1. Des kilomètres à pied Anaïs
  2. Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée
  3. 🦊 🇪🇬 🍏 🇵🇱 🥦 🇪🇹 🥕 🇲🇱 🌿 🇫🇷 🫜 🇱🇧

Dijon, France - Polarsteps

Jeudi 27 novembre - Jour 272 Hier, Victor m’a proposé de regarder Une île et une nuit. 📽️ C’est un film de fiction réalisé collectivement au cours des deux dernières années par les habitant·es et usagèr·es du Quartier Libre des Lentillères. Je l’ai trouvé sensible et collectif. Drôle et engagé. Et j’étais contente de voir le Quartier à d’autres saisons tout en herbe et en fleurs ! 🏝️ C’est vrai que je me sens un peu comme sur une île ici. Cet endroit est îlot de verdure entouré de béton. Ce sont les dernières terres maraîchères de la ville de Dijon. C’est une île où des femmes, des hommes et des enfants vivent, échangent, inventent, se renouvellent. C’est une île ouverte et accueillante. D’ailleurs, il n’y a pas de barrière ni de grille. On entre et on sort librement des Lentillères. On accueille. 💬 Les langues et les nationalités se côtoient. On incarne des valeurs et une vision du monde. C’est un lieu autogéré où les idées germent et poussent. Et ça donne presque l’impression que tout est possible. Les Lentillères, c’est un morceau de territoire qui se frotte au réel différemment. C’est un lieu collectif. C’est à la fois organisé et un peu en pagaille en même temps. C’est un lieu qui existe parce qu’il est multiple. C’est un lieu qui peut épuiser. C’est un lieu capable de se métamorphoser. Le quotidien se repense, dans ce qu’on mange et ce qu’on consomme, dans ce qu’on vit et ce qu’on partage. Chacun·e participent librement aux tâches journalières et le quotidien est fluide. Par exemple, tout ce qui est dans la cuisine est collectif, sauf quand on écrit « pas touche » dessus. C’est un lieu avec sa tendresse, ses doutes, son inventivité, ses incertitudes et sa colère. Ce quartier des Lentillères est un lieu convoité par la mairie de Dijon qui veut construire des logements. 🏢 C’est un lieu que tout le monde n’est pas prêt·e à défendre de la même manière. Faut-il accepter des compromis ? Ou ne rien lâcher ? Après quelques jours, je commence tout juste à trouver mes marques, à savoir où se rangent les ustensiles et à comprendre la dynamique de la Chouchou (la cantine). 🔪 À certains moments, c’est un bouillonnement. Une petite dizaine de personnes s’agitent, coupent, lavent, cuisent, surveillent le gaz, rangent, moulinent, pétrissent, étalent, remuent. La porte de la cantine s’ouvre des centaines de fois par jour. 🚪 Il y a toujours une nouvelle tête qui passe la porte. Plus tard, c’est le calme plat. On s’installe sur des tabourets près du seul chauffage de la pièce et on parle doucement. 🔥 Je me sens aussi un peu intimidée, un peu déboussolée. J’aide, je regarde, je discute, j’observe. Vivre ainsi, en collectif et sur une terre à défendre, n’a rien de naturel pour moi. J’apprends. J’apprends des va-et-vient dans la cuisine. J’apprends des discussions qui se croisent, j’apprends des sourires qu’on s’échange, j’apprends des gens qui se retrouvent et se serrent dans les bras, j’apprends des points de vue qui se confrontent, j’apprends des gens qui s’entre-aident, j’apprends d’un collectif qui résiste, j’apprends de femmes et d’hommes qui défendent une bande de terre contre la betonisation.

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