1. Des kilomètres à pied Anaïs
  2. Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée
  3. La vie normale

Mousseaux-sur-Seine, France - Polarsteps

Jeudi 14 août - Jour 167 Je suis prête à repartir… dimanche ! Normalement 🤞 En attendant, je suis chez mes parents. Je me repose, je fais des sudoku force 4 (et ouais 😁), je me balade (parfois hors des chemins battus, ma mère est une aventurière de l’extrême), je vais voir une famille de faucons hobereaux tous les soirs depuis 3 jours avec mes jumelles, j’observe les papillons blancs sur les fleurs d’origan sauvage dans la forêt, je regarde un insecte sur le chemin sablonneux (sûrement une guêpe) creuser un trou dans le sable (sûrement pour y pondre ses œufs) puis le reboucher, et bien sûr, je vais souvent voir la Seine. 🐝 🚐 Tout à l’heure, Clarisse me rejoint pour passer le week-end ensemble. C’est trop bien 😀 En fait, c’est un peu comme si j’étais en vacances 😅 et je crois que ça me fait du bien. De débrancher de mon quotidien itinérant. Il y a encore quelques jours, ça m’inquiétait parce que j’avais l’impression de perdre quelque chose, de m’éloigner de mon voyage. Mais je me rends compte que cette pause n’a fait que me conforter : la vie sur les chemins va reprendre. J’avais juste besoin de souffler. 🙃 C'est étonnant de m'apercevoir que ma normalité s'est inversée. M'arrêter plusieurs jours quelque part, retrouver des habitudes dans une maison, cela me donne presque l'impression d'être en vacances. Maintenant, mon quotidien c'est de bouger, de dormir dehors sous ma tente. ⛺️ Je me rends compte du décalage qui se crée. Quand je discute, il arrive qu'on me dise que je suis "en vacances" ou que c'est une "année sabbatique", comme si ce voyage était une parenthèse dans ma vie et que j'allais reprendre ensuite une "vie normale". "La vie normale" 🤔 J'ai du mal avec cette expression. Sans doute parce qu'elle fait référence à un schéma qui ne m’inspire pas. Cela fait longtemps que la marche fait partie de ma vie, mais cela fait peu de temps que j'arrive à l'assumer. À l'assumer réellement. À ne plus envisager la marche comme une simple activité récréative occasionnelle, mais comme une manière de vivre. À faire des choix forts qui me permettent de marcher des mois et des mois. À articuler petit à petit une activité professionnelle avec ces longues périodes de voyage. À entretenir mes relations malgré la distance, malgré mon quotidien inhabituel. C’est une manière de vivre qui bouscule la normalité. Je sais que ce n’est pas commun. Ça étonne, ça questionne, ça fait rêver (ou pas). Ça questionne les personnes que je croise sur la route, ça questionne mon entourage aussi. Alors voilà, je marche mais non, je ne suis pas en vacances. Je marche mais non, je ne reviendrai pas à une "vie normale" parce que c'est ça, ma vie normale.

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