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Des kilomètres à pied Anaïs
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Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée…
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Un gros coup de fatigue
Milly-Lamartine, France - Polarsteps
Mardi 17 février - Jour 354
Je fais des nuits de 10 heures en ce moment. Tout est plus compliqué : marcher dans le froid, l’incertitude liée à la pluie, adapter mon itinéraire régulièrement, trouver des abris, s’adapter aux gens et aux maisons, changer d’environnement, socialiser souvent, tout ça me fatigue énormément. Heureusement, les gens sont compréhensifs avec cette météo. Je dors souvent au sec.
Mais je crois que je manque de repères… Je dors peu sous ma tente. Je n’ai plus ce lieu familier qui me sécurise, ni les habitudes qui structurent mon quotidien, ni l’environnement qui me réconforte. Observer le jour décliner, ressentir les changements de températures, entendre les chouettes se répondre, les chevreuils aboyer ou les sangliers fourrager. Le calme, la vie discrète mais omniprésente du dehors me manque. Je me sens ballottée par le voyage, un peu à la dérive.
⛺️
Aujourd’hui, j’ai marché sans m’arrêter jusqu’à 13h45. Je me suis abritée près de la mairie de Sologny. J’avais faim. J’avais soif. Et je me sentais épuisée. 😩 Le parcours m’apporte peu de satisfaction ces derniers jours. La voie verte n’a pas grand intérêt si ce n’est que je progresse facilement.
Je passe devant une « déchèterie » de poubelles, je longe la ligne de TGV et finis par traverser une voie d’autoroute… de vraies coupures dans le territoire qui contraignent les déplacements. Le tunnel de la voie cyclable est condamné, je me retrouve sur la route, un détour… Heureusement il n’y a pas trop de circulation. Et ces averses qui ne se lassent jamais. ☔️
J’apprends plus tard que le tunnel est fermé pour protéger des chauves-souris, donc ça va.
🦇
Ici, dans le clunisois, pas de vigne, mais de l’élevage. Quand je passe le col de Bois Clair, j’arrive dans le mâconnais et les vignes réapparaissent.
15h30. Y’a un rayon de soleil. Je m’arrête sur la route. Je respire le vent et ce bout de ciel bleu. J’observe un groupe de choucas s’envoler de l’arbre en face de moi.
🌦️
16h. J’arrive à Milly-Lamartine. J’appelle le maire qui me rejoint. Je suis vannée. Il propose de m’héberger en précisant que sa femme et sa fille sont à la maison. Je pense qu’il veut me rassurer, et ça va, je lui fais confiance. J’explique que je préfère dormir dans la salle communale parce que je souhaite juste me reposer, que je ne suis pas super en forme pour discuter. Il me dit alors que je peux dormir en arrivant, que ce n’est pas prise de tête chez lui, que je fais comme je veux, que je serai mieux au chaud. C’est gentil mais sur le coup, je me sens frustrée parce que j’avais juste envie d’être dans ma bulle. En chargeant mes affaires dans son coffre, j’aperçois un livret de la revue La Salamandre que j’aime bien, petit clin d’œil qui fait plaisir. Je me dis que je vais saisir les choses comme elles se présentent.
Chez lui, sa fille Lise nous aide à faire le lit et je me couche directement dans des draps propres. Je sors mon duvet pour avoir l’impression d’être chez moi. Quelle arrivée ! 😅
Je ne sais pas pourquoi je suis épuisée comme ça. Je me sens bien dans mon corps, c’est plutôt une fatigue mentale. Le cap des un an qui approche peut-être. Ou l’usure de la pluie. Comme si je pataugeais un peu moi aussi. Comme les champs inondés. Comme si je ressentais la nécessité du soleil. Je vais me reposer, ça ira mieux après.
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