1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Sur Lipez & Salar de Uyuni (excursion de 4j)

Sur Lipez, Bolivia - Polarsteps

Il est 7h30 précises lorsque Mario vient nous chercher à la “posada” au volant de son Nissan Patrol, avec Clémence et Jocelin déjà à bord. La voiture peut transporter jusqu’à 7 passagers, mais nous ne sommes que 5 : du coup on a de la place, c’est plutôt grand luxe. Nous quittons Tupiza par le lit du “río” (partiellement à sec) car la route est en travaux et nous voilà parti pour 4 jours d’autotour à travers les paysages du Sud Lipez jusqu’au Salar de Uyuni.   Il paraît que l’important ce n’est pas la destination, mais le chemin. Ici, c’est clairement les deux : les trajets sont longs, les pistes (quand il y en a) rocailleuses, mais l’environnement est toujours à couper le souffle. L’isolement aussi est presque total. Pendant ces 4 jours, nous ne croiserons que quelques jeeps d’autres groupes de touristes ici et là, le reste du temps nous serons tous les 5, au milieu de nul part. Il est vrai que nous ne sommes pas fan des « tours organisés », mais, pour découvrir cette incroyable région, toutes les concessions sont de mises.   Le Sud Lipez, région par laquelle débute notre aventure, reste très sauvage et peu aménagé. Ici et là, nous traversons quelques minuscules villages où vivent de petites communautés. Si elles ont maintenant l’électricité et (parfois) le réseau téléphonique, cela n’enlève pas grand-chose à leur isolement. Cela dit, elles disposent presque toutes d’une église, d’un centre de santé et d’écoles (au moins primaires). Pas de doutes, on est ici sur l’Altiplano, aride et balayé par les vents, ponctué de magnifiques lagunes peuplées d’innombrables flamants roses et entouré par de superbes volcans dépassant, pour la plupart, les 5000m d’altitude.   La piste caillouteuse, complètement asséchée à cette saison, remonte la “quebrada” de Palala. Quand il pleut beaucoup, elle se remplit d’eau, mais ça ne dure généralement pas longtemps. Nous continuons jusqu’au “Sillar” (qui doit son nom à sa ressemblance supposée avec une selle de cheval), formations géologiques dues à la pluie (surtout) et au vent (très présent en août, au cœur de l’hiver austral). La région abrite plus de 402 types de cactus différents et nous aurons l’occasion d’en voir un certain nombre ! A raison d’une croissance moyenne de 2cm par an, il est possible d’estimer leur âge et c’est vite vertigineux. Le reste de la végétation est très basse et très aride, grise et rabougrie. Sur la route, nous croisons de nombreuses mines (désaffectées ou encore en activité), comme celle de San Pedro de laquelle 3 ou 4 familles essaient encore d’extraire un peu d’or (tous dorment dans de petits baraquements en contrebas), ou celle de Trapiche un peu plus loin où le filon de cuivre s’est tari. L’extraction de minerais est l’une des principales activités économiques de la région, et c’est le cas des habitants de la communauté de Nazarenito. Le village suivant extrait, quant à lui, le cuivre et le souffre. À Cerillos, où nous prenons l’“almuerzo” du premier jour (“milanesa de pollo” au menu, spécialité du continent que nous n’en avions plus mangé depuis Ischigualasto !), la mine de cuivre est également ici le principal employeur.   Nous profitons du trajet en voiture pour faire plus ample connaissance avec nos deux co-voyageurs. Ils forment un jeune couple très sympathique au début d’un voyage de 7 mois en Amérique du Sud et Centrale, la Bolivie est leur premier pays. Leur plan comportant des étapes futures en commun avec notre voyage, nous sommes fin heureux de replonger dans nos souvenirs pour leur partager quelques bons plans. Ils sont parisiens et nous sommes également contents de reparler un peu de notre ville d’adoption. De manière générale, la conversion est fluide, très agréable, ponctuée d’anecdotes et de blagues de Jocelin.   