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Des kilomètres à pied Anaïs Dubreuil
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Prendre l’air 🏕️ une marche à durée indéterminée…
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La fausse marcheuse
Montfaucon-en-Velay, France - Polarsteps
Jeudi 30 avril - Jour 426 (suite)
J’ai rejoint sans le vouloir ce matin un chemin secondaire de Saint-Jacques-de-Compostelle qui rejoint Le-Puy-en-Velay.
🎒 Peu importe que je sois sur une voie de Saint-Jacques ou pas, quand on me voit avec mon gros sac, on me demande régulièrement si je fais Saint-Jacques. Quand je dis non, y’en a qui ne comprennent pas ce que je fais avec ce gros sac, y’en a qui me disent que je devrai le faire, et y’en a qui ont des réflexions étranges comme « c’est vrai que Saint-Jacques c’est l’ultra, mais on peut marcher ailleurs ». Ça, c’était un monsieur ce midi. 🙄
Ce n’est pas la première fois que j’entends des discours qui encense le chemin de Saint-Jacques comme si c’était LE seul chemin qui valait le coup. On m’a aussi dit qu’il y avait les « vrais marcheurs » (ceux qui font Saint-Jacques) et les autres. Ça m’a marquée.
Je trouve que ça en dit beaucoup, sur la marche au long cours, sur le voyage à pied, sur ce qui fait référence et sur les impensés. De mon expérience, les marches au long cours, soit c’est Saint-Jacques (vous faites Compostelle ?), soit c’est pour faire un « tour de France » (je sais pas pourquoi on m’a souvent demandé si je faisais le tour de France), soit c’est pour aller ailleurs (et vous voulez pas aller à l’étranger ?). Y’a des gens qui trouvent mon itinéraire super et pleins d’autres que ça étonnent franchement.
🇫🇷 🗺️ Voyager en France est un choix. Pour conserver un lien avec mes proches et par facilité (parce que c’est épuisant d’être à l’étranger). Voyager en France, c’est aussi un engagement. C’est une décision issue de nombreuses réflexions sur l’impact du tourisme. Parce qu’il y en a des choses à dire… en termes éthique, écologique, social, économique, néocolonial, sur les rapports de domination, sur les privilèges, sur notre nécessité à vouloir partir, sur l’entretien des discours paternalistes et sur l’exotisation des populations locales, sur le creusement des inégalités, la captation des ressources naturelles et la pollution, sur les modifications des structures sociales, sur notre recherche d’authenticité sans rien comprendre aux réalités sociales du pays, etc. Et parce que le tourisme « éthique » pose aussi de grandes questions dès qu’on gratte un peu.
Personnellement, j’ai voyagé à l’étranger jusqu’à mes 30 ans environ et je pense que j’ai fait pas mal d’erreurs, sans le savoir, sans le vouloir. Mais c’est fait quand même. Et des erreurs, j’en fais sans doute encore parce que remettre en question ma position de blanche et de privilégiée, ça se travaille en permanence, en voyage et dans le quotidien aussi. Je ne sais pas si je repasserai une frontière un jour pour mon plaisir. En tout cas, je sais maintenant à quoi je ne veux plus participer, ce que je ne veux plus reproduire. Consommer des territoires, des cultures et des gens, c’est non. J’en parlerai sans doute un jour plus longuement. Ou ce sera peut-être dans mon prochain livre !
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Aucun rapport et sans transition avec le paragraphe précédent :
Ce midi, j’ai mangé à Montfaucon-en-Velay avec Dany. Il est sympa, il fait Compostelle, il est suisse et il marche 30 km par jour. Ce qu’il aime dans la marche c’est se vider la tête et dépasser ses limites. Il trouve que ça fait partie de la marche d’avoir mal aux pieds. 🤔 Moi, j’aime trop mes pieds pour leur faire du mal.
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