurre pour les intimes), installée dans un méandre du río Beni, aux portes de l’Amazonie bolivienne. Nous voilà quasiment à 0m d’altitude : ça fait bizarre ! Et donc, rien à voir en terme de climat : il fait chaud (aux alentours de 40 degrés l’après-midi…) et humide, la végétation s’épanouit partout et bruisse d’oiseaux colorés. Heureusement qu’on a réservé un hôtel avec hamacs pour s’imprégner de l’ambiance sans effort 😄 En ce dimanche matin, la ville est bien vivante puisque c’est jour de “feria” (= marché) et les communautés amazoniennes viennent y vendre leurs produits : cane à sucre, ananas, bananes… On y trouve aussi pas mal de vêtements de seconde main (nous dénichons de chouettes chemises à manches longues vintages et larges pour parfaire notre look amazonien anti-moustiques !) et de la petite restauration (l’occasion de goûter “empanadas de charque” -viande séchée- et un étrange “chorizo” fait de riz). Nous tentons un petite balade à l’orée de la forêt pour aller voir quelques cascades (où on devrait pouvoir se baigner)… mais on se rend vite compte qu’il n’y a pas du tout d’eau dans la rivière 😢 Il fait en fait trop chaud pour faire quoique ce soit et nous transpirons à grosses goûtes même en restant immobiles. Nous prenons la seule décision permise dans cette situation : prendre une mototaxi et monter à l’hôtel El Mirador qui surplombe la ville… et dispose d’une splendide piscine avec vue ! Que c’est agréable de pouvoir se rafraîchir, sur fond de cumbia mexicaine. Nous contemplons le soleil qui se couche sur la forêt en buvant des bières, pendant que Mathilde et Thomas nous apprennent un nouveau jeu de carte : le “cinco”. Nous redescendons dîner dans un super resto (Juliano, tenu par un tunisien francophone) où le poisson de la région est vraiment délicieux et qui propose des crèmes brûlées en dessert !! Ça faisait bien longtemps 😋 Ça commence plutôt bien cette expérience amazonienne !

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