Le 4x4 avale des pistes qui montent puis descendent, d’abord très sinueuses avant de se transformer en grandes bandes rectilignes à travers un paysage délimité par quelques collines. Nous croisons un “turnero”, le combi journalier permettant aux habitants isolés de rejoindre la ville. À mesure que nous nous enfonçons, nous rencontrons de grands troupeaux de lamas, l’autre activité économique de la région. Les habitants ont ici l’habitude de consommer sa viande et de travailler sa laine et son cuir, comme au village de Río San Pablo. Aguanapampa est, en milieu de journée, recouverte d’innombrables lamas broutant appartenant à différents propriétaires. Ils sont distingués par la couleur des fils pendants de leurs oreilles. Les lamas savent tous seuls (sans berger) quand et où ils doivent rentrer, et nous croiserons de belles processions bien ordonnées juste avant le coucher du soleil.   La piste suit maintenant une jolie crête, entre deux vallées. Nous apercevons notre première vigogne du coin, effrayée par le bruit de la voiture et lancée à vitesse maximum, elle est extrêmement rapide. Pendant ce voyage, nous en croiserons énormément : parfois une poignée, parfois par dizaines, mais toujours aussi gracieuses. C’est une espèce protégée en Bolivie aussi. L’arrivée à la “Ciudad del Encanto” nous fait forte impression. Ses formes étranges et sa terre argileuse lui donnent des faux airs d’immense château de sable. Nous découvrons le site en nous glissant dans chaque colonne et dans chaque recoin.   Nous reprenons la route à travers de grands paysages bordés de montagne, et aux couleurs changeantes : du blanc au sable, puis à l’ocre en passant par un dégradé de marrons et de gris. Les seules végétations sont de petits buissons d’épines et des bouquets d’herbes sèches. Au loin, nous apercevons quelques nandous. Le 4x4 traverse de nombreux cours d’eau, souvent à sec et parfois à gué. Certains fleuves sont très dangereux à traverser en saison des pluies, comme le río Chiani… ce qui est difficile à imaginer car il est actuellement presqu’à sec. Nous nous enfonçons toujours, soulevant une quantité incroyable de poussière.   Un peu plus loin, un accident récent sur la piste nous force à nous arrêter. Une jeep de touristes s’est faite percutée par un pickup roulant à vive allure. Les deux sont bien abîmés… Sur place, le malaise est palpable, mais c’est en discutant avec Mario le soir que nous comprenons le problème : la deuxième voiture impliquée dans l’accident est une voiture volée au Chili et entrée illégalement en Bolivie… C’est apparemment assez courant dans la région, mais non moins dangereux. Notre chauffeur nous explique qu’il ne roule jamais de nuit sur ces pistes pour éviter les mauvaises rencontres. Nous contournons l’accident et reprenons notre chemin.   Nous arrivons à “Pueblo Fantasma”, village colonial en ruine au pied du Cerro de Lipez (5800m). Avant l’arrivée des Espagnols, les filons d’argent de la région étaient déjà (un peu) exploités par les indigènes pour la création d’objets du quotidien. Mais à partir de 1580, les colons vont fonder San Antonio de Nuevo Mundo au pied d’un boyau de plus de 5km de long dans lequel ils feront travailler esclaves africains et indigènes (femmes et enfants inclus) pour extraire or, argent, plomb, “antimonio”, … Les conditions de travail sont catastrophiques : les esclaves sont nourris une fois par jour et ne dorment que 3h par nuit. Ils sont renvoyés dans leurs pays pour mourir. La richesse de la mine et la prospérité du village est telle qu’il comptera 12 (!) églises pour 4000 habitants. Le déclin est tout aussi rapide : la légende raconte que le diable (sous les traits d’une femme rendant visite aux habitants) a infesté le village d’une pandémie pour punir les Espagnols de leurs nombreuses exactions. Résultat, tout le monde est mort ou parti. On dit aussi qu’aujourd’hui encore il se passe des choses bizarres lorsque l’on traverse le village seul…   La dernière étape de la journée est un joli point de vue (à 4855m d’altitude) sur la laguna Moreron, peu profonde et peuplée de flamands. Derrière, le “volcano” Turuncu culmine à 6008m d’altitude. À gauche, c’est l’Argentine, en face le Chile. Autour de nous, de nombreux “apachetas” (= cairns) aident les conducteurs en indiquant le tracé de la piste, parfois difficilement visible. Nous entrons dans la “Reserva Nacional de Fauna Andina Eduardo Avaroa”.   La journée se termine à Quetena Chico (qui en fait une plus grande communauté que sa voisine… Quetana Grande, et même le “pueblo” le plus important de la région) où se trouve notre hébergement, bien plus confortable que prévu, avec douche chaude, matelas confortable et beaucoup de couvertures sur le lit. Les voyageurs rencontrés lors d’étapes précédentes nous avait mis en garde contre le froid extrême de la région, mais nous sommes en octobre et l’hiver est maintenant terminé : s’il ne fait pas bien chaud la nuit, c’est largement supportable sans sac de couchage en plus !   