1. François Ehrhardt
  2. 9 meses en Sudamérica
  3. Buenos Aires (1ère partie)

Buenos Aires, Argentina - Polarsteps

Le dernier bus du voyage n’est pas le plus moderne (et manque notamment de la porte fermant l’étage inférieur - et isolant du bruit), mais la fatigue des derniers jours vient à notre secours : la nuit est finalement plutôt reposante, malgré deux contrôles de gendarmerie en cours de route. Les sièges “cama” (plus larges, plus inclinables), ça fait la diff quand même… ils vont nous manquer ceux-là ! Si nous nous réveillons sous une éclaircie, la pluie refait son apparition quelques 200km avant l’arrivée : les prévisions ne sont pas très optimistes pour nos derniers jours de voyage 😢 Nous apprenons juste avant d’arriver qu’Hector (debarqué à la même gare des bus quelques heures plus tôt) a failli se faire tirer son téléphone en en sortant et nous décidons donc de prendre un “remis” directement dans le terminal jusqu’à notre auberge de jeunesse. Nous dormons au cœur de Palermo Viejo, un quartier branché et bohème de la ville. Avec son street art, ses petits passages pavés et ses platanes, on s’y sent tout de suite bien et on décide de se remettre d’aplomb avec un délicieux brunch en terrasse. La pluie s’est éloignée un peu, le soleil perce et les températures sont printanières. Nous passons l’après-midi à déambuler distraitement dans le quartier, on est dimanche et c’est bien agréable : tout le monde semble s’être donné rendez-vous ici dans la bonne humeur pour profiter des “ferias artesanales” où exposent des créateurs locaux et des petits parcs où s’improvisent des spectacles de rue. L’ambiance nous rappelle un peu le canal Saint-Martin. Nous terminons la journée dans une brasserie artisanale, bientôt rejoints par Hector et Aurore; avant d’aller manger d’excellents burgers (comme à New York) dans un fast-food recommandé par Édouard (merci Chef !). Notre première journée complète dans la capitale Argentine commence par une activité bien typique du pays : la queue au Western Union (pour récupérer des pesos à un taux avantageux). Une petite heure plus tard (pendant laquelle on aura même eu le temps de changer de bureau sur les conseils d’Hector et Aurore et… d’acheter des asperges de San Juan), nous voilà « riches » et nous partons découvrir le “Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires”, situé un peu plus au nord dans un impressionnant bâtiment moderne de 2001. En 3h sur place, nous n’aurons le temps que de découvrir qu’une partie de la collection permanente, présentée dans l’exposition “Tercer ojo” (= troisième œil). Elle est très bien construite et nous y découvrons de nombreux artistes sud-américains, modernes et contemporains, et une belle sélection d’œuvres. Nous rejoignons ensuite Baptiste et Marine… mais si, vous vous souvenez : les copains rencontrés en descendant dans le canyon de Colca, à côté d’Arequipa au Pérou ! Nous nous retrouvons à “El Ateneo Grand Splendid”, un immense café-librairie installé dans un ancien théâtre : c’est vraiment grandiose. Nous partageons un café sur la scène et discutons pendant presque 4h… on avait pas mal de choses à se raconter 😁 Le voyage continue pour eux et ils filent le lendemain à Ushuaïa, leur porte d’entrée pour la Patagonie. Le temps de poser nos affaires à l’hostel, il est déjà temps de rejoindre Hector et Aurore qui nous attendent pour passer la soirée dans une “milonga” : typiquement “porteño”, c’est un lieu où danseurs de tango de tout âge et de tout niveau (ils sont quand même tous bons…) se retrouvent pour danser. N’ayant même pas les bases, nous passons la soirée à admirer les danseurs en écoutant la vieille bande son qui défile. Le lieu semble sorti d’un autre temps, mais la passion qui se dégage des habitués lui donne une âme bien actuelle et le spectacle est superbe. Nous ressortons quelques