1. Des kilomètres à pied Anaïs
  2. Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée
  3. ❌ Traversée de la baie du Mont-Saint-Michel 😕

Carolles, France - Polarsteps

Mercredi 23 avril - Jour 54 6h50. Je suis déjà réveillée. Je m’étire sous la couette. J’ai changé de maison hier : j’ai dormi chez Marine qui m’accueille 2 jours. Nous sommes trois en tout avec Jean-François. 7h05. Je me lève, j’enfile un short et ma doudoune, puis j’attrape mon petit sac et je descends les escaliers. Ce matin, je suis prête pour faire la traversée de la baie du Mont-Saint-Michel. Dans la cuisine, l’eau dans la bouilloire chauffe alors que Marine et Jean-François me rejoignent. Dehors, le tout petit bout de ciel bleu se retrouve vite caché par une énorme masse grise. La pluie se met à tomber. Le vent secoue les arbres de la haie. Autour de la table, on se regarde. Ce mauvais temps m’inquiète. 8h. Pierre, le guide et ami de Marine, entre par la baie vitrée. J’étais au fond du salon et je ne l’ai pas vu tout de suite. C’est sa voix que j’ai entendue d’abord. Une voie calme que je retrouve parfois chez celles et ceux qui travaillent au contact de la nature. La voix des gens qui passent leur temps dehors. La voix des gens à qui les saisons imposent leur rythme et une forme d’humilité. Une tranquillité rassurante. Une attitude simple. Quand j’ai vu Pierre, j’ai été marquée par son visage tanné et ses cheveux clairs qui semblaient délavés par l’iode. Je ne saurais dire s’ils étaient bouclés ou à moitié en bataille. En tout cas, en voyant son visage presque trop bronzé pour la période, je n’ai pas pu m’empêcher de me comparer à lui. Moi aussi, on me fait la remarque et lorsque je croise un miroir, mon propre reflet me surprend moi-même. Alors, j’ai eu l’impression qu’on avait quelque chose en commun. Qu’on partageait quelque chose : lui comme moi, nous passons nos journées dehors. J’ai eu l’impression de comprendre quelque chose de lui, de son quotidien, mais c’est bête, parce que Pierre, je ne le connais pas du tout et nos vies sont très différentes. Il vit au bord de la mer, moi je n’y connais rien. Marine lui propose un café et il lâche en regardant sa tasse : « C’est pas bon le temps. On est sur un ressenti 7 ou 8 degrés. Et il va pleuvoir. » Il ne dit pas vraiment qu’il ne nous emmènera pas et j’ai l’impression qu’il reste une chance. Mais non, la traversée n’aura pas lieu. Moi qui me réjouissais de marcher dans le sable, de découvrir la baie, son histoire, sa biodiversité, j’avais mille questions. Mais Pierre est reparti. Je ne connais toujours pas la baie et j’ai noyé ma déception dans une tasse de thé.

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