Le départ pour la deuxième journée (qui sera grandiose) est matinal, mais, dehors, les enfants du village sont déjà en plein cours de sport sur le terrain synthétique. Nous traversons des paysages désertiques et rocheux dans lesquels nous surprenons plusieurs viscaches qui s’éloignent en bondissant. Au détour d’un virage, la laguna Colorada apparaît en contrebas, au pied du volcan Puntas Negras. De loin, ses grandes plaques blanches (du borax) ressemblent à des vagues. Elle est peu profonde, mais c’est la plus grande lagune du coin. Autour, les reflets jaunes et verts sont dus au souffre ; sa couleur rosée est causée par les algues microscopiques présentes en grand nombre… qui donnent également leur couleur aux flamands, qui recouvrent la surface de la lagune. Nous nous baladons à proximité pendant une heure, admirant ses couleurs changeantes et les oiseaux.   Nous reprenons la route vers les « geysers » Sol de Manama, en fait des fumeroles situées à presque 5000m d’altitude. Autour, des chaudrons et autres cuvettes de boue explosent en grosses bulles. Un peu plus loin, une usine géothermique est en construction pour produire de l’électricité à partir de la vapeur. Le paysage est particulièrement désertique et balayé par le vent. Nous dépassons le Salar de Chalviri (pas beaucoup de sel, surtout du borax) et quelques courageux cyclistes qui tentent de progresser dans cet environnement hostile. Nous sortons admirer la Laguna Verde, d’une 40aine de cm de profondeur et dont la couleur (et quel vert magnifique !) est due à la forte teneur en arsenic et en cuivre de son eau (qui est donc toxique) et aux effets du vent et du soleil. Elle s’étend juste devant le Licancabur (5840m), magnifique volcan aux pentes symétriques, à la frontière boliviano-chilienne. Sa voisine, la Laguna Blanca, doit sa couleur à sa saturation en borax.   Nous revenons sur nos pas pour admirer de loin le “Desierto de Salvador Dali”, un désert aux couleurs chaudes censé rappeler certaines peintures du peintre catalan, avant de déjeuner avec vue sur la Laguna Salada. Ici, deux bassins sont aménagés pour profiter de ces eaux thermales (Polques)… et, malgré la digestion en cours, il faut avouer que c’est quand même bien agréable !   Nous prenons la route en direction de Villa Mar, où nous attend notre hébergement pour la nuit. Sur la route, nous doublons le Salar de Capinar, où de nombreuses pelleteuses y extraient le borax. Il est asséché et ressemble à un chantier à ciel ouvert. Le village est plutôt calme, situé en contre bas d’une belle barre rocheuse. Au milieu du désert, sa rue principale s’appelle… l’“avenida Litoral”.   Nous repartons, un peu plus tard cette fois, pour une nouvelle journée de découvertes (déjà la 3ème) : au programme aujourd’hui “el Valle de Piedra” ! Même si nous préférons contempler des lagunes que de chercher à quoi pourraient ressembler des roches aux formes étranges, nous découvrons avec amusement la “Copa del Mundo” ou le dromadaire pétrifié, qui semble contempler le ciel. Autour de ces pierres, on trouve la “jareta”, une plante verte, utilisée à l’époque comme combustible pour fondre l’or et l’argent mais aussi originellement sous forme d’infusion amère pour soulager les rhumatismes. Un peu plus loin, dans une terre sableuse et qui ne semble pas très propice à l’agriculture, nous identifions des sillons préparatoires à la plantation de quinoa (qui débutera bientôt), la récolte aura lieu entre mars et juin. Il existe 42 variétés de quinoa (la violette est la plus chère). Le peu d’eau de pluie que reçoit la région est suffisante mais sa culture demande beaucoup de soin : c’est également une activité économique importante pour les habitants des villages alentours, comme Villa Mar par exemple.   