heures plus tard… affamés ! Heureusement, la liste des adresses partagées par Edouard contient également un chouette resto de tacos mexicains : nos premiers du voyage ! Le lendemain, le ciel est à nouveau pluvieux, mais nous décidons d’aller nous balader au “Bosque de Palermo” quand même. Il est désert, et nous croisons seulement quelques policiers et de nombreux “dog-walkers”. La pluie s’intensifie alors que nous visitons le “Parque El Rosedal” avec son patio andalou, son pont grec (on n’a toujours pas bien compris ce qu’il avait de grec, mais en tout cas ça nous a mis dans la tête la musique du dessin animé « Hercule ») et surtout sa magnifique roseraie toute fleurie. Nous rentrons trempés. Dans une tentative de réconfort, nous cuisinons les asperges achetées la veille… ça ne sera pas suffisant et nous passons la moitié de l’après-midi dans la chambre. Nous finissions par réussir à nous secouer un peu et à oser retourner à l’extérieur. La pluie s’est calmée mais le temps est toujours aussi gris. Nous prenons le métro pour la première fois ici pour rejoindre le centre historique. En professionnelle attentive, Hélo observe les équipements sur les voies et déduit une automatisation minimale des systèmes. Le plan au dessus des portes est intrigant puisqu’il semble indiquer au dessus de chaque station un point kilométrique, une info bien peu utile pour les passagers… Nous remontons à la surface sur la fameuse Plaza de Mayo, où se trouve la Casa Rosada, bureau du Président argentin. Sous les nuages, tout semble gris et tristoune : on y repassera plus tard. Direction San Telmo et plus particulièrement El Zanjón, une impressionnante maison coloniale de 1830, magnifiquement restaurée. Abandonnée par ses riches propriétaires originaux à la fin du 19ème siècle pour cause d’épidémie de fièvre jaune, elle fut transformée en “conventillo”, c’est à dire divisée en de nombreuses petites pièces louées à des familles pauvres. Au sous-sol, on découvre un impressionnant système de tunnels qui canalisaient un affluent du “río de la Plata”. C’est l’occasion d’en découvrir plus sur le passé du vieux Buenos Aires comme par exemple le fait que la ville ait été fondée deux fois (en 1536 et en 1580), ou encore qu’élever un bâtiment haut a été pendant des années un signe de richesse (d’où cette mode des tours-mirador au dessus des bâtiments). En ce jour d’Halloween, notre guide (déguisée en sorcière) en profite pour nous raconter toutes les histoires les plus glauques et sordides du quartier… comme celle du criminel Banana Espiasse, de la “Torre del Fantasma”, du tueur en série “El Petiso Orejudo” ou encore de la “Llorona de San Telmo” 💀👻🎃 La soirée continue dans un resto… péroniste (nous ne savons alors même pas ce que c’est…). Du nom de Juan Domingo Péron, officier, ministre puis Président de la République Argentine, mais surtout passé à la postérité grâce à sa femme, la charismatique (et clivante) Eva Péron (ou “Evita” comme elle est connue ici), c’est une idéologie politique assez difficile à saisir, englobant des caractéristiques diverses. Cependant, aujourd’hui encore, les personnalités politiques argentines se divisent entre péronistes et anti-péronistes. Concrètement, dans notre resto, retentit toutes les heures la chanson “Los Muchachos Peronistas” reprise en chœur et applaudie par la partie des clients… qui n’est pas rentrée là par hasard ! Nous terminons la soirée par un spectacle de tango au “Viejo Almacen”. Sorte de cabaret avec ses petites tables en arc de cercle devant la scène, et recommandé par Baptiste et Marine, nous découvrons un spectacle de tango de qualité, bien différent de notre expérience d’hier soir. Ici, danseurs et danseuses professionnels effectuent d’impressionnantes figures acrobatiques, accompagnés d’excellents musiciens.

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