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Des kilomètres à pied Anaïs
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Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée
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Campagne au-dessus de la zone industrielle
Le Havre, France - Polarsteps
Mardi 8 juillet - Jour 130
Une journée sensée être tranquille qui se transforme en une étape de 22 km, et bin c’était aujourd’hui 😅
6h45. Je me réveille tranquillement. Ça me fait drôle de voir du jaune en ouvrant les yeux ! La toile de tente bruisse avec le vent. Comme une maison, elle a ses propres bruits. Je n’ai pas super bien dormi car j’ai planté la tente comme j’ai pu et… il y avait une ornière sous mon dos 😖 Je pense que cet endroit sert pour garer des véhicules…!
10h. Je descends du coteau pour passer sous l’autoroute des estuaires (A29) puis je remonte de l’autre côté vers Sandouville pour avancer entre les champs. Du soleil et du vent, mais j’ai déjà bien chaud. 🥵 L’été n’est vraiment pas ma saison préférée pour randonner.
12h30. Je m’arrête 3h au point de vue du cap du Hode. Juste en dessous passe l’A131 que je ne vois pas mais que j’entends. Quel vacarme ! En face de moi, la zone industrielle, le canal du Havre à Tancarville, les marais et la Seine. Sur ma droite, le pont de Normandie avec ses haubans. Sur ma gauche, le pont rouge de Tancarville. J’ai encore changé d’avis et je vais le traverser finalement ! 🌉
Le contraste entre l’activité bruyante de la zone industrielle couplée à l’autoroute versus le calme de la campagne et des villages est étonnant.
16h. Je demande de l’eau à un monsieur qui débroussaille son jardin. Il est sympa et je le questionne sur le coin. Puis, je me dirige vers l’épicerie de Saint-Vigor-d’Ymonville pour acheter du pain et quelques fruits. Tenue par un ancien policier, il finit presque chacune de ses phrases par « Madame » et me lance lorsque je pars « Profitez Madame ! »
17h45. Je trouve enfin un champ pour m’arrêter ! C’est inespéré 😆 L’endroit est parfait : déjà fauché, les ballots de foin sont faits, pas de barrière. J’avance pour m’assoir à l’ombre d’une haie de pruniers. J’enlève mes chaussures, quelle satisfaction ! Je profite ☺️
18h15. Un bruit de moteur approche sur le chemin. Deux vieux tracteurs arrivent dans ma direction et tournent dans le champ. 🚜 Le premier est conduit par un enfant d’une dizaine d’année à peine qui s’arrête en me voyant. Dans la cabine du second tracteur, un homme avec un tee-shirt bleu ne semble pas du tout gené par ma présence. Je vais à sa rencontre pour lui demander si je peux rester là cette nuit. « Pas de problème, tant que vous laissez propre. Je viens juste chercher mon foin. »
Les deux tracteurs s’en vont au fond du champ. Ils repartent quand la remorque est pleine et reviennent 30 minutes plus tard pour prendre le reste. Entre temps, je me suis lavée, j’ai installé ma tente et j’ai commencé à manger. 🍲 L’homme me demande si j’ai besoin d’eau et l’électricité pour charger mon téléphone. « Vous pouvez aller dans ma cour si vous voulez. » Il est calme ; gentil et distant à la fois. J’aime bien sa posture. On dirait que ça lui est égal que je sois là, il semble confiant. Il ne s’éternise pas et repart rapidement chercher les derniers ballots.
À un moment, j’entends crier « lâche l’embrayage ! » Son fils semble avoir perdu le contrôle du tracteur et fonce vers la barrière. 😱 Son père court vers lui, grimpe dans la cabine et arrête l’engin juste à temps. Après la barrière, 2 mètres de chemin puis un coteau boisé de 100 mètres de hauteur qui tombe raide…
19h45. Les tracteurs s’en vont. L’homme me salue de loin. Le calme s’installe. Les oiseaux chantent. En face de moi, les blés remuent dans le vent. Un grillon chante.
21h. Je suis sous ma tente, l’abside ouverte pour voir dehors. Soirée déconnectée : je n’ai pas de réseau.
Plusieurs constats ce soir :
- Depuis hier, les chemins sont déserts. Pareil pour mes deux bivouacs. Cela n’a plus rien à voir avec le littoral où je croisais tout le temps du monde.
- Le deuxième montage de ma nouvelle tente est décevant. Je suis sur un sol plat mais les deux toiles se touchent sur un côté… Donc soit je ne sais pas monter cette tente, soit elle n’est pas fiable. A mon avis, avec le poids de la rosée demain matin, ça risque de goutter à l’intérieur.
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