Nous escaladons quelques formations rocheuses de la “Ciudad de Piedra”, sorte de labyrinthe aux hautes murailles, aussi connue sous le nom d’“Italia perdida”, à la suite de la mésaventure de 2 cyclistes italiens. Nous marchons jusqu’à la Laguna Vinto (aussi connue comme Laguna Negra, Laguna Escondida ou Laguna de los Aves) où nous reprenons l’escalade sur les roches volcaniques qui l’entourent pour atteindre de jolis points de vue. Cela donne des idées à Héloïse qui se demande si elle ne se mettrait pas au bloc lors de notre retour ! Dans la lagune poussent de petits “totoras” (oui oui les mêmes que dans le lac Titicaca, mais en plus petits).   Les paysages sont toujours très étendus, seulement délimités par de lointaines chaînes de volcans. Nous roulons sur des pistes de qualité inégale, parfois très sableuses, parfois pierreuses : dans la jeep, ça secoue beaucoup ! Nous traversons des plaines aux petits buissons verts ou aux touffes d’herbes jaunes, des déserts de petites pierres grisâtres, des étendues toutes blanches, des canyons sinueux et parfois d’incroyable labyrinthes d’immenses pierres comme tombées du ciel. On monte et on descend régulièrement. Notre guide, Mario, est vraiment adorable : toujours attentif et attentionné, ses explications nous permettent d’appréhender l’environnement, sans non plus nous submerger. Lorsqu’il conduit en altitude, sa joue est déformée par l’énorme boule de coca qu’il chique en permanence.   Chaque jour, nous faisons beaucoup de route sur des pistes parfois larges et parfois étroites. Dans le désert, de nombreuses traces partent dans toutes les directions, il n’y a aucun panneau et (au moins pour nous) aucun repère. À tout moment, Mario a une main ancrée sur le volant, absorbant souplement les irrégularités de la route. L’autre est posée sur le levier de vitesse qui vibre comme jamais. Son regard est fixé sur la piste et n’en décolle jamais. De la musique résonne toujours dans la jeep et nous jouons les DJ à tour de rôle. C’est Clémence qui remportera à l’unanimité l’après-midi de l’ambiance avec ses musiques rétro-nostalgiques ou latino-danse.   La pause pique-nique du jour a lieu dans le Cañon del Saura, sur la route de San Agustin (que l’on traversera bientôt). Mario a préparé des salades et nous mangeons sur une belle nappe traditionnelle posée sur une prairie bien verte et pleine de lamas. Au loin, quelques contreforts de volcans et, çà et là, quelques traces archéologiques laissées par les incas.   Petit arrêt à Julaca, un village perdu au milieu du désert, mais traversé par la voie ferrée. Il a été plus important dans le passé, lorsque le chemin de fer (employeur principal) était plus actif (pour le transport de minerais). Il ressemble aujourd’hui à un décor de western. Nous y dégustons quelques bières boliviennes pour se rafraîchir, l’occasion de quelques discussions… bientôt interrompues par Ilda, 5 ans, la fille de la maison, qui a bien décidé de nous inclure dans ses histoires et ses constructions de petites briques en bois. Nous donnons tous les 4 le meilleur de notre espagnol, même si Ilda paraît parfois extrêmement sceptique quant à nos remarques… Alors que nous repartons, nous apercevons d’étranges reflets au loin qui semblent défier la physique, comme ces montagnes semblant flotter au-dessus de l’horizon.   Nous reprenons la voiture. Le clou du spectacle est proche : bientôt, s’étend à notre droite une immensité (apparemment) plate (nous réaliserons bientôt qu’elle est en fait rugueuse) et blanche, le fameux Salar de Uyuni. Nous déposons rapidement nous affaires dans notre hébergement du soir : un hôtel de sel (comprendre que les briques de l’édifice sont en sel, ainsi que la plupart du mobilier… il parait que ça résiste à la pluie !) à Puerto Chuvica, tout au bord du Salar.   Contrairement à ce que son nom suggère, le salar n’est pas composé uniquement de sel. Il s’agit en fait d’une alternance de couches de sel, de terre et d’eau. Sa surface est constituée d’hexagones presque parfaits : c’est par là que pénètre dans les couches inférieures l’eau poussée par le vent. Le Salar de Uyuni s’étend sur une surface de 12000km2, il est profond de 130 à 150m et n’est pas tout à fait plat, c’est plutôt une sorte de pyramide légère. Le Salar comporte 37 île, le plus grande étant la “Isla Incahuasi” (mais nous en reparlerons bientôt). Avant (il y a des milliers d’année), il y avait en fait ici deux lacs, qui se sont évaporés sous l’action du soleil. Aujourd’hui, il est largement exploité pour extraire du lithium, le fameux or blanc si précieux pour les composants électroniques. Pendant la saison des pluies, le Solar se remplit d’eau et devient un superbe miroir. En août, il y a beaucoup de vent et le Salar prend une couleur plus terreuse. Enfin, d’autres salas comme celui de Coipasa (Oruro) sont plutôt rosés (car riches en iode).   