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Des kilomètres à pied Anaïs
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Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée
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Derrière la grille du cimetière
Villiers-sur-Seine, France - Polarsteps
Jeudi 16 octobre - Jour 230
Les corneilles sont perchées sur les hautes branches et les pigeons font la boule sur les fils électriques. Tous cherchent le soleil au-dessus du banc de brouillard. Moi, je suis sous l’abri du cimetière. J’aperçois les particules d’eau flotter dans la lumière rosée du matin. Il fait 6 degrés, mes pieds sont gelés. Je me réchauffe les mains avec une tasse d’eau chaude. Quel bonheur. Ce matin, Marie m’a apporté un peu de réconfort. L’eau a un goût de café mais ça n’a aucune importance.
🪦 J’ai dormi ici. C’est la première fois que je m’installe dans un cimetière. Je n’avais jamais osé avant. Moi, je n’y voyais pas d’inconvénient mais j’ai toujours eu peur du regard des gens, qu’on me trouve irrespectueuse. Mais cette fois-ci, l’opportunité était parfaite et j’ai tenté avec les encouragements de Clarisse. J’ai placé 2 bancs face à face pour me faire un lit.
Hier, juste avant que la nuit ne tombe, un monsieur et sa mère sont venus se recueillir sur une tombe. On a échangé un bonjour. Le monsieur est revenu plus tard, alors que le soleil était couché. J’ai cru qu’il allait me dire de partir. À la place, il a été très gentil et m’a dit que je serai tranquille ici. Juste après, une autre ombre est sortie de la nuit, c’était Marie. Elle m’a demandé si j’avais besoin de quelque chose, si j’avais à manger et m’a proposé de repasser le lendemain matin avec du café. 🍵
Ce matin, Marie était là à 8h15. Tous les jours, elle vient sur la tombe de son père, disparu à 46 ans. Et puis, elle me dit de faire attention, toute seule, car il y a des gens méchants, « beaucoup de gens méchants » précise-t-elle. Encore une fois, le contraste me frappe entre les discours et ce que je vis. En plus, c’est elle qui me dit ça alors qu’elle m’apporte de quoi me réchauffer.
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