Mario a encore une petite surprise pour nous. Nous repartons en direction du Salar et roulons maintenant dessus. Nous nous arrêtons quand il estime que nous sommes assez éloignés, et descendons de la voiture. L’illusion d’optique est alors parfaite : au milieu (pas du tout, mais c’est l’impression que nous avons alors) de cette étendue, les repères sont totalement brouillés. Alors que nous prenons quelques photos rigolotes, Mario nous sort de nulle part une bouteille de rouge nationale et de quoi grignoter : nous voilà en train de prendre l’apéro sur le Salar, quelle expérience inédite ! Nous retournerons prendre le diner à l’hôtel (il y fait moins froid !) avant de retourner à l’extérieur pour observer le ciel, et comme il n’y a ici que très peu de lumières parasites, nous pouvons observer à loisir la Voie Lactée se déployer au-dessus de nous.   La nuit est bien courte. Nous nous mettons en route bien avant le coucher de soleil, car nous allons justement l’observer ce matin depuis la “Isla Incahuasi” (son nom indique qu’un inca aurait vécu ici, ce qui serait cohérent : ça aurait été un chemin commercial, le sel étant utilisé pour troquer pendant les longs voyages). Nous roulons rapidement alors que les premières lueurs orangées pointent à l’est. Incahuasi apparait comme une sorte de petite colline recouverte de cactus. Alors que nous étions bien au chaud dans la voiture, nous sortons maintenant dans le froid glacial. Transis de froid, nous montons alors que les couleurs s’intensifient. Les paysages autour de nous semblent irréels et magiques, dominés par quelques sommets comme celui du volcan Tunapa (5321m). Nous redescendons pour petit-déjeuner au soleil, Mario nous a préparé une petite table chargée de boissons chaudes et autres gâteaux : il fallait bien ça pour nous remettre d’aplomb et nous ne boudons pas notre plaisir !   L’expédition touche à sa fin et il est temps de prendre les fameuses photos à la perspective truquée que nous voyons en devanture de toutes les agences de voyages depuis que nous sommes arrivés en Bolivie. L’idée est que, le Salar d’un blanc uniforme s’étendant à perte de vue, il est possible de trouver un angle pour que les différents plans (de profondeur différente) semblent fusionner, et donc faire apparaitre des objets à des tailles différentes. Et bien ce n’est finalement pas si facile que ça en pratique ! Mario nous laisse d’abord nous dépatouiller, puis vient à notre rescousse pour améliorer le résultat. On aura encore bien rigolé, même si le résultat n’est pas aussi parfait que dans les publicités.   Nous voilà bientôt relancés à pleine vitesse sur le Salar. C’est un sentiment de liberté impressionnant que de traverser ces espaces immenses où tout semble proche et loin en même temps. Nous visitons les derniers incontournables, comme le fameux mémorial du Paris Dakar (oui oui… il est passé ici aussi) et ses innombrables drapeaux photogéniques, ou encore, ou le marché d’artisanat touristique de Colchani. Nous sentons que cette parenthèse hors du temps touche à sa fin alors que nous arrivons au cimetière de trains de Uyuni : c’est un vestige de l’époque coloniale où ces trains (aujourd’hui abandonnés et en ruine) transportés les minéraux jusqu’au Chili. Nous y retrouvons également la foule, que Mario avait habilement réussi à nous faire éviter ces derniers jours.   Quelle expérience incroyable, finalement variée et si difficilement résumable (je n’ai pas fait très court !). Nous avons eu une chance incroyable d’avoir pu découvrir ces paysages si variés avec un guide aussi pédagogue, patient et aux petits soins, mais aussi avec Clémence et Jocelin avec qui nous nous sommes très bien entendu et qui ont clairement participé à rendre cette expérience aussi incroyable.   Note de la rédaction : l’écriture de ce step a été terminée le 16 octobre 2024, à Paris, sur la base des notes prises en cours de route et des souvenirs (déjà lointains). Peut-être que je prends de l’âge mais c’est quand même plus efficace de rédiger sur l’ordinateur que sur le téléphone !

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